CHAPITRE XXXIV
fred de Latour-Maubourg venait d'être tué. Sans môme prendre son chapeau, il s'élance au galop, suivi de quelques hommes, il retrouve son aide de camp, son ami, non pas mort encore, mais mourant. A peine il a le temps de lui dire un dernier adieu, puis il repart; la douleur, Timpatience stimulaient encore son ardeur, il pousse lui-même en avant ses tirailleurs; en vain, un brave officier du 3® de hussards veut Tempôcher d'approcher d'une muraille d'où partait une vive fusillade. « Tu as donc bien peur aujourd'hui de mourir? » lui dit-il. Il était alors si près, tellement en vue de la position disposée en amphithéâtre occupée par Tennemi, que les Anglais pouvaient distinguer ses traits, entendre sa voix, et ils s'étonnaient de tant de dédain de la mort. Tout à coup on le vit se pencher en avant : les hommes de son escorte crurent qu'il voulait arranger quelque chose à son étrier. Non, il était mort ! Une balle venait de l'atteindre aurdessus du sourcil gauche et avait traversé la tête.
Un sentiment de douleur se répandit dans l'armée anglaise (1) lorsqu'on vit tomber le vaillant soldat. Je ne parle pas des larmes des siens.
Tout était donc fini, rêves de gloire, d'avenir, rêves de bonheur : en un instant tout avait disparu, tout était détruit à la fois.
(1) Sa belle et martiale figure, sa voix, son geste, et par-dessus tout sa grande valeur, avaient excité l'admiration des Anglais, et un sentiment général de tristesse se répandit dans l'armée quand le vaillant soldat tomba. {Histoire de la Péninsule, par le colonel Napier.) (Voir les Pièces justificatives.)