SCÈNE XVIII D'AUBRAY. — MARIE
{Marie traverse la scène à pas lents).
D AUBRAY
Tiens, Marie est ici?... Bonjour.
MARIE, {relevant la tête)
C'est le coupable !
d' AUBRAY
Que murmurez-vous là, ma chère....
MARIE, [à part).
Il faut savoir Si Robert a menti.
C'est un papillon noir Qui sût brutalement s'emparer de votre âme ; Vos yeux sont des volcans !
MARIE, [tremblante de colère).
Vous êtes un infâme !
d'aubray Bon ! Si vous poursuivez, moi, je crie au voleur.
marie, [avec amertume).
Cela sied à celui qui vola mon bonheur.
d'aubray Marie, expliquez-vous ? Je le veux ! Je l'exige ?
marie Cette femme est donc belle à donner le vertige, Puisque pour son amour vous méprisez le mien. Répondez, il le faut...
d'aubray Mais je n'y comprends rien,..
marie Quoi ! vous osez mentir quand vous portez le gage De cet amour !
D AUBRAV
Madame.
MARIE
Oh ! j'aurai le courage De démasquer le crime...
^Elle arrache le gant suspendif, au cou de son mari). d'aubray, [ernbarvcissé). Allons, ma chère enfant, 11 faut me pardonner...
MARIE, [tremblante].
Ah ! mon Dieu ! c'est un gant Qui m'appartient !
d'aubray, (à part).
Son gant !
marie
Mais alors j'étais folle.
Et tu m'aimes toujours ! Oh ! cela me console; VoiS'tu-, je souffrais tant que je voulais mourir !
(Elle remet le gant au cou de son mari).
{Sur le seuil de l'appartement apparaissent Blanche et Robert. Blanche désigne Marie et d'Aubray, met un doigt sur ses lèvres pour o'ecommander le silence et fait mine d'entraîner Robert).
d'aubray Le seul fou, c'était moi, je veux m'en souvenir.
{Il passe un bras autour de la taille de sa femme). Va ! je ne serai plus ni triste ni morose Et je veux sur mon cœur conserver ton gant rose !