GERTRUDE, MARIE
GERTRUDE; entrant du fond.
En vérité, ce Slurmer devient de plus en plus difficile : il a demandé une botte de paille pour oreiller.
MARIE; entendant venir Gertrude, elle noue vile le mouchoir à son cou.
Ah! te voilà?
GERTRUDE
Oui, mademoiselle. 11 est déjà en train de dormir; je voudrais bien en faire autant, car je tombe de sommeil.
MARIE
Je t'attendais.
GERTRUDE
Voilà, mademoiselle.
(Elle prend la lampe et va pour entrer à gauche.)
MARIE
Eh bien! où vas-tu donc?
G ERTR tjDE.
Je vais me coucher. t-. ;
MARIE. i.. -• V ?|j^ •* î " ’’ 11
A 1 OUVragC ! a 1 ouvrage !... (Elle va prendre l'Iulôt, an fond à gain fie, ainsi qu nnc corbeille à ouvrage qu’elle apporte sur la table, à gauche.) NOUS II R-
vons plus que deux jours, tu le sais, pour achever de raccommoder cet nabit de mon père.
GERTRUDE
Oui, mademoiselle.
Dans deux jours, je Hélas !
MAIUE.
pars pour Fontevraut.
GERTRUDE
marie.
Et la nuit est déjà bien avancée.
Oh! oui.
GERTRUDE
Bientôt minuit!
(Les deux femmes, assises auprès de la table , Gertrude à gauche et Marie à droite, se mettent à travailler. Gertrude, au bout de quelques secondes, cède au sommeil.)
MARIE, appelant tout en travaillant.
Gertrude?
Mademoiselle.
GERTRUDE
MARIE
Connais-tu Versailles?
,, . GERTRUDE
J y suis née.
MARIE
Que tu es heureuse!
Pourquoi?
GERTRUDE
MARIE
lour rien. Travaillons. (Après une courte pause.) Gertrude!... Gertrude!.,. est-ce que tu dors?...
GERTRUDE* s’éveillant eu sursaut.
Moi?... non!. . non!... Quelle idée!... Je ne sais passic’estle froid... cette lampe n’éclaire pas.
Bonne, donne !
MARIE
(Elle enfile l’aiguille de Gertrude.)
GERTRUDE
Oh! merci, mademoiselle! ça va aller tout seul.
MARIE
Combien y a-t-il de lieues d’ici à Versailles?
GERTRUDE, sommeillant.
11 y a... il y a quarante lieues... (vivement.) Non... deux cent quarante lieues.