SCÈNE IV
LA REINE, DARNLEY, STELLA, an food.
LA REINE, à Darnley.
Parlez, Henry, je vous écoute !
DARNLEY
Tout à l'heure, madame, vous avez daigné m'interroger, me demander conseil au sujet de ces alliances qui vous sont offertes, de ces éponx que veut vous imposer l'Europe I
LA REINE
Et vous m'avez répondu sincèrement, loyalement, je le crois... Et voilà pourquoi j'hésite... Voilà pourquoi je flotte incertaine et n'ose me résoudre à faire un choix.
DARNLET.
•Je vous ai répondu sincèrement, avez-vous dit? Vous le croyez...
LA REINE, arec nn regard de surprise.
Je ne vous comprends pas, Henry,
DARNLEY
Ces réponses, cette critique amère de ces rois, de ces princes qui convoitent votre main... le dépit les dictait... la jalousie peut-être!
LA REINE
La jalousie !
6i LE GASCON
DARNLET.
Et là... là, tout à l'heure lorsque de vos lèvres est tombée cette parole à l'adresse de don Carlos d'Espagne qui renfermait presque une promesse, mes yeux se sont voilés et mon cœur gros de soupirs s'est pris à battre avec une violence inépronvée...
LA REINE
C'est la première fois que vous me parlez ainsi... Si je devine bien le sens de vos paroles, vous voudriez,voas aussi, vous mettre au nombre de mes prétendants?
DARNLEY
Je suis comte de Lennox, ma cousine, et suis un Stuart comme vous !
LA REINE
Oh! je le sais, Henry, vous êtes dé souche illustre, nos aïeux pouvaient se regarder en face et marcher de pair au combat 1
DARNLET.
Eh bien, faites de moi votre époux, Marie... De l'enfant timide et tremblant qui vous aime, faites un homme grand et fort qui soit l'appui de votre trône et l'effroi de vos ennemis.
LA REINE, regarde Darnley fixement.
Vous êtes ambitieux, vous autres hommes?
dàrnley.
Ne dites pas cela, Marie... oh! ne dites pas cela!... Oui! je vous aime... je vous ai aimée toujours!... J'ai vécu avec votre pensée, j'ai grandi avec votre souvenir!... Ce n'est pas la reine d'Ecosse que je vois, que je regarde, c'est Marie.
LA REINE
Henry, je n'aime personne !