MARIE. — D'AUBRAY
MARIE
Vous me fuyez, Victor?
d'aubray (à part).
C'est ma femme qui vient... Que me veut-elle encoi* *
(Haut).
Vous ne le croyez pas. Dieu ! que vous voilà belle. Attendez-vous quelqu'un?
MARIE
La demande est cruelle ; Vous savez bien, Victor, que je n'attends que vous.
d'aubray
Ah ! vraiment...
{A part).
Si C'était vrai.
MARIE
On croirait que vous êtes jaloux.
D AUBRAY
Jaloux ? Quelle étrange folie, Pourrai-je en éprouver la plus légère envie , En vous voyant si belle et si pure à la fois, Tout ébloui, j'admire, et tout rêveur, je crois. Enfant, ne doutez plus.
MARIE
Oh ! je suis bien heureuse, Et ton amour me rend si fière et si joyeuse Que je veux essayer de corriger mon cœur, Qui se permet parfois d'être un peu trop boudeur. Mais qu'as-tu fait de Blanche "?
d'aubray
Elle revient sur l'heure Et je reviens aussi. {Il lui baise la main).
MARIE
Cette douce demeure Est d'un vide étonnant quand vous l'abandonnez... Ne soyez pas longtemps, Victor, et pardonnez A cet amour jaloux qui vous dispute au monde.
d'aubray A bientôt. (Il sort).