‹ Le gateau des reines comedie en cinq actes, en proseChapitre 97 sur 109 · MADAME DE PRIE, LE TELL1ER · texte numérisé non relu

MADAME DE PRIE, LE TELL1ER

Ce soir même !... Et c’est pour cela, madame, <|ue vous m'avez fait ■ sortir de la Bastille!...

MADAME DE I* i\ 1 E, avec iulerèl.

Oui pouvait prévoir?...

11 fallait m'y laisser mourir.

J’ignorais votre amour pour la fille du roi Stanislas, j'ignorais que c’était elle que vous aviez choisie pour femme. Je ne l’ai appris que depuis que notre jeune roi a résolu de l’épouser.

De l'épouser!... Oh ! mais je doute encore, je nierai toujours. J’aime tant Marie Leckzinska!

MADAME DE PRIE, mèmfi accent «le sympathie.

Et la princesse vous aime autant que vous l’aimez ; mais elle est tille de roi.

Elle le savait en acceptant ma main.

MADAME DE PRIE

Mais elle ne soupçonnait pas, mon ami, qu’un jour un roi de France, en l’épousant, donnerait à son père une province qui vaut un royaume, une couronne de duc qui vaut une couronne de roi !...

LE TELLIER, «Slonné.

Une province!... une couronne !...

MADAME DE PRIE

Oui, l’exilé du trône de Pologne, le roi proscrit, le prince malheureux, qui vit encore aujourd’hui de la commisération de la France, deviendra, ce soir, au moment où sa fille épousera Louis XV, giand- duc de Lorraine, il aura une cour, des sujets, enfin il sera presque roi.

Ah! voilà la nouvelle que monsieur le duc est allé lui apprendre. Je suis perdu!

Et vous voudriez forcer mademoiselle Leckzinska , pour quelques serments d’amour, des serments bien légers, allez.

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