SCÈNE PREMIÈRE
ST U RM ER, <cui.
Vivat! la place est prise; lions voici dans la citadelle. Est-ce que les conseils que je ne cesse de donner au roi Stanislas auraient enfin porté leurs fruits? Ça n'aura pas été sans peine! Comprend-on que tout le long du chemin, en venant, il n’ait cessé de me dire : « Vois-tu, Sturmcr, ce qu’il y a de plus heurt reux. au monde, c’est de cultiver son champ, de vendre son » blé, de boire son vin auprès de son feu. — Est-ce là, lui disais-je, parler en roi? — C’est le vrai bonheur, » me répondait-il. » Et moi, de lui dire encore : Les rois ne sont pas faits pour être heureux. — Parbleu ! s’écriait-il, c’est pour cela » même que je ne veux plus être roi ! »> Eh bien ! moi, je veux qu’il le soit encore, et il le sera. Je ne veux pas moui ir sans l’avoir vu remonter sur le trône de ses ancêtres. Le voilà déjà dans un palais assez beau, en attendant qu’il occupe le sien... là-bas. Et quel entourage on nous a donné ! Des gardes d’honneur, des carrosses dorés, des officiers de chasse. Et mademoiselle Marie Leckzinska, elle a aussi, a ses demoiselles d’honneur, ses officiers de commandements, enfin tout le cortège d’une princesse! Il 11e nous manque plus qu’un royaume... et une aiv mée pour le conquérir. Ah! mais n’oublions pas que la princesse veut me parler. Voici bientôt l’heure. Que peut-elle me vouloir?