‹ Le gateau des reines comedie en cinq actes, en proseChapitre 79 sur 109 · STURMKR, STANISLAS, LE DUC · texte numérisé non relu

STURMKR, STANISLAS, LE DUC

STANISLAS

Ma foi, vous m’excuserez, monsieur le duc ; je sais que, d’après les conventions diplomatiques passées entre la France et les Etats du Nord, je n’ai pas le droit de m’éloigner des frontières de l’Alsace...

(Le Valet a donné un fauteuil au Koi.)

STURMER, quelques pas en arrière, immobile et a demi-voix.

On n'avait pas non plus le droit de vous détrôner, et injuriant... (Apercevant un regaid que lui louée Stanislas.) Rien!

STANISLAS, Lssi» un peu a droite à côté du Due.

Mais, après avoir reçu de monsieur Le Tellier la lettre si chaleureusement empreinte de reconnaissance, où il me parle de l’appui que vous lui avez prêté , je n’ai pu résister au désir de remercier mon frère. Sa Majesté Louis XV, de ce qu’elle a fait, grâce à vous, prince, pour le comte d’Estrées... pour celui que je puis nommer maintenant mon gendre.

LE I) U C, a part.

Le comte d’Estrées !... Son gendre ! il est à la Bastille.

STANISL AS.

J’aurais été heureux, dès mon arrivée ici, de voir ce roi si bon pour moi; mais il était parti pour la chasse.

LE DUC

Oui, il est allé à Rambouillet.

STANISLAS

Je ne me félicite pas moins de vous avoir rencontré...

LE DUC

Sire!...

STANISLAS

Pour vous assurer que vous n’avez pas obligé dans le comte d’Estrées... un indifférent ou un ingrat... Et puis, monsieur le duc, en m’accordant une telle faveur, vous avez rendu la joie à un homme qui semblait n’en avoir plus à goûter de bien vives dans ce monde. Le père, grâce à vous, consolera le roi.

LE DUC

Sire!...

STANISLAS

l’ermettez-moi, maintenant, d’aller retrouver celui qui sera bientôt mon fils.

LE DUC

Sire, si j’osais retenir quelques instants encore Votre Majesté, je suis dans l'obligation de lui dire... Je sais que Votre Majesté arrive à peine, qu’elle est sans doute fatiguée.

ST U R MER, à demi-voix.

Et trcs-mouillée.

STANISLAS

Nous avons essuyé à quelques lieues de Versailles un gros orage.

LE DUC

En effet, sire, vos habits semblent indiquer...

STANISLAS

Que voulez-vous, monsieur le duc? la route est un peu longue de Wissembourg à Versailles...

STURMER

.... Surtout quand on est venu à pied.

LE DUC

A pied ?

STANISLAS

Je me suis souvenu d’avoir été soldat.

Un de nos plus grands capitaines.

STANISLAS

Eli bien ! le grand capitaine est venu à pied : voilà dix jours que nous marchons.

STURMER, il ml-voit.

Dix lieues par jour, c’est joli pour un roi !

STAN ISLAS

C’est pourquoi je vous demande pardon, monsieur le duc, pour ma simplicité si peu royale. Je sais que l’étiquette a ses lois.

STURMER, à demi-voix.

La nécessite aussi a ses lois. (Après un regard de Stanislas.) Rien ! STANISLAS.

Je me retire, monsieur le duc... Je craindrais d’abuser... (u

se love ; le Une au-»i.)

STURMER, à part.

Et il ne lui parle pas de sa pension !

STANISLAS

Mais je ne quitterai pas Versailles sans vous remercier une

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