SCÈNE PREMIÈRE
RENAUD, CALUMET, OCTAVE, BERNARD et GRAZIELLA.
(il» sont assis autour d’une table bien serrie.)*
Air : Bacchanal et vive l’orgie. (Filles de Marbre). CHOEUR.
Chers amis, etjoyeux compères ,
Chantons !
Un doux nectar remplit nos verres.
Trinquons !
Vive, vive le champagne,
Ce joli vin de cocagne !
Buvons!
RENAUD
Un dernier cigare! un dernier verre de champagne!... et un dernier toast!...
TOUS, levant les verres.
A la santé de Renaud !
GRAZIELLA
A nos amours!...
Bonne Graziella... Oui, à nos amours!...
TOUS
Bravo! bravo!
DOMINIQUE, entrant.** ,,
Messieurs . . . messieurs !...
RENAUD
Qir’est-ce, Dominique?...
DOMINIQUE
Monsieur le comte, je suis chargé de vous dire que le choc de vos verres devient scandaleux.
* Graziella, Octave, Renaud, Bernard, Calumet.
** Graziella, Octave, Renaud, Bernard, Dominique, Calumet.
k LE GENDRE DE M. POMMIER.
“Eh bien, drôle!
Laisse -le parler.
BERNARD
RENAUD
CALUMET
Explique-toi, Dominique.
Monsieur le comte oublie donc qu’il est en prison?
RENAUD
Non, parbleu! je ne l'oublie pas.
DOMINIQUE
En prison pour dettes... à Cichy, et que si le directeur a consenti a lui assigner un logement plus confortable qu'aux autres prisonniers, c’est à la condition...
BERNARD
11 a raison.
RENAUD.'
L’observation de monsieur le directeur est juste... Buvons en silence.
. GRAZIELLA, à demi-voii.
A nos amours!
TOUS
A vos amours! - 1 ' " ’ •
DOMINIQUE
A la bonne heure!
RENAUD
Bonne Graziella !...
GRAZIELLA
Pauvre bibi !... et dire que voilà quinze jours que je ne l’avais ▼u... car... il faut que je vous raconte ça... c'est très-crieux..... La semaine dernière, je rencontre le docteur... j'arrivais de mon pays où j’avais été chercher mes papiers... Je m’informe de Renaud... le docteur hésite à me répondre... j’insiste... et il finit par m’avouer qu’il est à Clichy.
RENAUD, à Bernard.
Comment! c'est foi qui lui as dit...
BERNARD
Oui... Seulement , n’ayant pas le courage de vous apprendre l'affreuse vérité, j’ajoute. ..
GRAZIELLA
A Clichy-la-Garenne... Naturellement, je crois que Renaud a voulu se mettre au- vert... je prends une voiture, et me voilà
E rtie pour Clichy, où depuis huit jours j’ai frappé à toutes i portes! J’interroge, je questionne... pas plus de Renaud que de Grand Turc... Enfin, le cœur brisé, je reviens à Paris... je