ROLE HÉMATOPOIÉTIQUE DU GANGLION
- tribuent à combler les pertes subies en plaquettes et en mononucléaires. … En pareille circonstance, en effet, la moelle des os est le siège d’un processus … histogénétique intense. Ses hématies nucléées, ses myélocytes granuleux, … ses mégacaryocytes (Van der Stricht) eux-mêmes prolifèrent de tous côtés et un tissu de moelle rouge se substitue au tissu de moelle rouge dans les diaphyses des os longs.
Le résultat de cette mise en activité est une surproduction considérable . d'hématies (Neumann, Bizzozero, Van der Stricht, Malassez) et de polynucléaires granuleux (Ehrlich, Kurlow, etc.). Pendant ce temps les fonc- … tions lymphopoiétiques des ganglions sont accrues. La preuve en est
ni
—. fournie par la mise en évidence de nombreux centres serminatifs, l’ac- - croissement du processus de mitose, la surproduction des cellules germi- .… natives ainsi que des mononucléaires et des plaquettes.
J Le tissu lymphoïde est constellé de cellules en karyokinèse qui n’abondent —. pas seulement au niveau des Keimcentrums. Elles sont disséminées dans toute l'étendue du système folliculaire, dans le système caverneux et jusque — dans les vaisseaux lymphatiques efférents où se poursuit la division des — mononucléaires lymphogènes, où les cellules à protoplasma bourgeonnant …— émettent un plus grand nombre de plaquettes qu'à l'état normal. Mais cette suractivité lymphopoiétique n’est pas localisée aux ganglions. … Elle s'étend à tous les organes de la circonscription lymphatique aux folli- $ - cules clos du tube digestif aussi bien qu'à la rate.
La souche en est représentée par certaines cellules du tissu myéloïde, ou tissu fon-
- damental de la moelle en état d'activité. | Les hématies normales proviennent des hématies nucléées.
…… Les polynucléaires éosinophiles et à type de mastzellen procèdent des myélocytes à
. granulations éosinophiles et à type de mastzellen.
Les vaisseaux qui drainent le contenu de la moelle, vaisseaux qui sont des sinus veineux, contiennent des globules rouges prédominant en proportions colossales sur — les plaquettes et les globules blancs.
— De plus, parmi les globules blancs, ceux dont le nombre l’emporte sont les polynu- …cléaires granuleux.et non pas les mononucléaires ordinaires. (Si les sinus veineux de la moelle contiennent en certains points plus de mononucléaires que de polynucléaires, les globules blancs à noyau arrondi sont essentiellement des myélocytes granuleux et non pas les mononucléaires dépourvus de granulations du tissu lÿmphoïde.)
—… Ainsi se manifeste à l’état normal une opposition frappante entre le rôle hémato … poiétique de la moelle rouge et celui du ganglion.
De la moelle osseuse s’échappent des éléments figurés dont les uns sont importés et les autres néoformés. Ces derniers sont pour la plupart des hématies et des polynu- - cléaires granuleux.
“ Du ganglion sortent des éléments figurés dont les uns sont importés et les autres
néoformés.
—. Ces derniers sont essentiellement des plaquettes et des mononucléaires dépourvus . de granulations. Mes — Ainsi au ganglion appartiendraient la structure lymphoïde et le rôle Iymphopoiétique
(formation des éléments de la lymphe). Wire - À la moelle seraient dévolues la structure myéloïde et les fonctions hémopoiétique et leucopoiétique. (Formation des hématies et des polynucléaires granuleux.) = Bien plus ces oppositions se doubleraient d’un véritable antagonisme. ere - En effet le ganglion est bourré de macrophages, c’est-à-dire de cellules particulière- - ment aptes à englober et à digérer des hématies et des polynucléaires granuleux. La glande lymphatique serait done un foyer de destruction pour les éléments figurés dont la moelle est le lieu d’origine.
Bien plus ces organes peuvent allier dans ces conditions des fonctions hémopoiétiques et leucopoiétiques (formation de globules rouges et de leucocytes granuleux) aux fonctions Iymphopoiétiques.
Il — RÔLE HÉMOPOIÉTIQUE ET LEUCOPOIÉTIQUE‘ DU GANGLION AU COURS DES ANÉMIES EXPÉRIMENTALES
À. — Formation des globules rouges.
Les faits que nous allons exposer ont été constatés au cours d'anémies expérimentales provoquées dans les conditions déjà signalées ?.
À l’autopsie de certains des animaux ainsi traités on peut être frappé par l'aspect rougeâtre de ganglions situés dans les districts les plus éloignés (G. rétro-auriculaires, pancréas d’Aselli, etc.).
D'autre part il est des lapins dont les glandes Iymphatiques conservent la coloration ordinaire. Il en est enfin chez lesquels ces organes sont ponctués d’un fin piqueté rouge disposé par îlots disséminés.
Ces variations de teinte sont dues à une accumulation plus ou moins marquée de globules rouges dans les ganglions.
Le système folliculaire en est parfois littéralement bourré.
Dans le système caverneux ils sont épars dans les sinus Iymphatiques ou agglomérés dans des capillaires veineux énormément distendus. Quant aux vaisseaux lymphatiques efférents, ils incluent une plus grande quantité d'hématies qu'à l’état normal et des globules rouges à noyau.
Cette accumulation d'hématies dans les voies veineuses et lymphatiques
du ganglion est liée, suivant la conception soutenue par divers auteurs «
(Bizzozero, Lowit, Kultchisky, Gibson, Foa et Salvioli, Retterer), à la genèse in situ des éléments en question. |
Mais le mode de formation de ces globules rouges est un sujet très discuté J’exposerai celui qui me parait au-dessus de toute contestation. II consiste en la transformation d'hématies nucléées en hématies sans noyau.
Le développement des globules rouges dans le ganglion est donc subordonné comme dans la moelle des os à la poussée des cellules hémoglo-
binifères. Mais parmi les hématies néo-formées au cours des anémies il en «
est de types différents : les unes ont les caractères de globules normaux, les autres en différent par leur taille ou leur coloration. Nous nous occuperons de la formation des globules rouges normaux.
1. D’après Retterer, le plasma et les leucocytes du ganglion prennent naissance par
liquéfaction des cellules fixes avoisinant les voies lymphatiques. Les produits de la . désagrégation de ces derniers éléments seraient et les mononucléaires et des poly-
nucléaires.
Quant aux hématies elles se produiraient essentiellement par transformation hémo- -globique du noyau des cellules conjonctives. 2. La teneur du sang en globules rouges et en hémoglobine est diminuée de moitié à la fin de l'expérience, chez les animaux abondamment nourris. Le poids total varie à peine.
MITA T| = ROLE HÉMOPOIÉTIQUE ET LEUCOPOIÉTIQUE 33
Formation des globules rouges normaux dans le ganglion. — Les globules
- rouges nucléés du ganglion qui deviennent des globules rouges ordinaires sont des normoblastes (suivant la nomenclature d'Ehrlich). Ce terme désigne les cellules hémoglobinifères ayant les dimensions des hématies normales et n’en différant que par la présence d’un noyau.
Que ce noyau soit expulsé et les normoblastes se transformeront en globules rouges ordinaires (Rindfleisch, Van der Stricht, Ehrlich). Tel est le cas ici et l'on peut voir à côté des hématies anucléées des noyaux libres, qui peuvent être englobés par les macrophages et s’y détruire à moins quils ne subissent dans le plasma hémo-lymphatique les diverses phases
de la dégénération nucléaire étudiée par V. der Stricht dans ns moelle | osseuse. | |
PAU ie Nine. Rue
A ORIGINE DES NORMOBLASTES
Quelle est l'origine des normohlastes du ganglion? A cette question je répondrai d’une facon formelle en me ralliant à une théorie ancienne, celle … de Lowit. | . Les normoblastes dérivent des érythroblastes incolores de Lowit, cellules …. qui font partie intégrante du tissu lymphoïde et que l’on confond généra- . lement avec les lymphocytes.
On appelle communément lymphocytes tous ceux des mononucléaires du sang, cle la lymphe et des divers organes hématopoiétiques dont la taille est égale ou inférieure à celle d'une hématie et qui possèdent un noyau
— arrondi et fortement charpenté, un corps réduit à une bordure protoplas- mique mince.
Cette définition purement morphologique s'applique aussi aux érythroblastes incolores de Lowit, qui sont de minimes cellules à noyau arrondi et foncé, serti par une étroite bande de protoplasma grisàtre, arrondi ou anguleux. Ainsi est-on amené à ranger dans la même désignation les petits
mononucléaires qui restent des cellules blanches à toutes les phases de —… leur évolution, les véritables lymphocytes en un mot, et les érythroblastes —… incolores qui sont destinés à devenir des cellules hémoglobinifères.
—. Peut-on discerner à quelque trait particulier le « lymphocyte » qui doit es se développer en tant que cellule blanche, de celui qui est qualifié pour __ muer en cellule rouge?
—. Parmi les caractères différentiels donnés à ce sujet par Lowit, il en est » un dont l'importance reste considérable. Cest la densité extrêmement . marquée du noyau.
À Toutefois on sera embarrassé pour différencier, sur les coupes, certames …… érythroblastes incolores de Lowit au repos, de petits leucocytes en mitose, … voire même de plasmazellen très foncées, ou de petites cellules blanches en dégénérescence. L'hésitation cesse quand les conditions expérimen- | Be précitées. déterminent la mise en activité des bématiés nucléées du ganglion.
- Alors se révèle la nature des érythroblastes.
TRANSFORMATION DES ERYTHROBLASTES INCOLORES EN NORMOBLASTES
Les érythroblastes incolores prennent corps, par élargissement de la bordure protoplasmique qui revêt la conformation arrondie ou polygonale des globules rouges, tout en conservant la coloration grisâtre gris bleuâtre initiale !.
A ce moment un observateur exercé distinguera nettement l’érythroblaste des autres variétés cellulaires et le classera parmi les normoblastes, bien qu'il en diffère par l'absence d'un caractère fondamental : l’affinité acidophile du protoplasma.
En effet le corps de la cellule ne possède.pas encore d° hémoglobine décelable par les méthodes de coloration usuelles et c'est pourquoi il est basophile (orthobasophile).
Mais tousles intermédiaires existent entre ces érythroblastes à protoplasma basophile et des normoblastes à protoplasma polychromatophile. Tei le corps se teinte en violet rouge sous l'influence de l’éosine orange d'une
part, du bleu de toluidine d'autre part. En effet l'hémoglobine apparait dans le protoplasma basophile et allie sa teinte orangée rouge à la teinte
bleuâtre primordiale, ce qui détermine la coloration mixte ou polychromatophile. (Askanazy, Gabritchewski, etc.).
À ce moment on peut appeler indifféremment l'hématie nucléée soit un érythroblaste polychromatophile, soit un normoblaste polychromatophile.
Finalement le normoblaste acquiert un protoplasma franchement acidophile par suite de l'élaboration croissante d'hémoglobine.
Or des deux colorants acides, éosine et orange, c’est le dernier qui se fixe avec le plus d'intensité sur la substance hémoglobinifère.
Le normoblaste mur sera orangeophile; il ne lui reste plus qu'à expulser son noyau pour devenir un globule rouge parfait HOPPER orangeophiles d'Engel).
En terminant ce chapitre nous noterons les faits suivants :
Chez le lapin adulte la mise en évidence de la formation des hématies dans les ganglions est difficile à obtenir par le procédé des saignées répétées. Pour réaliser ce résultat dans les délais que nous avons signalés il
faut soustraire au minimum une quantité de sang correspondant au dixième
du poids total.
La poussée des hématies nucléées est peu marquée dans les ganglions, eu égard à celle qui se produit simultanément dans la moelle osseuse et dans la rate.
Enfin, pour des raisons qui nous échappent, il existe tous les intermédiaires entre les cas où la genèse des hématies est accentuée dans divers ganglions et ceux où elle reste rudimentaire dans ces organes alors que
1. Lowit a appelé cet élément érythroblaste incolore parce qu’il cherchait à distinguer les hématies nucléées d'après la présence ou l’absence de l’hémoglobine, substance acidophile. L’érythroblaste, en tant que hématie nucléée dépourvue d’hémoglobine, était, pour ses procédés de recherche, un élément de protoplasma incolore.
DS