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CHAPITRE XXXIV

La cavalerie et la réserve anglaise gagnèrent, pendant la nuit du 2 au 3 janvier, Bembibre, où se trouvait encore la division du général Baird. Bembidre renfermait d'immenses dépôts de vins: la tentation avait été trop forte pour les soldats anglais, et lorsqu'on voulut mettre la division en marche, une foule d'hommes ivres^ de maraudeurs, de femmes, d'enfants, auxquels étaient venus se mêler des fuyards du corps de la Romana, encombraient la route. Malgré la présence et les efforts du général en chef Moore, on ne put rétablir Tordre, et lorsqu'il partit 1^ matin, pour se rendre à Calcabellos, il laissa une forte arrière-garde pour protéger cette foule désordonnée. A peine avait-il quitté la ville, que la cavalerie française, se ruant à travers cette masse confuse, se fit jour à coups de sabres, de pistolets, et arriva si près de la colonne anglaise, que l'infanterie fut obligée de s'arrêter et de faire face pour la contenir.

Le général Moore, continuant sa route, alla avec la réserve jusqu'à Calcabellos. La position était forte, il résolut d'y faire tète à l'ennemi.

La ville de Calcabellos est traversée par la Guia, petite rivière que la saison avait changée en torrent rapide et profond. On la traverse sur un pont en pierres. Du côté de Villafranca, à 2,000 mètres environ du pont, se trouve ime côte rapide, élevée, couverte de vignes cultivées en terrasse, supportées par des murs.

Moore y plaça 2',500 hommes d'infanterie avec

6 pièces de canon ; puis, de l'autre côté, en avant

de Calcabellos, à 2 milles anglais de la rivière, il

posta sur une hauteur 400 riilemen et 4 ou 5 esca-

drons, pour surveiller les roules de Bembibre et de Ponferrada.

Le 3 janvier, vers trois heures de Taprès-midi, le général Golbert arriva en avant de cette hauteur, suivi à quelque distance par des bataillons de voltigeurs; enfin, plus en arrière, se trouvait toute l'infanterie du général Merle.

Ayant pu juger que la position derrière Galcabellos était fortement occupée, il envoya demander des ren- , forts et presser l'arrivée de son infanterie légère. Toutefois, apercevant de l'indécision parmi les troupes qu'il avait devant lui, il donna l'ordre de les charger. L'ordre fut exécuté avec une telle vigueur, que les Anglais n'attendirent pas l'arrivée des Français et gagnèrent au galop la route et le pont. Leur infanterie, s*étant également mise en retraite, avait pris les devants. Toutefois la cavalerie française arriva encore assez vite sur le pont pour y rencontrer une masse confuse de fantassins, de cavaliers, dont on prit une soixantaine, et parmi eux des officiers d'état-major.

Traversant le pont, la cavalerie s'élançait sur la route, lorsqu'elle fut arrêtée par le général Golbert. On se tro^CLvait en face de la position occupée par l'infanterie anglaise, et ce n'était pas avec des chasseurs qu'on poiJ-^ vait l'enlever.

Laissant son aide de camp , Alfred de Latour-Mai^^ bourg, pour surveiller les Anglais, le général Golbert' revint près du pont, d'où approchait la tète de notre infanterie. A mesure qu'elle arrivait, le général, pressant sa marche, trop lente à son gré, la dirigeait 4^ i'autre côté du pont, lorsqu'on vint lui annoncer qu'A-l**

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