‹ Le fusain sans maitreChapitre 19 sur 53 · DU MATÉRIEL DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

DU MATÉRIEL DE CAMPAGNE

Autant qu'il est possible, il faut alléger son matériel de campagne, car on ne sait, en partant, si le site qui séduira est près de l'endroit où l'on habite, ou si l'on devra faire une longue étape avant de le trouver. Une bonne habitude à prendre est de travailler sur ses genoux, ce qui évite le chevalet de campagne qui, malgré tous les perfectionnements imaginés par l'industrie, est toujours assez lourd pour fatiguer. Mais on fera bien d'avoir toujours un pliant, car, en s'asseyant à terre1, il arrive souvent qu'on se trouve gêné par les premiers plans, qu'on ne domine pas assez, et qui prennent trop d'importance dans le dessin. Si l'on veut faire des études soignées ou des dessins d'ensemble d'après nature, il est bon de se munir d'un parasol; car si l'on se trouve en pleine cam-

t. « De temps en temps aussi le paysagiste se baisse pour s'assurer si les lignes du paysage que, debout, il a trouvées heureuses, présenteront le même rythme lorsqu'il en aura modifié, en s'asseyant, le point de vue perspectif. » [Le Paysagiste aux champs, par F. Henriet, page 15.)

pagne, au soleil, quelque vigueur qu'on donne à son dessin, il paraît toujours gris; on empâte, et, l'on est tout surpris, de retour à l'atelier, d'avoir fait un dessin extrêmement noir, rappelant le crayon Conté ou lithographique : les plans n'ont plus leur valeur, et l'on arrive à la sécheresse, ennemie du fusain.

Quant aux boîtes à fusain, faites comme les boîtes de campagne pour la peinture à l'huile, l'expérience nous a démontré qu'elles étaient très commodes. Néanmoins, quelques fusains, une estompe, deux ou trois tortillons, la tabatière à mie de pain, le grattoir, tout cela peut tenir dans la poche, et c'est justement parce que ce mode de dessin est le moins embarrassant qu'il est le plus agréable. Il n'y a que le porte-châssis qui nous paraisse réellement utile. C'est une sorte de couvercle de boîte muni d'une large poignée bien en main, et dans lequel on serre le châssis tendu de papier, à l'aide de pattes en cuivre ou mieux encore de deux sangles de coutil. On peut obtenir ces porte-châssis aussi légers que possible. A l'aide d'une petite courroie placée près de la poignée, on peut maintenir le petit bidon en fer-blanc qui contient le fixatif, et l'on peut également, par le même moyen, y attacher le pliant et le parasol.

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