Le gage de la victoire [microforme]
Mème au milieu de leurs emportoments et de leurs passions, les partis ont parfois un certain instinct de conservation qui les avertit que le danger où ils vont se précipiter est capital et qui. les fait reculer. Ils cessent :out-à-coup de marcher dans la logique de leur situation, et ils n’osent attaquer leur adversaire en ce point décisif vers lequel ils couraient étourdiment en poussant à l'avance des cris de triomphe. Ils comprennent soudainement qu'ils seraient vaincus net, brusquement et sans rémiss'on, et que leur mort est là. Que font-ils ? Ils rebrouscent chemin et vont faire la petite guerre sur des terrains moins périlleux.
Dans l'ordre militaire, tout cela est fort bien. Dans l'orire des idées, vne telle yrudence parait difficilement conciliable avec uno entière bonne foi, Elle suppose un doute et une inquiétude sur
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la valeur Jde sa propre thèse, je dis plus, un vague pressentiment de la certitude des cho:es que l’on combat. Ne pas o:er affronter l'examen d’un fait dont l’existenco serait le renversement de telle et telle doctrine hautement proclamée, c'est en effet déclarer soi-même que l'on doute intérieurement de ce qu'on affirme avec tant d'assurance ; c'est montrer qu'on a peur de, la:vérité; c'est se mettre en fuite sans entreprendre dé lutter ; c’est trombler devant la lumière. PE Ce serait bion mal connaitre TA cœur humain.
que de penser que les preuves les plus concluantes. et les plus certaines soient suffisantes pour amener les'hommes de parti pris à l’ humble reconnAissANCO, de leur erreur. La liberté humaine a la terrible faculté de résister à tout, même à Dieu. Le soloil a beau éclairer le monde ct illuminer les espaces. où se meuvent les globes de notre univers: pour. résister à sa toute-puissance, pour l'éteindre on soi-même, il n'est pourtant besoin que de fermer les yeux. L'âme aussi, l'âme comme le Corps, peut, de la mêmo façon, se rendre insensible à, l'éclat de la vérité. Les ténèbres ne sont, point, lo fait de l’infirmité de |’ entendement : elles, résultent, d’un acte de là volonté qui, s'obstine et qui. 8,
complait à à 8 ‘aveugler. j
Toutefois l’homme, en ces matières, a besoin de se tromper lui-même et de se donner, vis-à-vis de sa propre conscience, uno certaine apparence de sincérité. Il n’est pas assez déterminé pour nier ou pour combattre, résolûment et en face, la vérité clairement connue, l'évidence. Que fait-il alors ? Il s'applique à demourer dans une certaine obscurité qui lui permette de Intter contre la vérité sans y bien voir, et qui lui serve en qnelquo sorte d'excuse. Oubliant que, dès qu'elle est volontaire, l'ignorance n’enlève rien à la responsabilité, il so réserve de répondre : « Mais, Soigneur, j'ignorais!» Et c'est pour cela qu’il nie de parti pris, et qu'il se borne à haussor les épaules, sans vouloir prendro la peine d'aller au fond des choses. 11 a une secrète peur d'être confondu par l'événement et il en évite le spectaclo. Le mépris qu'il affecte au dehors n'est que l'hypocrisie de la crainte qu'il éprouve au dedans. (Æ:rtrait de Notr - Dame de Lourdes, par Henri Laserre. Livre IV, ch. 4)
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