LE RUISSEAU (SOUVENIR DE NORMANDIE) KARL-ROBERT
On a pu remarquer dans la première planche (Souvenir oVAuvers) que les fonds sont écrasés au tortillon ou à l'estompe de papier, du premier coup; ainsi devra-t-on procéder pour le Ruisseau. Après avoir passé un ton général pour le ciel à l'aide du chiffon couvert de sauce de fusain, on devra modeler les collines de fond avec le tortillon, après les avoir massées au fusain très légèrement, puis on commencera la mise en place parla gauche, en ayant soin de ménager les finesses du contour très délicat de ce dessin. Le terrain, esquissé comme nous l'avons vu plus haut, sera ensuite écrasé à l'estompe, et repris à la mie de pain dans le chemin qui conduit à la clairière. Enfin le terrain qui ferme le talus de droite n'est écrasé que par place et modelé au fusain même. Les eaux doivent être traitées comme précédemment. On le voit, nous ne pouvons donner que peu de détails sur la manière d'exécuter ce second dessin, ce qui tient à ce qu'un dessin contient tous les procédés appliqués au fusain. Aussi ne trouve-t-il rien ici que nous n'ayons indiqué plus haut. Il suffira donc, pour apprendre sérieusement,
KARL ROBERT
2e leçon. — Le Ruisseau. — Souvenir de Normandie.
LEÇONS ÉCRITES C3
de copier quelques bons modèles et de se rendre bien compte de la manière dont l'artiste s'est servi des moyens. Ainsi la demi-teinte obtenue par le grattoir est facile à reconnaître : ligne d'eau ou roseau, sa forme est toujours nette et bien arrêtée; la mie de pain, au contraire, donne une forme plus large et plus brillante; enfin, dans les demi-teintes rendues avec le tortillon, vous pourrez obtetenir de la lumière avec l'estompe de peau, si vous la voulez moins franche qu'à la mie de pain.
Ce que nous venons de dire donne un démenti à ce préjugé qu'ont bien des artistes contre le dessin au fusain qui, suivant eux, ne serait qu'un tissu de ficelles. Il n'y a que quelques moyens, que nous ne cherchons pas à cacher, bien au contraire; mais encore faut-il étudier sérieusement leur mode d'emploi si l'on veut arriver à rendre des valeurs justes, ce qui est la base de la peinture et surtout du paysage.