SCÈNE XI
LA REINE, CHATELARD, La Foulb «ufond,
puis STELLA.
LA REINE, nn peu tronbîée.
C'est vous, monsieur le comte, qui m'avez adressé cette poésie? (ch&teiard s'incline ) Ce sout de bcaux vers, et toute femme doit se trouver fière de les avoir inspirés.
CHÂTELARD, tremblant.
Fût-elle reine?
LA REINE
Fùt-elle reine. Je vous avais vu, monsieur. Il m'agrée que celui dont le regard venait à moi dans la foule, soit un aussi noble gentilhomme et un aussi grand cœur que doit Fêtre M. le comte de Châtelard.
CHATELARD.
Oh! madame! *
LA. REINE
Parlez-moi de votre passé, monsieur, de vos espérances?. ..
CHATELARD.
Mon passé n'existe pas, madame 1 C'est aujourd'hui seulement que commence ma viel... Quant à mes espérances, à mes ambitions^ elles sont si grandes et si folles, que mon cœur n'oserait les dire à ma raison.
STELLA, reotraot par la droite.
Madame, l'envoyé de la reine d'Angleterre.
LA REINE, surprise.
L'envoyé de la reine d'Angleterre? quel but l'amène vers nous? (a part.) Et qu'a donc de commun Marie Stuart, la veuve de François II, avec Elisabeth, la maîtresse de lord Dudley, duc de Leicester? (Avec na soupir.) Enfin!... (Haut.) Redevenons reine. Monsieur de Châtelard, vous nous reverrez.
CHATELARD.
En ce seul espoir, je vivrai, madame. Dieu veuille que la reine daigne avoir souvenance de cette douce promesse.
LA REINE
Si la reine oublie par hasard, Marie Stuart se souviendra.
Elle adresse un dernier sonrire à Chfttelard et sort par le fond avec Stella.