I.e corn le, iin|)ahenlé, voijJ,ait spji
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ner d<> nouveau, quand on frappa doucement, et M. Dubreuil entra.
Le comte, malgré ses préoccupations, fut frappé tout d'abord de la consternation qui se montrait sur le visage habituellement placide et réjoui de son régisseur.
Mais il attribua ces signes de malaise à la légère altercation de la veille dans la chambre de madame de Ganges.
Bonjour Dubreuil, dit-il .d'un ton de bjeuveillance, en venant au de-
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vant de lui, je suis content de vous voir, pour m'excuser de quelques paroles un peu vives qui me sont échappées hier au soir... 11 faut me pardonner, mon bon Dubreuil, car alors j'étais triste el morose ; en revanche, aujourd'hui, que je suis heureux et content, je regrette mes emporlements envers un vieil ami tel que vous.
El il lui tendit la main avec un mélange de noblesse et de familiarité qui sentait le gentilhomme de l'ancienne cour.
Dubrcuil saisit celte main avec une
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exircme émolion cl la pressa confrc ses lèvres.
— Monsieur le comle , balbulia-l-il, voire bonlé me confond el redouble moa embarras... Comment Irouverai-je le courajçe de vous apprendre ce que vous devez savoir, si vous me prodiguez ainsi des marques d'eslime et d'affection?
— Que diable me chantez-vous là, Dubreuil ? Vous avez une mine d'enterrement qui m'effrayerait, si je n'étais sûr que tout va pour je mieux autour de moi!... Allons, il s'agit encore de quel-
que fermier qui n'aurait pu payer son terme ou de quelque marchand de bois qui se sera dédit au moment de conclure une affaire. Mais vous me compterez cela plus tard, mon ami pour le moment, je suis fort impatient de voir ma chère Léocadie...
Et il allait sortir; Dubreuil se plaça devant lui.
— Monsieur le comte, dit-il en laissant couler ses larmes, qu'il retenait avec effort depuis son arrivée, vous ne pouvez voir madame...
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— Que (lilcs-vous, Dubreuil? demanda M. de Ganges que l'inquiétude gagnait, serait-elle malade?
Le régisseur secoua la tête négativement.
— Mais parlez... parlez donc ! vos réticences me tuent!. ..Léocadie, ma femme, où est-elle ?
— Elle a quitté le château, murmura
Dubreuil en sanglotant.
[ Le comte pâlit.
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— Oui, oui, elle est sortie, sans doute, pour une promenade; mais elle rentrera... elle va rentrer, n'est-ce pas?
— Mon excellent maître, armez-vous
de courage... Je crains bien c'est-a-
dire,je suis sûr...
— Que craignez-vous? Voulez- vous donc me rendre fou?... La comtesse.
— Elle est partie cette nuit dans la berline de voyage.
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M, de Gaugos pensa loQiber de sa hauteur.
— Cela n'est pas! c'est une absurdité ! s'écria-t-il; quel mofif pourrait-elle avoir de m'abandonner ainsi quand je reviens à elle, quand je l'aime plus que jamais, quand je suis prêt à tout sacrifier pour lui plaire?
— Je rignore, dit le pauvre Dubreuilj mais cette lettre qu'on a trouvée dans sa chambre, après son départ, vous fournira peut-être des explications...
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Il remit au comte un papier cactieté que celui-ci saisit avidement et qu*il ouvrit d'une main tremblante.
La lettre était ainsi conçue :
« Vous m*avez soupçonnée , et vos » soupçons m'ont fait au cœur une bles- » sure qui ne se guérira plus.
» Entre nous, désormais, s'élèverait » toujours un souvenir pénible, une pen- » sée amère, un remords; les premiers 'y> moments de notre réconciliation pasx> ses, vous no pourriez oublier vos an- > cien'nesdéliances;jencpourraisoublier
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» VOS torts; la vicpourrun de nous, pour » tous lesdeuXj peut-être, serait une vie » de mensonge et d'hypocrisie.
» Aussi bien, malgré le sentiment pas- » sager qui vous entraîne en ce moment )i vers moi, et qui prend son origine sans » doute dans la conscience d'une récente » injustice, une séparation ne saurait » vous inspirer des regrets bien vifs et » bien durables.
» L'existence vous offre trop de séduc- » tiens polir que ce sacrifice doive vous » coûter bien cher; le plaisir et Tambi-
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» lion vous en consoleront vite... Moi, » qui ne vivais que par vous, moi qui » mettais en vous toutes mes espérances, » j'aurai plus cruellement et plus long- » temps a souffrir; mais, dans la pro- » fonde retraite où je veux vivre, je son- » gérai qu'il me reste au moins votre es- » lime, et celte pensée me fournira des » consolations.
» Adieu, Gustave *, si jamais vous^m'a- » vez aimée, si vous avez vraiment la » conscience de quelques torts envers » moi, je vous conjure de ne pasmetrou- * bler dans l'asile que je me suis » choisi.
» Tous VOS clTorls pour rae faire reve-^ i> nir sur uue délermination irrévocable » seraient superflus ; ils auraient seule- » ment pour résultat de nous aigrir l'un » contre Tautre. . ,.
)) Dans le couvent où je compte cher- » cher un asile, je penserai toujours à » vous et je supplierai le ciel de vous » accorder toutes sortes de prospéri- » tés. »
A celte lettre était joint un acte par lequel madame de Gaoges abandonnait
toute sa fortune à son mari, sauf quel- III *^
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ques sommes insianfiantes et une rente modeste qu'elle se réservait. lOë im ^^
Le comte retournait entre ses doigts cette lettre inconcevable, qu'il ne lisait plus, et semblait chercher a comprendre une cruelle énigme^/ifi > ' i^cii"
— Mais c'est de l'extravagance, de la folie ! s'écria-t-il enfin en se frappant le front; me quiller ainsi, quand tous les nuages s'étaient dissipés, quand je revenais fr,aiicjiein<^^)t a elle, quand i^QU^ n'avions plus qu'a vivre paisibles et heureux 1... Mais elle ne peut persister d^s
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celle (lélerjiiinaliou insensée... je vais courir après elle, ralloinclrc, la ramener ici... vile, Dubreuil, faites-moi préparer un .cheval... Je pars U Tinslanl... un cheval !
Dubreuil restait immobile.
— Il est trop tard pour l'atteindre, ditil tristement. Sans doute déjà madame la comtesse est arrivée k Paris, où vos recherches seraient 'lon^itemps inutiles
D'ailleurs, réfléchissez mon digne îiiailre; dans la situation d'esprit où se trouve madame de Ganges, une démarche de
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voire part pourrait la pousser à quelque
fâcheuse extrémité Ne vaut -il pas
mieux attendre que sa colère soit tombée pour tenter [un rapprochement difficile, sinon impossible en ce moment?
— Elle vous a donc paru bien irritée ? demanda le comte; vous l'avez vue avant son départ, Dubreuil ; que vous a-t-elle dit?
— Elle m'a dit qu'elle préférerait cent fois la mort a...
— A la nécessité de vivre près de moi,
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acheva le comte; comme elle mehail!
Et moi qui croyais qu'elle m'avait pardonné mes torts... Elle mentaitdonc î elle me trompait donc quand la nuit dernière elle m écoutait avec complaisance et paraissait s'associer à mes plans de bonheur!... Oh! l'ingrate! l'ingrate !
Le bon Dubreuil voulut lui présenter des consolations; mais le comte lui témoigna le désir d être seul, et le régisseur se retira.
M, de Ganges s'enferma chez lui pendant uue partie de la journéet
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Dans l'après-midi, il donna Tordre de préparer une voiture et des clievaux; ri voulait retourner à Paris.
Pendant qu'on disposait tout pour son départ, il fit appeler Dubreuil dans ?a chambre.
Il était encore très pâle, mais calme.
■*' Dans cette dernière conférence on ne parla que d*afl'aires.
Le comte donna les instructions les plus délailloes au réf;isscur sur les di-
vers intérêts qu'il laissait a sa garde; et comme Dubreuil paraissait surpris de cette présence desprit à la] vue d'une crise violente, M. de Ganges lui dit d'un air sombre.
— Mon ami, je n'ai plus qu a chasser de mon cœuip cette femme qui me hait.. J'essaierai !
— Hélas ! il y parviendra , pensa le brave homme qui savait quels moyens de distractions le comte avait à Paris; son caprice est déjà passé... Mais l'autre... la pauvre femme... elle n'oubliera pas !
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Quelques moments après, M. de Ganges montait en voilure devant ses domestiques assemblés. , jj
Comme il allait partir, le gentilhomme, toujours préoccupé du soin de sauver les apparences , afîecta de dire hautemeul à
Dubreuil , qui l'accompagnait chapeau bas: j :,
— Ayez grand soin du château, mon ami, pour que madame la comtesse et moi nous trouvions tout en ordre à Saint- Léger quand nous y reviendrons ensemble, . ,
ihmi t'A
LK GARDE-CHASSE -Gf)
Le réprisseur s'inclina rcspcclueuseiiienl ; mais il savait bien que le comte et la comtesse de Ganges ne devaient plus revenir.
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