‹ Le fusain sans maitreChapitre 29 sur 53 · DU FEUILLE1 I 1° ESQUISSE; 2° EXÉCUTION · texte numérisé non relu

DU FEUILLE1 I 1° ESQUISSE; 2° EXÉCUTION

La feuille est assurément le point capital du dessin de paysage, et c'est aussi l'étude qui est la plus diversement interprétée par toutes les méthodes et tous les artistes. Sans vouloir rentrer dans ces vieilles méthodes qui commençaient autrefois l'étude du feuillé par l'analyse de la forme de la feuille prise en particulier, nous avons cru nécessaire de donner ici un groupe de feuilles vu d'un peu près, mais toujours considéré comme faisant partie d'un ensemble de paysage. En effet, si vous vous placez à la distance voulue d'un arbre pour le dessiner, c'est-àdire deux fois sa hauteur, vous remarquerez que déjà les détails disparaissent, et que vous n'en apercevez plus que les masses lumineuses ou ombrées, et seulement quelques accents de forme extérieure qui vous en donnent l'essence. Ainsi, dans le chêne, ces accents sont heurtés; dans le platane ils sont plus doux et affectent une forme triangulaire et pointue. Ici la branche est éclairée de face, aussi la masse lumineuse est-elle la plus importante, et c'est avec la mie de pain que vous en donnez les accents.

\ . Extrait du Cours élémentaire, par Karl Robert.

Quelque grand que soit votre dessin, vos masses de feuillé ne devront jamais être plus détaillées que dans ces deux études, autrement, ce genre de dessin rentrerait dans l'étude de la plante ou de la fleur, mais n'aurait plus rien de commun avec l'étude du paysage. Dans cet exercice, l'esquisse a une importance capitale. C'est par la légèreté du frottis de fusain que vous indiquerez l'esprit de légèreté et de la forme même du feuillé. Plus votre esquisse sera légère, plus vous aurez de ressources pour affermir la touche quand vous passerez à l'exécution finale à l'aide du tortillon dans les gris et du fusain dans les noirs intenses.

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