‹ Le gateau des reines comedie en cinq actes, en proseChapitre 75 sur 109 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

MADAME DE PKI K.

Mais, moi, qu'ai-je fait en tout ceci?... moi, opposée à cette mesure impolitique, inhumaine, cruelle, dès que j’ai su l’enlèvement de l’infante, je me suis mise à sa poursuite et je l'ai ramenée triomphalement à Versailles. Le. cardinal, chez lequel je cours en vous quittant, ne peut manquer de me croire, puisque je renverse votre sœur en mariant l’infante à Louis XV. Et celle qui aura donné une reine à la France sera bien assez puissante, croyez-moi, pour lui rendre son premier ministre.

LE DUC

Beau projet! très-beau! sans défauts... un seul... impossible!

MADAME DE PRIE

Comment, impossible?

LE DUC

Mais, je vous le répète pour la millième fois, ma sœur est avec le roi en ce moment! si elle lui plaît,— et elle lui plaira!... — il ne voudra pas plus de l’infante aujourd’hui que nous n’en voulions nous-mêmes il y a un mois; et s’il épouse ma sœur, que devient votre projet?* .

MADAME DE PJUE.

Votre sœur n’est pas avec le roi.

LE DUC, ébloui de surpiise.

Que dites-vous?

MADAME DE PRIE

Dès mon arrivée ici, j’ai fait partir Louis XV pour une grande chasse à courre dans la forêt de Rambouillet. Donc, votre sœur ne le verra pas; et nous aurons le temps d’obtenir du cardinal Fleury, qui ne demandera pas mieux, un ordre qui renvoie immédiatement la fière chanoinesse au fond de son couvent de Fontevraut.

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