ACTE I
RENAUD, d'une voix éteinte.
C'est vous, monsieur Pommier !
POMMIER
Oui, mon noble gendre, (dudou, catnmet et onr, étonné».)
RENAUD
Beau-père... excusez-moi... si je ne me lève pas.
POMMIER
Je vous excuse.
RENAUD
Permettez-moi de vous présenter mes deux témoins... monsieur Calumet et monsieur Octave Beaubourg... (calumet et octave, donnes, se regardent.) Saluez, Octave... Saluez, Calumet... (Lee deux
amis saluent.)
POMMIER, les saluant.
Messieurs... (a Renaud.) Et comment va cette petite santé ce matin ?
RENAUD
Oh! je suis bien faible !
POMMIER
Vous avez une mine superbe.
DUNOIS, bas à Pommier.
Ah bien... vous n’êtes pas difficile!
POMMIER, lui donnant un coup de coude.
Tais-toi donc... (a part.) Il a une binette déplorable, (a Bernard. Qu’en dites-vous, docteur?
BERNARD, levant les yeux au ciel.
Hélas !
POMMIER
Compris !... Dort-il?
BERNARD
Il n'a pas fermé l'œil de la nuit.
Tant mieux !
POMMIER
Hein?
DUNOIS
Mange-t-il?
Rien ne passe.
Tant mieux!
POMMIER, A Bernard.
BERNARD
POMMIER
DUNOIS, A Pommier.
Comment, tant mieux?
POMMIER, lui donnant un coup de coude.
Mais tais-toi donc!... (a Bernard. ) Souffrc-t-il beaucoup?
lô
BERNARD
Le martyre.
pommier.
A merveille!... (Haut.) Mais il aura bien la force de se traîner jusqu’à la mairie ?
BERNARD
Je l’espère.
RENAUD; d’une voix plaintive.
Pommier.
* POMMIER
Quoi, riioîi gendre ?
RENAUD
Ettna fiancée... Je ne la vois pas... *
* Elle arrive, mon gendre, elle arrive... Je suis venu avant la cérémonie pour bien m’assurer de l'état de votre santé. Dans une heure, nous serons tous ici... le notaire d’une main et ma fille de l’autre... Nous rédigeons le contrat..: Nous partons pour la mairie... puis, on vous conduira à l'autel...
* DVNOIS, bai.
A l'Hôtel-Dieu!
POMMIER
Imbécile !
RENAUD
Vous dites?...
pommier.
Rien... C’est àDunoisque je parle... Maintenant, comte Renaud deVeaupiqué, comme je suppose que vous n'avez pas l’intention de vous marier en robe de chambre , je vous invite , ou plutôt j’invite messieurs vos témoins et amis à vous transvaser dans la chambre ci-jointe, pour vous y passer un habit.
RENAUD
Vous avez raison... Docteur, le bras... Octave, Calumet, soutenez-moi. (il se lève avec peine.)
DUNOIS, à Pommier.
Mais ce n’est pas un fiancé, ça... c’est un invalide.
POMMIER, lui donnant un coup do coude.
Tais-toi donc... Je me flatte que le mariage l’aplatira tout à fait.
RENAUD, d’nne voix déchirante.
Eh bien, docteur... vous m’abandonnez?...
BERNARD, allant à loi.
Voilà, cher ami, voilà.
ENSEMBLE
Air : Espagnolas et Boyardinos .
RENAUD
Pour un tel jour, amis, quelle tristesse !