STURMKR, STANISLAS, LE DUC
STANISLAS
Ma foi, vous m’excuserez, monsieur le duc ; je sais que, d’après les conventions diplomatiques passées entre la France et les Etats du Nord, je n’ai pas le droit de m’éloigner des frontières de l’Alsace...
(Le Valet a donné un fauteuil au Koi.)
STURMER, quelques pas en arrière, immobile et a demi-voix.
On n'avait pas non plus le droit de vous détrôner, et injuriant... (Apercevant un regaid que lui louée Stanislas.) Rien!
STANISLAS, Lssi» un peu a droite à côté du Due.
Mais, après avoir reçu de monsieur Le Tellier la lettre si chaleureusement empreinte de reconnaissance, où il me parle de l’appui que vous lui avez prêté , je n’ai pu résister au désir de remercier mon frère. Sa Majesté Louis XV, de ce qu’elle a fait, grâce à vous, prince, pour le comte d’Estrées... pour celui que je puis nommer maintenant mon gendre.
LE I) U C, a part.
Le comte d’Estrées !... Son gendre ! il est à la Bastille.
STANISL AS.
J’aurais été heureux, dès mon arrivée ici, de voir ce roi si bon pour moi; mais il était parti pour la chasse.
LE DUC
Oui, il est allé à Rambouillet.
STANISLAS
Je ne me félicite pas moins de vous avoir rencontré...
LE DUC
Sire!...
STANISLAS
Pour vous assurer que vous n’avez pas obligé dans le comte d’Estrées... un indifférent ou un ingrat... Et puis, monsieur le duc, en m’accordant une telle faveur, vous avez rendu la joie à un homme qui semblait n’en avoir plus à goûter de bien vives dans ce monde. Le père, grâce à vous, consolera le roi.
LE DUC
Sire!...
STANISLAS
l’ermettez-moi, maintenant, d’aller retrouver celui qui sera bientôt mon fils.
LE DUC
Sire, si j’osais retenir quelques instants encore Votre Majesté, je suis dans l'obligation de lui dire... Je sais que Votre Majesté arrive à peine, qu’elle est sans doute fatiguée.
ST U R MER, à demi-voix.
Et trcs-mouillée.
STANISLAS
Nous avons essuyé à quelques lieues de Versailles un gros orage.
LE DUC
En effet, sire, vos habits semblent indiquer...
STANISLAS
Que voulez-vous, monsieur le duc? la route est un peu longue de Wissembourg à Versailles...
STURMER
.... Surtout quand on est venu à pied.
LE DUC
A pied ?
STANISLAS
Je me suis souvenu d’avoir été soldat.
Un de nos plus grands capitaines.
STANISLAS
Eli bien ! le grand capitaine est venu à pied : voilà dix jours que nous marchons.
STURMER, il ml-voit.
Dix lieues par jour, c’est joli pour un roi !
STAN ISLAS
C’est pourquoi je vous demande pardon, monsieur le duc, pour ma simplicité si peu royale. Je sais que l’étiquette a ses lois.
STURMER, à demi-voix.
La nécessite aussi a ses lois. (Après un regard de Stanislas.) Rien ! STANISLAS.
Je me retire, monsieur le duc... Je craindrais d’abuser... (u
se love ; le Une au-»i.)
STURMER, à part.
Et il ne lui parle pas de sa pension !
STANISLAS
Mais je ne quitterai pas Versailles sans vous remercier une