‹ Le gendre de M. Pommier comedievaudeville en trois actesChapitre 20 sur 55 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

RENAUD

Dtl tOUt !*... du tout!... (Fouillaul dans les poche» de Pommier.) Et d'abord donnez-moi cette clef!

POMMIER

Mais non... mais non!

RENAUD

Ah!... vous me refusez... Eh bien... tenez! (lui montra»» uoe clef.) J'en ai fait faire une autre.

POMMIER

Hein?... une seconde clef!... permettez. ..

RENAUD

Rien... En outre, comme je sais que votre fille aime la promenade, le bois de Boulogne, .je viens de choisir dans vos ateliers un délicieux coupé, et j'ai donné ordre d’atteler pour trois heures.

POMMIER

Mais...

RENAUD, l’iotêrrompaot.

Ce n'est pas tout... J’arrive du café Anglais... où j'ai invité quelques amis à venir célébrer avec nous mon heureux retour à la santé... et demain jeudi...

POMMIER, effrayé.

Ils viendront dîner ?

RENAUD

Oh ! ne vous inquiétez pas du menu... j’ai tout commandé chez Potel et Chabot.

POMMIER

Ah! permettez...

RENAUD

En votre nom... Cinquante francs par tête... nous serons seize.

POMMIER

Huit cents francs !

RENAUD

Sans compter les rafraîchissements pour la soirée... car nous danserons... Douze cents francs en tout.

POMMIER

Douze cents francs !

Vous verrez... rien ne me coûtera pour rendre votre fille heureuse... et elle le sera, papa beau-pere. (u lui upc u ventre.)

POMMIER

Ne tapez donc pas !

RENAUD

Ça se fait.

SOMMIER

Certainement, monsieur le comte, je serais très-Hatté de recevoir vos nobles amis... mais il me semble... que dans l'état où vous êtes... souffrant encore... car vous êtes pâlot...

RENAUD

Ce n'est que ça qui vous inquiète?

POMMIER

Sans doute... car autrement je serais heureux.

RENAUD

Excellent monsieur Pommier!

POMMIER

Aujourd’hui que vous êtes de la famille, mais votre santé m'est aussi précieuse que celle •de ma fille.

Vraiment?...

POMMIER

Je ne voudrais pas pour tout au monde vous voir la compromettre.

RENAUD

Eh bien !... calmez vos craintes... Je vais vous apprendre une chose qui va vous rendre bien heureux.

POMMIER

Parlez, mon noble gendre, parlez.

RENAUD

Je n’ai jamais été malade.

POMMIER

Hein?... comment?... à Clichy...

RENAUD

Jamais... un moyen que j’avais employé pour vous attendrir, et qui m'a réussi..’ au delà de mes espérances... car je ne demandais qu’à sortir de prison... et me voilà votre gendre !

POMMIER, à part, abasosrdi.

Mais je suis refait. .. Ah! le polisson!

RENAUD

Non-seulement je ne suis pas malade, mais je sens que je me porte comme le Pont-Neuf... et que je vivrai... cent ans. Dans ma famille nous vivons tous cent ans... au moins. (Riaut.) Hein, vous ne vous attendiez pas à celle-là ?

POMMIER, riant d'un rire forcé.

Ah ! non... ah ! non. (a part.) Mais je suis volé!

RENAUD

Et maintenant, vous allez voir.. . Désormais vous ne vous occuperez plus de rien... La moitié de votre fortune m’appartient

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