GERTRUDE, STURMER, STANISLAS, MARIE
STURMER; fort ému.
Des voleurs!
Ah! mon Dieu!
MARIE
STANISLAS
Tu as été volé?... Mais tu n’as pas été blessé, mon pauvre Sturmer?
Non, que je sache.
STURMER
Raconte-nous vite...
STURMER
Voici. En quittant le dernier carrefour de la forêt... Vous savez, le carrefour du Sanglier, à cinq minutes d’ici?
STANISLAS
Oui... oui... le carrefour du Sanglier... Eh bien?
STURMER
J'ai été assailli par une bande de coquins...
STANISLAS
Combien étaient-ils?
Un... tous armes.
Combien dis-tu?
STÜRMEK.
STANISLAS
STURMER
Je dis un seul.
Mon pauvre Sturmer, ton cerveau troublé par le froid... car chez toi ce n’est pas la peur... Bois un verre ac vin.
MARIE, liai & Stanislas
Mon père.... *
STAN ISLAS, devinant Marie, à Sturmer.
Continue.
STURMER
Leurs visages étaient cachés...
STANISLAS
Ils étaientdonc plusieurs?
STURMER
Oui et non... Cet homme m’a dit : Es-tu bien Sturmer? — Oui, je lui ai répondu, je suis Sturmer. — C’était, il paraît, un voleur de ma connaissance. — Tu es au service de Sa Majesté Stanislas, roi de Pologne? m’a-t-il demandé. — Moi de répondre : Oui, oui! — 11 s’est alors découvert. C’est un voleur plein de respect... — Tu viens de Wissembourg, où tu es ajlé pour toucher la pension que lait à ton maître la cour de France ? — Oui, lui ai-je aussitôt répondu en me découvrant à mon tour, pour ne pas être en reste de politesse avec lui. — Combien astu dans ta ceinture? — Rien; on ne m’a pas payé la pension.
— Tu mens! — Je ne mens jamais! Fouillez-moi, d’ailleurs!
— 11 m’a fouillé. — C’est vrai, tu n’as rien! — Que trop vrai!
— Ah I lu es heureux, a repris le voleur, que je sois seul !... Mes camarades ne t’auraient pas lâché à si bor. marché; mais ta vie n’en est pas moins toujours en danger. — Pourquoi? ai-je eu la curiosité de lui demander. — Pourquoi? parce qu’au bout de l’avenue, tu vas rencontrer ces mêmes camarades, la bande dont je suis le chef; et si tu n’as rien à leur donner, soit par dépit, soit par défiance, ils te tueront. — Mais c’est tout simplement me dire qu’ils vont me tuer, car je ne pourrai leur donner ce que je n’ai pas. Le voleur s’est mis alors à réfléchir. Je réfléchissais beaucoup, moi aussi! — Eh bien! mon brave Sturmer, a-t-il ajouté... car je te connais et je t’aime... — Vous êtes bien bon! Je puis vous assurer que de mon côté... — J’ai été ton camarade à la guerre. . . — Bien flatté, monsieur !... Mais je vois que nous n’avons pas suivi la même carrière... Je suis