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affirmer que si l'amateur n'a pas, après l'opération, pleine et entière satisfaction à tous égards, c'est que le mode de fixation qu'il emploie est défectueux ou que la pâte même de son papier est rebelle et cause unique des défectuosités qui peuvent se produire.
Mode d'emploi. — C'est une opinion généralement adoptée, et la seule vraie, du reste, que les fusains fixés par derrière le sont toujours d'une façon plus inaltérable. C'est, d'ailleurs, le moyen le plus commode et le plus rapide. On verse dans une tasse ou dans une soucoupe du fixatif, et à l'aide d'un pinceau dit brosse plate, qu'on imprègne de fixatif en le trempant dans la tasse, on mouille son dessin à l'envers, en tenant le châssis par la traverse du milieu. Quand le dessin est bien couvert de fixatif, on fait sécher le plus rapidement possible, au soleil en été, non loin du feu en hiver. Le fixatif, séchant rapidement, happe la poudre du fusain à travers le papier, la fait adhérer et lui fait pour ainsi dire faire corps avec lui. Nous indiquons le moyen de la tasse comme le plus économique ; autrement, et si l'on n'y regarde pas de si près, il suffit de verser du fixatif au dos de son dessin et de l'étendre également partout avec la brosse. Mais, de cette façon, il y a beaucoup de fixatif perdu, et le dessin n'en est pas mieux fixé.
Fixation directe. — La fixation directe, soit à l'aide des deux tubes de verre ou de métal reliés par une charnière, soit à l'aide d'un vaporisateur à boules de caoutchouc, est loin de donner instantanément le résultat promis. Il faut répéter l'opération plusieurs fois, et, pour cela, attendre chaque fois que le papier sèche, pour obte-
nir la même fixation que par le procédé ordinaire. D'autre part, si l'on s'approche plus qu'il ne faut de son dessin, la vaporisation n'est plus nette, un jet de fixatif vient frapper le dessin, entraînant avec lui le fusain et formant une bavure impossible à retoucher. Ainsi l'on peut en un instant perdre le travail de plusieurs heures. Enfin, la soufflerie à l'aide de la bouche étant nécessairement intermittente, on ne peut jamais répondre d'une régularité absolue.
Il résulte de ce que nous venons de dire que la fixation indirecte ne doit jamais être employée exclusivement que lorsqu'elle est indispensable, c'est-à-dire quand il s'agit de fixer un dessin sur toile, soie, etc., comme une esquisse préparée pour peindre, ou des écrans, éventails, etc. Et, dans ce cas, le meilleur appareil est celui dont on se sert en médecine pour la vaporisation des eaux minérales, vaporisation obtenue par l'appareil à soufflerie continue en caoutchouc et muni d'une baïonnette intérieure. Nous savons que cet appareil est d'un prix plus élevé que le précédent, mais il est beaucoup moins fragile et donne un résultat tellement supérieur, qu'il y a encore économie sérieuse à l'employer. Enfin, n'obtenant pas la soufflerie avec la bouche, puisque c'est à l'aide de boules en caoutchouc, le tube vaporisateur s'engorge moins, et l'on évite ainsi le nettoyage, opération insupportable, lorsqu'on opère d'après nature. En effet, il suffit, pour éviter l'encrassement, de faire remonter la baïonnette mobile, sitôt l'opération terminée.
Fixation parfaite. — Une fixation parfaite consiste à fixer d'abord légèrement, par derrière, avec le procédé
de la tasse ou de la soucoupe. Puis, quand le dessin est bien sec et l'alcool évaporé complètement, pratiquer une légère vaporisation à la surface du dessin à l'aide de notre Extrait concentré de fixatif. C'est ainsi que nous avons toujours procédé depuis nombre d'années, surtout pour des panneaux décoratifs destinés à être moitiés sans verre, et chaque jour époussetés. Nous sommes à même d'en montrer à notre atelier quatre, qui ont été fixés de cette façon en 1872, et qui ont conservé toute leur fleur de fusain.