‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 127 sur 150 · DUTAILLIS · texte numérisé non relu

DUTAILLIS

P. 'S, — Nous ne pouvons communiquer avec le maréchal Davout que par Deppen etOsterode.

Net a l'Empereur.

A Sa Majesté V Empereur et Roi,

Des hauteurs en arrière de Deppen, le 6 juin 1807, à midi. Sire,

La journée d'hier a été glorieuse pour le corps d'armée dont Votre Majesté m'a confié le commandement ; celle

d'aujourd'hui est une vraie bataille, livrée avec neuf régiments d'infanterie et environ 600 hommes de cavalerie, contre au moins 10,000 hommes de cavalerie , 30 d'infanterie et 60 bouches à feu. L'empereur Alexandre conunandait en personne ; je l'ai vu distinctement passer sur le front de deux lignes d'infanterie, qui criaient un vivat très prolongé.

L'ennemi a manœuvré lentement et avec une circonspection incroyable. Nos troupes ont encore mieux fait leur devoir qu'hier ; leur acharnement au feu est inconcevable. L'artillerie m'a bien secondé et a fait un mal affreux à l'ennemi. Je l'ai reçu par un feu continuel, depuis cinq heures du matin, sur les deux flancs d'Anckendorf, jusqu'à onze heures, que je commençais à être débordé sur mes deux ailes par de fortes colonnes d'infanterie et de cavalerie. Voyant alors l'impossibilité de tenir davantage sans courir le risque d'un désastre, j'ordonnai la retraite par divisions, se dépassant successivement par échelons, protégées par l'artillerie placée avantageusement par le brave et intelligent colonel Becquilly, de manière que l'ennemi ne pût jamais parvenir à m' entamer nulle part. Plusieurs charges de cavalerie ont été repoussées vigoureusement ; enfin, la cavalerie ennemie, trop maltraitée dans la journée d'hier, a cessé d'approcher de mes échelons, et c'était avec de l'infanterie russe beaucoup plus nombreuse que la mienne, que j'ai dû combattre très longtemps.

Arrivé au défilé de Deppen, après avoir pris position trois fois à demi-portée de canon avant de quitter Anckendorf, l'ennemi avait disposé des troupes pour faire une charge générale, afin de me mettre en désordre, mais inutilement; mes régiments ont exécuté leurs feux de deux rangs et de bataillon comme à la manœuvre. Les conscrits se sont montrés dignes des anciens soldats.

Enfin mon passage de la Passarge s'est effectué avec le plus grand ordre, toujours protégé par mon artillerie; dès lors, l'ennemi s'est borné à une forte canonnade, mais nous

^us eu ewcore Is^ supériorité du feu. I^'ipfanterie pnpeinie

s'est placée, immédiatement après, derrière Deppen ; le feu de mousqueterie et la canonnade continuent.

L'ennemi ne montre pas de têtes de colonne, parce que plusieurs ont été fort maltraitées en voulant passer la Passarge ; elles se sont retirées devant la forêt.

Des prisonniers russes disent qu'il y avait devant Queetz trois divisions d'infanterie commandées par le général Benningsen ; en outre la garde impériale à pied et à cheval, commandée par le grand-duc Constantin; ils disent aussi qu'il y avait au moins autant de cavalerie que d'infanterie et cent pièces de canon*

Ma perte se réduit à peu de monde ; j'estime qu'elle est de moitié moindre que celle de l'ennemi : mais plusieurs généraux et officiers supérieurs ont été blessés ; entre autres le général Dutaillis, chef de mon état-major, qui a eu le bras droit emporté ; j'espère qu'il n'en mourra point, il s'est rendu à Osterode; le général Marcognet blessé; le colonel Frappart, du 50®, blessé; le chef de bataillon Gridet, du 25« léger, blessé, et beaucoup d'autres, dont le rapport ne m'est pas parvenu; l'adjudant commandant Malleraut, sous-chef de l'état-major, blessé mortellement.

Enfin, tous les généraux, colonels et officiers ont rivalisé de bravoure et de vigueur, dans une affaire aussi chaude. La perte de l'ennemi est très considérable, car tous nos coups de canon portaient en plein, et nous avons usé presque autant de mitraille que de boulets. J'aurais désiré attaquer l'ennemi au lieu de l'être, le soldat le demande encore, malgré son extrême fatigue, et nous aurions fait voir aux Russes que nous marchons mieux à l'offensive qu'eux. L'ennemi met de l'acharnement à s'emparer du village de Deppen, et est parvenu à y mettre le feu; mais nous nous maintenons.

J'attends les ordres de Votre Majesté, et suis son très fidèlo sujet.

J^e Maréchal d'Empire, Ney.

SOULT A BeRTHIER.

Baners, le 6 juin 1807, à 2 heures.

Je ne puis encore donner à Votre Altesse des détails sur le beau combat que la 2® division du corps d'armée a soutenu hier devant Lomitten contre des forces plus que doubles. Tous les rapports des régiments ne me sont pas parvenus. En attendant, je dois me borner à dire que cette affaire fait le plus grand honneur aux troupes qui ont combattu; elles n'ont jamais été plus braves ni mieux disposées; elles manœuvraient devant l'ennemi comme à ^exe^ cice. J'aurai plusieurs belles actions à citer. L'ennemi a perdu plus de 2,000 hommes, dont 600 au moins sont restés sur le champ de bataille ; il y a eu plusieurs prisonniers de faits. Notre artillerie lui a démonté plusieurs pièces: la 2^ division a eu 950 hommes hors de combat, dont 91 tués, y compris 6 officiers, et parmi ceux-ci le chef de bataillon Robert, du 46^. Parmi les blessés, il y a 27 officiers, dont deux chefs de bataillon : M. Lorrain, du 24® d'infanterie légère, et Langlès, du 57®.

Ce matin, l'ennemi s'est retiré de devant Lomitten, où il n'a laissé que des Cosaques. Une partie de ses troupes a été renforcer la ligne d'observation qu'il avait hier entre Schwendt et Wolfsdorf. L'autre partie a été joindre celle qui était devant M. le maréchal Ney. Aujourd'hui nous n'avons pas combattu ; j'ai envoyé la cavalerie légère au soutien du 6® corps. Deux régiments sont partis sur-le-champ pour aller rétablir la conununication que les Cosaques avaient interceptée entre Deppen et Bruckendorf, où est le parc d'artillerie du 6® corps.

Un avis que je reçois à l'instant même porte que l'ennemi, n'ayant pu forcer le pont de Deppen, descend la Passarge, et cherche à effectuer son passage entre M. le maréchal Ney et moi. Si ce mouvement se fait en forces, notre retraite surMohrungen devient inévitable. Dans quelques heures, nous saurons à quoi nous en tenir.

J'ai l'honneur de prier Votre Altesse de vouloir bien m'adresser les ordres de Sa Majesté.

SOULT

Ney a Berthier.

Bivouac de Deppen, le 7 juin 1807, 6 heures du matiu.

Monseigneur*,

Le maréchal Davout me donne avis de sa marche aujourd'hui, pour se porter sur les derrières de l'armée russe. Le canon s'est fait entendre au point du jour dans la direction d'Alt-Kokendorf. L'eunemi fait des marches et contremarches continuelles sur le plateau de Deppen, rive droite de la Passarge; son artillerie quitte et reprend alternativement ses positions ; on remarque une grande indécision dans ses entreprises : il paraît très embarrassé. Si le maréchal à qui j'écris parvient à le faire replier, je m'empresserai de le seconder de mon mieux.

Des prisonniers russes disent qu'il y avait hier pendant l'action, le corps du prince Bagration, deux divisions commandées par le général Benningsen, et la garde impériale sous les ordres du grand-duc Constantin; ils ajoutent que l'empereur Alexandre a quitté l'armée pour se porter sur un autre point qu'ils ignorent.

Ney.

iO heures du matin.

Monseigneur,

A quelques coups de fusil près et quelques coups de canon échangés de part et d'aut^e^, tout est parfaitement tranquille, l'ennemi cache ses mouvements et semble observer

la défensive. Je n'entends rien du côté du maréchal Davout ; il est probable que l'ennemi aura refusé sa gauche pour ne pas trop se compromettre. Si les mouvements de la grande armée se succèdent rapidement, les Russes éprouveront un grand désastre et ne pourront sauver que leur cavalerie.

Quelque 1,000 chevaux avec de Tartillerie se retirenten ce moment vers Anckendorf, direction de Guttstadt.

Je vous adresse en même temps M. Wisingen, capitaine en 2« au 4^ régiment de chasseurs à pied russes, pris hier dans le village de Deppen.

Net.

SouLT A l'Empereur.

Baners, 6 juin, à 2 heures.

M. le maréchal Ney vient de m'adresser, pour faire passer, le rapport qu'il a Thonneur de présenter à Votre Majesté : je m'empresse de le mettre sous ce couvert.

J'ai envoyé deux régiments de cavalerie légère au 6^ corps, pour rétablir la communication entre Deppen et Bruckendorf, où est le parc d'artillerie du maréchal Ney, que les Cosaques ont interceptée. L'autre régiment de cavalerie me met en rapport avec le 6^ corps d'armée et garde la Passarge, depuis Deppen jusqu'à Reichenthal.

J'ai envoyé ISO chevaux pour garder la Passarge, depuis Sporthenen jusqu'à Alcken ; ainsi j'ai pu concentrer l'infanterie des deux divisions pour être prêt à tout événement. M. le maréchal Ney m'a fait dire que, s'il était forcé à Deppen, il se retirerait sur Mohrungen; si ce mouvement a lieu, du moment que j'en serai instruit, je me dirigerai aussi sur le même point; mais jusqu'alors je resterai en position. L'ennemi ç, toujours une ligne d'observation suf les hauteurs, entre Wojfsdorf et Schwenkitten.

SoutT,

Ne Y A Bbrthibr.

Des hauteurs en arrière de Deppen, le 6 juin 1807, à 5 heures de i'après-midi.

Je reçois à l'instant la lettre de Votre Altesse, en date de ce jour, 3 heures du matin. J'exécuterai ponctuellement les dispositions qu'elle contient, dans le cas où Tennemi parviendrait à me forcer dans ma position de Deppen, que je considère comme étant d'une grande importance, pour donner le temps à S. M. de réunir et diriger ses colonnes, ainsi que pour faciliter au maréchal Davout la réunion de son corps d'armée.

L'ennemi a fait des efforts incroyables pour emporter Deppen; ce village a été pris et repris à la baïonnette jusqu'à six fois de suite : enfin nous en avons chassé les ennemis, dont un bon nombre a été tué à la baïonnette, et je conserve ce point, quoique Tennemi l'ait brûlé, de même que le pont sur la Passarge ; mais cette rivière est gùéable partout sur ce front.

Nous avons usé toutes nos munitions à canon, à quelques coups de mitraille près, de même que toutes nos cartouches d'infanterie ; il est instant de venir à notre secours sous ce rapport, ainsi que de nous envoyer du pain.

L'ennemi a poussé un fort parti sur Briickendorf dont il s'est emparé; quelques caissons de ma 1*^ division qui, sans ordre, se sont rendus sur ce point, ont été détruits ; mon parc de réserve en était parti le matin pour Osterôde.

Notre perte en tués et blessés a encore été cet aprèsmidi considérable ; mais l'ennemi a beaucoup plus perdu, et je puis dire l'avoir battu sur le point que j'occupe maintenant, malgré sa supériorité.

P.-S. -r-T Je n'ai aucune nouvelle de M. le maréchal Davout. J'ai appris qu'hier vers neuf heures du soir, on a entendu de ma position d'Anckendorf une forte fusilladQ yer^ ^uftcjio^ft ç^ AUeosteio^ Aujou|'4')iui repnemj dirige

des forces sur Schlitt et Detterswalde ; une forte poussière

ou de la fumée de canon semble annoncer une action dans

cette direction. L'ennemi se retire à Tinstant devant moi,

on ne voit plus que ses avant-postes d'inÊuiterie et de

cavalerie. Je resterai de mon côté en bataille, adossé au

bois, à cheval sur les routes de Mohrungen et de Lieb-

stadt.

Net.

Note sur le général Zawœstine.

Tout Paris a connu pendant vingt ans le général Lawœstine, commandant en chef des gardes nationales de la Seine, et qui est mort gouverneur des Invalides, au commencement de 1870. Il était né en 1787.

Le père de M. de Lawœstine, le marquis de Bacelaer de Lawœstine, appartenait à une de ces grandes familles wallonnes qui servaient habituellement en France ou en Autriche. En France, il était allié aux Rohan-Soubise, et avait épousé une Française, mademoiselle de Genlis. Par la princesse de Ghistelle, sa tante, il devait avoir la Grandesse d'Espagne : il était enfin beau-frère du comte L. de Gobentzel.

Si son fils, M. de Lawœstine, se fût fait Autrichien, adopté par M. de Gobentzel, son oncle, il eût eu en Autriche une grande fortune et une grande position (1); mais, épris de la gloire française, il s'engagea fort jeune dans un régiment de dragons. En 1807, à Deppen, il était aide de camp du général Nansouty; plus tard, il fut attaché au général Sébastiani. Il était en 1814 un des brillants officiers de l'armée.

Ce fut lui qui, lors de la Restauration, imagina avec deux de ses amis, Jacqueminot et Lecouteux, d'aller se promener sur le boulevard et déjeuner chez Tortoni, tous les trois

(I) Mémoires de M"** de Genlis, p. 135 et suiv.

coiffés à Voiseau royale portant de grands habits bleus étriqués, des culottes blanches, des bottes à revers, et sur la poitrine Tordre du Lis ; enfin tout le costume des respectables vétérans de Tarmée de Condé, que le public appelait les voltigeurs de Louis XIV. On peut juger du scandale qui en advint. En 1815, M. de Lawœstine était colonel à Waterloo, où il se distingua. L'Empereur tombé, il ne voulut plus servir et se retira en Belgique.

En 1830, ramené par un sentiment patriotique qui ne s'éteignit jamais dans son cœur, et attiré par ses relations avec la famille d'Orléans, étant petit-fils par sa mère de M™** de Genlis, il reprit du service. Lors du rétablissement de l'Empire, le général Lawœstine était commandant supérieur des gardes nationales de la Seine. En 1863, il fut nommé gouverneur des Invalides.

Tous ceux qui l'ont connu ont conservé son souvenir. Je n'ai pas rencontré d'homme plus séduisant par la grâce de l'esprit, la distinction du langage et le charme des manières. Nul ne fut jamais plus fidèle dans ses affections. Quel qu'ait été son dévouement au gouvernement qu'il a servi, il sut toujours conserver son indépendance et une franchise de langage qui savait se faire écouter. Il s'était fait ime place à part ; c'était un type tout particulier, dans lequel se confondaient l'entrain du brillant officier de l'Empire et toute Télégance du seigneur d'autrefois.

Dans les souvenirs de sa jeunesse et de ses débuts dans la carrière, mon père occupait une grande place.

Net a Bbrthier.

Sur les hauteurs en arrière de Kallisten, 8 juin 1807.

Monseigneur,

L'Empereur ayant désiré connaître les forces de Tennemi dans sa position sur les hauteurs en arrière de Deppen, une reconnaissance composée d'infanterie et de cavalerie,

sous les ordres du général Maucune, a fait sur Deppen une attaque protégée par le feu de mon artillerie. Cette petite troupe, au nombre de 500 hommes, a passé la Passarge avec son intrépidité ordinaire, et a fait replier très rapidement les tirailleurs russes, quoiqu'ils fussent environ 2,000. L'ennemi a dès lors commencé à déployer ses forces, et TEmpereur a acquis la certitude qu'elles sont imposantes. Depuis le départ de S. M., on a continué à tirailler, et tout confirme que Tennemi est en forces et qu'il se prolonge vers Schlitt.

Cette petite affaire, où Tennemi a perdu du monde, est remarquable par la valeur qu'a montrée le 31® léger, et par Taudace du général Maucune. Nous avons fait 50 prisonniers, dont un officier.

M. le maréchal Davout m'a envoyé son frère pour me dire qu'il n'avait reçu aucun ordre ; je l'ai fait prévenir que l'intention de l'Empereur est qu'il se serre sur ma droite vers Deppen.

P.-S. — Le maréchal Lannes arrive à l'instant. Son corps d'armée se déploie à Ebersdorf.

Hauteurs en arrière de Deppen, le 7 juin 1807, à midi. Monseigneur,

L'ennemi fait continuellement des mouvements, tantôt par sa droite et tantôt par sa gauche. Ces mouvements sont insignifiants et n'indiquent aucune intention de reprendre l'offensive; ses avant-postes échangent de temps à autre quelques coups de fusil.

On n'entend rien ni ne voit rien du côté du maréchal Davout.

Ney.

Ney a Berthier.

Des hauteurs en arrière de Kallisten, 8 juin i807.

L'ennemi est rentré dans ses positions de nuit; il n'a laissé sur son front que des avant-postes et quelques pièces d'artillerie. — Un soldat du 27® régiment de ligne, pris à Scharnick dans la journée du 5, et qui s'est échappé dans la nuit du 6, rapporte qu'un officier russe lui a dit qu'à l'afiaire du 5, ils avaient plus de 30,000 hommes ; le garde impériale, commandée par le grand-duc Cons- •' tan tin, était à cette affaire, de même qu'à celle du 6. L'Empereur ne s'y trouvait pas.

Ney.

Ney a Berthier.

Guttstadt, 9 juin 1807.

Monseigneur,

Ce matin, à 5 heures, le corps d'armée a repassé la Pgtôsarge à Deppen ; l'arrière-garde ennemie venait d'abandonner la position qu'elle occupait derrière ce village. On a retrouvé l'ennemi à Heiligenthal ; il en a été chassé et successivement de Anckendorf, Quentz, Glottau et Guttstadt. Nous lui avons fait au moins 600 prisonniers, et nous avons repris environ 200 hommes tombés entre leurs mains, dans les journées du 5 et du 6. Notre perte se réduit à quelques blessés.

Les troupes ont généralement bien fait leur devoir ; l'ennemi a été repoussé jusqu'au delà de Stolthagen; ses forces principales se sont retirées sur Heilsberg, par les deux rives de l'Aile, et sur Seeburg et Wartemburg, par Guttstadt.

Voici quel est ce soir l'emplacement de mes troupes :

deux régiments d'infanterie légère occupent tous les débouchés qui conduisent à Guttstadt par la rive droite de rAUe.

La division du général Grouchy est à Althof ; elle pousse des reconnaissances sur Heilsberg, Seeburg et Wartemburg. Le reste de mon corps d'armée est établi sur les hauteurs en arrière de Guttstadt.

J'attends les ordres de Votre Altesse pour mes mouvements de demain.

Ney.

Nby a Bbrthier.

Au camp de Launau, 12 juin, 2 heures de Taprès-midi.

J'ai reçu l'ordre de mouvement que vous m'avez adressé de Heilsberg. J'ai pris tous les renseignements nécessaires sur la route à suivre pour se rendre à Eichhom, et j'espère prendre position à la droite et à la gauche de ce village ce soir à 10 heures. Si cependant je me trouvais gêné dans ma marche par des colonnes des autres corps d'armée, je m'arrêterais et n'arriverais alors que demain matin de très bonne heure.

Ney a Berthier.

Schmoditten, 13 juin 1807.

J'ai rhonneur de vous rendre compte que, conformément à vos ordres, mon corps d'armée, parti à midi de Eichhom, est venu prendre position, la droite à Schmoditten, et la gauche à Althof; les divisions campent sur deux lignes couvertes par le 31« d'infanterie légère.

La brigade d'infanterie, les 25^ et 31 « léger, que j'avais

laissée à Guttstadt, en est partie hier au soir pour se rendre à Eichhorn d'où elle se remettra en marche, après un repos de trois heures, pour se réunir au corps d'armée qu'elle aura rejoint sans doute avant huit heures du soir.

Ma cavalerie est réunie ici et mon artillerie est également arrivée; aussi je puis au premier ordre me porter en masse où l'Empereur l'ordonnera.

Ney.

Nby a Berthibr.

Friedland, 15 juin 1807.

Le 6® corps d'armée, parti hier de sa position de Schmoditten, est venu prendre position avant la bataille sur la hauteur, la droite près du chemin de Sortlack et la gauche vers Posthenen.

L'Empereur en faisant les dispositions d'attaque, ayant daigné me confier le commandement de l'aile droite de l'armée, j'ai marché à l'aile gauche des Russes commandée par le prince Gortchakow. Cette attaque s'est faite par échelons et par la droite, de manière que l'armée a fait une conversion à gauche, toujours en combattant. Les troupes ont eu à triompher d'une résistance opiniâtre et d'un feu terrible d'artillerie ; mais, combattant sous les yeux de Sa Majesté, elles devaient être invincibles. L'ennemi, culbuté par nos bataillons, a été mis dans une déroute affreuse ; il a laissé plus de 6,000 morts sur le champ de bataille ; notre attaque a été si brusque, que 2,000 hommes au moins ont été forcés à coups de baïomiette de se jeter dans l'Allé où ils se sont noyés. Nous n'avons encore pris que 20 pièces de ftanon et un parc d'artillerie. Toute la ville de Friedland est encombrée de blessés de l'ennemi ; [a hauteur en arrière de cette ville, sur la rive droite de 'Aile, ressemble à un champ de bataille, par la quantité le blessés et de morts qu'il y a abandonnés. La première

ligne ennemie que j'ai eu à combattre était commandée par le général Doctorow.

Je n'ai point perdu d'officiers généraux et supérieurs, plusieurs de ces derniers ont été blessés; j'évalue à 2,000 hommes la perte de mon corps d'armée.

Il y a eu dans cette journée trop d'actions d'éclat, trop de beaux traits de dévouement poiu* que je puisse les faire connaître; mais il est de mon devoir de dire que chaque officier, chaque soldat s'est montré digne de marcher sous les drapeaux du plus grand de tous les monarques.

Ney.

Extrait d'une lettre du général Victor, datée de Spanden^

8 juin 4807 y 8 heures du soir.

Quelques officiers prussiens ont félicité nos troupes d'avoir repoussé les Russes à Spanden.

Ils nous reprochent, ont-ils dit, que nous nous sommes montrés incapables de défendre notre pays ; nous verrons s'ils le défendront mieux.

Extrait du ra^pport d'un déserteur prùësien, sorti de Kœnigsherg le 4 A juin 4807, à 5 heures de V a/près-miii, rapport envoyé par Murât a V Empereur, le 45.

Les Prussiens voulaient rendre la ville; c'est le général russe qui s'y est opposé. L'empereur de Russie a, dit-on, donné Tordre de la défendre jusqu'au dernier homme i

L'infanterie russe est daus la ville j* toute la cavalerie, ainsi que l'infanterie prussienne^ est campée hors des murs, sur la rive droite de l'Aile et sur le chemin de Memel.

Les Russes se permettent beaucoup de mauvais traitements à l'égard des soldats prussiens.

MuRAT A l'Empereur.

Wehlau, 16 juin 1807.

Sire,

J'ai eu rhonneur de rendre compte à Votre Majesté que le même jour qu'elle portait le dernier coup à l'armée russe, je jetais le corps du général Lestocq et celui de Kamenski, et quelques bataillons venus d'Heilsberg, dans Kœnigsberg, que la cavalerie, principalement la division de dragons Milhaud, s'était distinguée, en chargeant et culbutant infanterie et cavalerie, en prenant 14 pièces de canon et faisant 2,000 prisonniers, dont 600 de cavalerie, qui par la rapidité de nos mouvements se trouvèrent coupés de la ville. Voilà, Sire, le rapport que j'ai eu l'honneur de vous faire de Kœnigsberg ; hier j'ai fait ma jonction avec l'armée, et ce soir j'ai fait exécuter plusieurs charges de cavalerie. Il est malheureux pour moi de ne pas m'être trouvé avec Votre Majesté le jour de la bataille, et que ma conduite n'ait pas été remarquée. Je crois que jamais, dans aucune campagne, je n'ai déployé plus de zèle et d'activité que dans celle-ci. Je ne me plains pas, Sire, j'expose seulement au cœur paternel de Votre Majesté mon affliction qui est plus grande que je ne puis le dire...

Je suis de Votre Majesté,

le très humble serviteur et très affectionné frère^

JOAQHlM.

Ney a l^EMpeRèuiI*

Insterbourg, 18 juin, 5 heures du matiil. Sire,

Conformément aux instructions de Votre Majesté, le corps d'armée, partant hier de Wehlau, est venu prendre

4ia NOTES

position à Saalau. La brigade de jcavalerie légère a poussé une reconnaissance jusqu'à Insterburg, où elle a commu-' nique avec une patrouille de la brigade de la cayalerie légère du général Beaumont, posté à Elein-Bubainen, rlye gauche de la Prégel.

La brigade de cavalerie légère du général Brujère a marché avec ma colonne. On a trouyé 5 à 600 ^le«ét. et malades à Insteri)u^. Les renseignements. porMI que les forces principales de Tenn^ood se sont dii^;éelsur Tilsit; il n'est passé ici que quelques ceataiitôs déCkh saques, des hommes égarés, des baffes et quelques po^ tiens de parcs d'artillerie, marchant jour et nuit pour atteindre Wilna.

Aujourd'hui le corps d'armée s'est mis en mouToment à trois heures du matin; je pousse ma cavalerie légère «n delà de Gumbinnen, au point de Gross-Baitsch^i, édttrant Stallupohnen, Brackupohnen et Grunweitschen.

Ma première division d'infimterie ira prendre posttiâi à Gumbinnen; la division de dragons occupera €k>rwiadbkehmén et Eszemaiken. La 2* division d'in&nterie restefi à Insterburg.

Les brigades de cavalerie légère des généraux Beaumont et Bruyère ne me sont d'aucune utilité, et présumant qu'elles pourront rendre plus de services vers le centre des colonnes de Votre Majesté, je les dirige sur Tilsit; elles occuperont pendant la journée le point intermédiaire de cette dernière ville à Insterburg, et après s'être rafraîchies pendant quelques heures, elles pourront être rendues demain de très bonne heure sur la Memel, vers Tilsit. J'attends les ordres de Votre Majesté sur le mouvement de demain.

J'ai rhonneur, etc.

Ney.

P.-*9. — Il y a ici des magasins de subsistances : on s'occupe à en faire l'inventaire.

Ney a Berthibr.

Insterburg, le 19 juin 1807.

Le général Colbert est entré hier à cinq heures de l'après-midi à Gumbinnen; l'ennemi, qui ne s'attendait pas à la marche forcée que le corps d'armée a faite, y a été surpris ; nous nous sommes emparés d'un parc d'artillerie contenant une quantité assez considérable de munitions. Il se trouve aussi à Gumbinnen des magasins de vivres que Tennemi aurait détruits, si les habitants assemblés ne l'avaient empêché à force ouverte. L'escorte du parc, forte de plusieurs centaines d'hommes, a été faite prisonnière.

Nous avons trouvé à Insterburg des vivres et des effets d'hôpitaux dont M. l'intendant général recevra les inventaires. Les paysans nous amènent à chaque instant des Russes égarés, qu'ils chassent devant eux comme des troupeaux de moutons; plusieurs centaines d'hommes ont été livrés de cette manière. Je fais faire aujourd'hui dans les forêts une battue qui, je crois, procurera beaucoup de

prisonniers.

^ Ney. ^ '^

Ney a Berthibr.

Insterburg, le 20 juin.

Nous avons déjà plus de 900 prisonniers déserteurs russes et prussiens; il en arrive encore à chaque instant amenés par les paysans; j'envoie tous ces hommes à Kœnigsberg.

Je n'entends plus parler de l'ennemi : chaque jour apporte de nouvelles preuves de l'affreuse déroute où il se trouve. Des personnes qui connaissent bien la Russie assurent que le malheur qu'elle vient d'éprouver l'ébranlé

jusque dans ses fondements, et que la confusion doit être telle, qu'un détachement de l'armée française pourrait pénétrer sans obstacle jusqu'à Saint-Pétersbourg. J'attends toujours des ordres sur la destination de mon

corps d'armée.

Nby.

Nby a Berthier.

Gumbinnen, 21 juin 1807^ 10 heures du soir.

Je viens de recevoir la lettre que Votre Altesse m'a fait l'honneur de m'écrire hier à dix heures du soir, pour me donner l'ordre de diriger mon corps d'armée sur Schirwindt.

Demain, à cinq heures précises du matin, la l»*® division d'infanterie, précédée de la brigade de cavalerie légère du général Colbert et de la 1"^ division de dragons, partira d'ici et environs pour aller prendre position à Stallupohnen, et le jour suivant à Schirwindt et Neustadt.

La 2® division d'infanterie partira également demain 22 d'Insterburg, pour venir à Gumbinnen* Le 23, elle se mettra en marche pour Stallupohnen; mais, si je rencontre l'ennemi un peu en force^ je ferai serrer cette division de manière à pouvoir agir en masse ; dans le cas contraire, elle me rejoindra le 24 à Schirwindt, avec un déta^ chement de dragons que je laisserai en arrière, afin que mes échelons et mes communications restent liés.

J'envoie un officier à Friedland pour faire marcher la garnison polonaise sur Insterburg et Gumbinnen; je saurai avant son arrivée dans cette dernière ville en quoi elle consiste, et alors je la disposerai de manière à éclairer ma droite. L'officier d'état-major ira de Friedland à Gerdauen, pour s'informer si le régiment polonais dont Votre Altesse me parle y est arrivé : dans ce cas, ce régiment recevra

l'ordre de se rapprocher de ma droite par Darkehmen et Goldop, de lier sa gauche avec ma droite, d'éclairer la route de Grodno, et de communiquer avec la division Zayoncheck. Le même officier se rendra ensuite à Rastenburg; il fera connaître la position de mon corps d'armée au général Zayoncheck, et invitera ce général à se rapprocher de ma droite, en tenant néanmoins la direction de Grodno, point essentiel à surveiller, et me prévenant de tout ce qu'il apprendra d'intéressant sur les mouvements de l'ennemi, et se liant toujours avec la gauche du maréchal Masséna.

Nby.

Ney a Berthier.

Gumbinnen, 21 juin 1807.

J'ai l'honneur de vous rendre compte que, dans les journées des 19 et 20, nous avons fait, aux environs de Gumbinnen, 300 prisonniers.

Nos patrouilles se sont avancées jusqu'au delà de Stallupohnen, sans rien rencontrer que quelques hommes isolés vers Kossen et Malwischken.

Une reconnaissance poussée sur Stallupohnen a rencontré au delà de cet endroit un poste de cavalerie ennemie. Elle a appris qu'à Istirm, situé deux lieues plus loin, il existe un corps de 2,000 hommes presque entièrement composé de Cosaques, et où se trouvent aussi quelques Prussiens.

Des rapports annoncent que la garnison prussienne de Dantzig est à Gassuben, situé à sept lieues d'ici, sous les ordres des généraux Ambert et Roquette. Je désire savoir si l'Empereur juge convenable de la laisser dans cette position, ou si Sa Majesté veut lui assigner d'autres cantonnements.

Des reconnaissances sont en marche sur Goldop, Nemersdorf et Darckmen; il doit y avoir 300 Cosaques aux environs du premier de ces endroits.

J*ai ordonné aux magistrats de cette province de &iie fidre des battues dans toutes les forêts pour ramasser les Russes isolés; cette mesure nous a déjà procuré plusieurs détachements de prisonniers que les paysans nous ont amenés.

; NbY.

Nby a Bbrthibr.

Stallupohnen, 21 juin 1807.

Le corps d'armée s*est mis en mouvement à cinq^ heures du matin, de Qumbinnen et Insterburg.

La brigade de cavalerie légère occupe Zigeseo» RsUe de Schirwindt.

La l*^ division d'infanterie occupe Lopkarten, Barrisch- Kemen et Stallupohnen.

La 1^® division de dragons occupe Gr. Uschballen, Petrikatschen, Packern et Druscken.

La 2® division d'infanterie occupe Gumbinnen avec un détachement de dragons.

Demain, à cinq heures du matin, le corps d'armée se mettra en mouvement pour venir s'établir à Schirwindt et Neustadt, à l'exception de la 2® division d'infanterie qui s'arrêtera à Stallupohnen, et n'arrivera que le 24 dans sa position.

Il y avait hier soir à quelques lieues en arrière de Wi^ ballen 150 Cosaques, qui se sont retirés derrière la Memel. Tous les renseignements que je reçois s'accordent à dire que l'ennemi a passé cette rivière. Je n'ai aucune nouvelle du corps d'armée du maréchal Masséna.

Net.

Nby a Bbrthibr.

Schirwindt, 23 juin 1807.

Le mouvement de mon corps d'armée s'est exécuté comme j'ai eu l'honneur de vous l'annoncer par ma lettre d'hier.

La brigade de cavalerie légère est en avant de Neustadt, route de Wilna.

Le 310 léger est placé derrière cette brigade pour la soutenir.

La l'^* brigade d'infanterie de la division Marchand est à Neustadt ; la 2® est à Schirwindt.

Une brigade de dragons est à Neustadt; les deux autres sont sur les flancs et en arrière de Schirwindt.

La 2^ division d'infanterie avec 100 dragons occupe aujourd'hui Stallupohnen : demain elle arrivera ici.

Je ferai demain quelques changements à ces dispositions pour me concentrer davantage : j'en rendrai compte à Votre Altesse.

Je viens de dépêcher un officier à Wirballen, pour connaître la situation de la garnison prussienne de Dantzig, et, conformément aux intentions de S. M., je la ferai désarmer et renverrai les soldats chez eux.

J'ai déjà envoyé hier un de mes aides de camp à Wirballen, pour vérifier les rapports que j'avais reçus sur les dispositions de cette troupe. Il paraît qu'il n'y a par bataillon que 70 hommes armés; la cavalerie a conservé une partie de ses chevaux, et les généraux Roquette et Ambert ont conservé 2 pièces de canon. Je désirerais avoir une copie de la capitulation de Dantzig, dont il serait peut-être nécessaire que je connusse les dispositions. Je ne pense pas au surplus, quelle que soit cette capitulation, que la prudence permette de laisser subsister au milieu de nous une troupe même désarmée.

Des soldats des 32° et %^ régiments, faits prisonniers

depuis longtemps, ont déserté de la rive droite delaMemel, au-dessus de Girgenburg. Il paraît qu'il n'existe plus sur la rive gauche que quelques Cosaques épars çà et là. Toute l'infanterie, les bagages et l'artillerie sont en marche par Wilna sur l'intérieur de la Russie.

Net a Bbrthibr.

Schirwindt, 24 juin 1807.

Le mouvement du corps d'armée est terminé : la brigade de cavalerie légère occupe Sitow, route de Wilna; elle a déjà poussé des reconnaissances fort en avant sur Kowno, sans avoir reçu aucun renseignement sur l'ennemi, sinon que cette dernière ville a été occupée le .... du courant, par des hussards jaunes qui se sont retirés, à l'approche des Français, sur Neustadt.

Le 31® régiment est placé en deçà de Sitow, de manière à soutenir au besoin la cavalerie légère.

La 1''° brigade de la division du général Marchand occupe Kleppy, autre route de Wilna et Grodno ; elle se lie avec le 31° et la cavalerie légère.

La 2° brigade est à Neustadt.

La 2° division d'infanterie, commandée par le général Bisson, occupe Schirwindt.

La l''« division de dragons est cantonnée sur les deux rives de la Szesckuppe, à une lieue au-dessous de Schirwindt.

J'ai envoyé le 39° régiment de ligne et un détachement de 100 dragons à Wirballen, tant pour couvrir ma droite et les communications de Grodno que pour hâter le désarmement des troupes prussiennes de la garnison de Dantzig. Un de mes aides de camp, chargé de cette opération, me mande qu'il ne trouve aucune opposition de la part des ^f oupes établies à Wir^aUen^ e^, qu'il attend la réponse des

officiers généraux qui commandent les autres détachements répandus dans la Prusse orientale.

Le pays que nous occupons a été épuisé par les livraisons considérables qu'il a été obligé de faire à Tarmée russe ; Thabitant est généralement pauvre, et il serait impossible de rester plusieurs jours concentrés comme nous le sommes, sans que le soldat, en cherchant des vivres, ne dévastât ce pays comme les rives de F Aile.

J'ai prescrit à Tordonnateur de réunir les magasins abandonnés par l'ennemi, et d'établir des manutentions. Si, en attendant le résultat de ces mesures, il est possible de nous envoyer de Tilsit quelques convois de pain ou de riz, ce secours sera très utile au corps d'armée.

Ney.

Ney a Berthier.

Schirwindt, 25 juin 1807.

Monseigneur,

J'ai reçu copie de l'armistice que l'Empereur vient de conclure avec la Russie. Je ne puis, comme Votre Altesse me le prescrit, me concerter avec les généraux russes qui sont devant moi, puisque toutes les troupes de cette nation ont passé la Memel et se sont repliées sur Grodno. La limite entre les deux armées sur le développement de mon front est infiniment trop étendue pour que je puisse la garder; d'ailleurs ce pays, naturellement pauvre et totalement épuisé dans ce moment, ne peut nourrir mon corps d'armée. Les troupes légères polonaises, qui ont l'avantage de parler la langue du pays, me paraissent plus propres que toutes autres à garder le cours du Niémen et le reste de la droite jusqu'à la Narew et au Bug. Je prie Votre Altesse de me faire connaître le territoire que je puis occuper en arrière de mes positions actuelles, et je lui propose l, cet 0jgard les dispositions suivantes '} ' ' > '

':-»l>fk»>> .«,,-..'

La cavalerie légère est à Sitow , Yzaki, Gnsiszkabuddc, Neastad et Schirwindt.

La division de dragons à Pickallen, Stallupohneii et Wirballen.

Lal'^divisiM d*in£ftnterie à Gombinnen, jusqu'à Stallupohnen exclusivement.

La 2* division d*infanlerie à Insterburg; jusqu'à Guinbinnen.

L'artillerie entre Insterburg et Gumbinnen; le quartier général dans cette dernière ville.

Les troupes ainsi établies se referaient de leurs &tigaes dans de bons cantonnements, tandis que si elles sont obligées de se porter sur la Même} , et jusqu'à la droite de la démarcation fixée par l'armistice, elles ne pourront vivre que des magasins éloignés, moyen de subsister totalement précaire, lorsque l'on n'a que des transports de réquisition.

Je vous prie, Monseigneur, de me faire connaître les intentions de l'Empereur à cet égard.

J'ai contremandé les ordres que j'avais donnés pour le

désarmement des Prussiens de la garnison de Dantzig;

cette mesure n'aurait pu être exécutée avant huit jours.

Cette troupe a encore 7,000 hommes sous les armes.

Le général Rouquette qui la commande est venu me voir

ce matin; il m'a dit qu'il était prêt à faire tout ce que

l'Empereur ordonnerait; il demande la permission de se

retirer avec son monde sur Bialystock, à moins que Votre

Altesse ne lui assigne d'autres cantonnements sur les de^

rières de Tannée française. Il attend ainsi que moi vos

ordres à cet égard.

Net.

Net a Berthibr.

Schirwindt, 26 juin 1807.

Je viens de recevoir les rapports des généraux Dornbrowski et Zayoncheck : le premier établit aujourd'hui sa

division à Goldop, jusqu'à la hauteur de Wistiniu ; le second est à Oletzko, étendant sa gauche jusqu'à Przerosl. J'ai envoyé à ces deux généraux copie de Tarmistice, en les invitant à attendre dans leurs positions actuelles la décision de Votre Altesse sur remplacement définitif des troupes. Je prie Votre Altesse ou d'adresser directement des ordres à ces deux généraux ou de me les faire passer pour que je les leur transmette.

Le général Zayoncheck me mande que, d'après les dernières nouvelles qu'il a reçues, M. le maréchal Masséna est toujours dans sa position de l'Omelef ; il lui a dépêché un officier qui n'est pas encore de retour. Il existe un intervalle de trente à trente-deux lieues entre la droite, du général Zayoncheck et la gauche du 6» corps.

Mon corps d'armée a pris aujourd'hui des cantonnements provisoires à une très petite distance de Schirwindt et de Neustadt. Mes avant-postes occupent Pilwiseck , Grziszkabudzic, Sytow, Szaki, se liant avec le général Lasalle à Kdule.

Je prie Votre Altesse de me faire connaître si l'intention de l'Empereur est d'accorder des cantonnements sur les derrières de la grande armée aux troupes prussiennes de la garnison de Dantzig. Le général Rouquette attend les ordre de S. M.

P,-S. — Je reçois à l'instant votre lettre, datée de Tilsit du 22, qui contient des instructions sur la position à occuper par mon corps d'armée, pendant l'armistice , sur la rive gauche du Niémen.

Votre Altesse me parle de faire camper les troupes. Cette disposition exige préalablement la formation de magasins, et cet établissement est sinon tout à fait impossible, au moins extrêmement difficile, dans le pays qui nous est assigné. Le terrain compris depuis le chemin de Wiclona, rive gauche du Niémen, jusqu'à celui d'Olitta, est un désert affreux, que les Russes et les Prussiens ont achevé d'épuiser. Quoi qu'il en soit, en attendant Tordr j d'en prendre possession, j'envoie sur les lieux un officier

488 HOTËà

ches que M. le général cofTftnandaîit en chef avait appfOttvfe^ au moment du départ de €Uogau. Je yons prie, Monsieur le Général, d*en transmettre au chef de l'état-major et aux colonels sous yos ordres. Lorsque le corps sera arrivé au lieu de sa destination, je tous enverrai le nombre nécessaire pour les expéditions journalières.

Vous verrez, Monsieur le Grénéral, que le but de cette mesure est de mettre de Tuniformité dans les z^oeigiîements que Ton doit donner à Sa Majesté, et que l^t^^ét et llionneur même de chaque division est que ces relatiiràis soient bien établies. Ces formules épargneront aussi une partie du travail aux che& d^état-major, puisqu'il n*j aura qu'à les remplir d'une manière sommaire, les jours où Ton serait pressé, sauf à les rectifier ensuite, lorsque tous les renseignements seraient parvenus. Veuillez, Monsieur le Général, tenir la main à ce que ce travail s'exécute, et chfiurger spécialement un officier de la division de rassembler tous les documents nécessaires à cet effet.

J'ai l'honneur de vous saluer avec une haute considération.

JOMINI

ÛRDas DU joim.

Davis, le {•* octobre iSOl.

Conformément aux ordres de S. E, le ministre directeur, tous les caissons du 4^ bataillon des équipages militaires seront remis par les différents corps à leur passage à Bordeaux , oii Ton doit s'occuper de les réparer, avec la plus grande célérité possible. La 2^ division ne passant pas par Bordeaux, on devra décharger les caissons à Mussidon, afin qu'ils puissent continuer leur route sur Bordeaux. Les corps feront ensuite parvenir leurs gros bagages jusqu'à Bayonne, par la voie du roulage.

Messieurs les colonels se conformeront strictement aux dispositions ci-dessus.

S. E. le ministre directeur a pris la décision ci-après, en date du 26 septembre, pour fixer les bases de la liquidation des frais de transport avec les différents régiments,

Savoir :

Art. l*'*.

Chaque caisson du train des équipages militaires fourni aux troupes des l^^'et 6® corps de la Grande-Armée pendant leur marche dans Tintérieur de l'Empire , sera compté en déduction des indemnités de transports directs et de convois militaires à leur allouer, à raison de 500 kilogrammes pesant pour les transports directs, et d'une voiture à deux colliers pour les convois militaires.

Art. 2*

Il sera accordé pour les éclopés , s'il est nécessaire , un supplément de moyens de transport au delà de la fixation déterminée par le décret du 10 avril 1806; mais ce supplément ne pourra excéder :

Une voiture à quatre colliers, par bataillon d'infanterie ou par régiment de cavalerie ;

Une voiture à trois colliers, par détachement de loO à 200 hommes.

Art. 3.

Le nombre de caissons d'équipages militaires accordé à chaque régiment, pour sa route de Mayence à Bayonne, sera indiqué à "S. E. le ministre d'État, directeur général des revues, avec invitation d'en faire faire déduction dans le décompte des revues à établir en faveur de ces corps, pour indemnité de transports directs et de convois militaires.

Art. 4.

Chaque régiment, pour justifier de ses droits à l'indemnité accordée à titre de convois militaires par l'article 2 cidessus, sera tenu de remettre au sous-inspecteur chargé de

passer ses revues, un état indiquant le nombre de colliers pris par le corps dans ôhaque gîte, en excédent de la fixation déterminée par ie décret du 10 avril 1806, sans que toutefois cet excédent puisse s'élever au delà du supplément qui vient d'être fixé. Cet état sera certifié par le colonel du régiment, et arrêté par le Commissaire des guerres ayant la police du corps.

Par ordre du général commandant en chef le 6^ corps dVmée.

Le Chef de TÉtat-Màjor général du 6« corps.

JOMINI

GUERRE D'ESPAGNE Lft iiA&écHA.L Nbt au oéNéRAL Marchanb, gomkanoant

PAK INTàaiM LB 6® CORPS D'AHlfàB.

Oyon, le {•' novembre 1807.

Je viens de recevoir, mon cher général, la lettre que

vous m'avez écrite de Bayonne le 26. Je suis fort aise que Ton ait dirigé le corps d'armée par la Navarre, comme je l'avais demandé : les troupes pourront prendre dans ce pays, qui offre des ressources^ quelques jours de repos avant d'entrer en action, et pendant ce temps-là notre artillerie arrivera.

J'écris à M. le maréchal Moncey, pour le prier de vous assigner de bons cantonnements aux environs de Pampelune : je ne pourrai rejoindre le corps d'armée qu'après avoir vu l'Empereur à Vittoria, où il est attendu du 5 au 6 de ce mois.

Je ne saurais vous exprimer, mon cher général, combien j'aurai de plaisir à vous revoir et à me retrouver au milieu des braves troupes du 6® corps.

J'ai l'honneur de vous saluer.

Le Maréchal duc d'EIchingen,

^ NiiY.

A Son Altesse sérénissime Monseigneur le Prince de Neufchâtel, vice-connétable,

Vittoria, 2 novembre 1807.

Monseigneur,

Votre Altesse a vu, par le rapport que j'ai eu Thonneur de lui adresser hier, que Tennemi qui attaquait M. le maréchal Lefebvre à Durango, a été culbuté et repoussé jusqu'au delà de Zernoza. Aujourd'hui, M. le maréchal Lefebvre rend compte qu'il est entré hier à Bilbao, où il n'a trouvé qu'une faible arrière-garde, qui a fait peu de résistance; l'ennemi s'est retiré en grande partie sur Valmaseda.

Sa Majesté m'a ordonné de prescrire à M* le maréchal Lefebvre de chasser l'ennemi de Valmaseda, si cela n'est pas encore fait ; de rester en position à Valmaseda avec son corps d'armée ; de renvoyer à M. le maréchal Victor la division de M. le général Villatte* Elle m'a chargé d'ordonner à M. le maréchal Victor de seconder le mouvement de M. le maréchal Lefebvre sur Valmaseda, si cela était nécessaire; de revenir ensuite à Osma par Orduna, avec son corps d'armée, d'où, il viendra s'établir entre Vittoria ot Miranda. M. le maréchal Bessières se portera en avant de Pancorbo, et la cavalerie sera portée le plus près possible de BurgoSi

Sa Majesté m'a chargé d*écrire à M. le maréchal Ney qu'elle désirait qu'il se rendît à Pampelune, pour se mettre à la tête de son corps d'armée. La division de M. le gêné* rai DessoUes, étant destinée à faire partie de la réserve, prendra le nom de première division de la réserve.

Sa Majesté m'a ordonné d'écrire à MM. les maréchauit Moncey et Ney, qu'elle désirait que le corps de M. le maréchal Ney remplaçât successivement celui de M. le maréchal Moncc/ vi lUs les positions qu'il occupe, de manière que le centio :'.vi corps de M. le maréchal Moncey soit à

Logrono, la gauche à Lodosa et la droite à la Guardia. Le corps de M. le maréchal Moncey sera ainsi disposé à déboucher par le pont de Logrono, et la division de M. le général Dessolles viendra Joindre Sa Majesté* à Miranda.

A mesure que ces mouvements s'exécuteront, on réunira à chaque corps d^armée les régiments qui lui sont assignés par le décret impérial du 7 septembre.

J*ai rhonneur d'êtiie avec respect, Monseigneur, De Votre Altesse sérénissime,

Le très humble et très obéissant serviteur,

Lb MAKéOHAL JOURDAN.

A Son Altbssb sânâNissiMB Monsbignbur lb Paincb

DB NbUF( HATBL.

Pampf.:i!ne, le 3 novembre 4SD7, Monseigneur,

Il est entré hier en cette place le bO® régiment de ligne, fort de 2,345 hommes, officiers compris; le 59® régiment de ligne, fort de 2,354 hommes, officiers compris, faisant partie du corps d'armée de M. le maréchal, et formant la 2® brigade de la 2® division. La 1**® brigade de cette division, composée des 27® de ligne et 25® légère, dont j'ai donné la force à Votre Altesse par ma dernière lettre, est partie hier matin par les ordres de M. le maréchal Moncey, pour la Puente de la Reyna El Lerin.

Le 3® de hussards et 15® de chasseurs à cheval restent jusqu'à nouvel ordre dans leurs cantonnements sur la route de Tafalla. Le général Golbert qui commande cette cavalerie est ici.

Le général commandant,

d'Agoult.

A Son Altbssb séiiéNissiMB Monsbionbur lb Princb

DB Nbufchatel.

Pampelune, le 3 novembre 1807.

Monseigneur,

Gomme il est nécessaire que Votre Altesse connaisse tout ce qui se passe pour en faire un tel usage qu'elle jugera à propos, surtout dans un moment aussi important, je lui envoie le ruban (1) que m'a remis un prisonnier de guerre fait à Lerin, et qui prétend avoir été forcé de servir contre nous. Il est Napolitain, et appartient à une bonne famille. Ce ruban est la distinction de Tordre créé par les insurgés; on y suspend un aigle renversé, percé de deux épées, avec la devise : Vainqueur de Napoléon.

Une femme sortie de Saragosse et arrivée hier en cette place, dit dans la société espagnole que les troupes espagnoles étaient devant Tudela assez en force, ainsi que du côté de Saragosse, mais qu'il y avait peu de monde à Saragosse. On lui a demandé si on y avait connaissance de l'arrivée des troupes françaises; elle a répondu que oui. On lui a demandé que] le défense Saragosse prétendait faire : « Mourir plutôt que de se rendre. »

Tel est l'entêtement bien connu de presque tout le peuple de ce royaume, et qui gagnerait jusqu'en Navarre, si nous n'y occupions pas la capitale et la seule place forte.

Le serment de fidélité au roi Joseph y a été refusé par tous les fonctionnaires et salariés, à l'exception de quelques vétérans et invalides, Français d'origine et dévoués aux Français.

Le vice-roi est tout ici ; il n'a d'autres autorités espagnoles pour lui que les magistrats de la ville ; mais il faut fortement les activer pour leur faire faire le service.

(1) C'est un ruban colorié longitudinalement en trois bandes égales Touge^ jaune et rouge.

S'il était possible, au refus des Espagnols, de placer des Français pour le premier moment, le service ne serait point en souffrance. Les Espagnols seraient stimuliés, et. leur amoup-propre les engagerait à accepter les places, plutôt que d*y yoir arriver les Français, et cela les déterminerait au serment.

Quelque temps avant Tarrivée des àendèjpeik troupes, Tannée espagnole s'était recrutée en Navarre par le moyen d*un tirage au sort, à raison d*un sur trois. Ceux ton]J)és au sort ont rejoint, les âmodûes aujourdliui les regrettent

Le général commandant,

d'Aôoult.

Lb PrINGB DB NbUFCHATBL au GéNéRAL GOLBfiltT.

n est ordonné à M. le général Golbert, commandant la cavalerie légère du 6® corps d'armée, qui a dû partir ce matin de Tolosa, de s'arrêter avec cette cavalerie dans là vallée, où il recevra le présent ordre, et d'y prendre position jusqu'à nouvel ordre.

M. le général Golbert, en me rendant compte de l'exécution de cet ordre, me fera connaître, d'une manière très précise, son emplacement.

Au quartier impérial à Marrac, le 3 novembre 1808. Le Prince de Neufchâtel,

Vice-Connétable, Major-Général de TEmpereur,

Alexandre.

Le général Marchand au général Golbert. •

Bayonne, le 3 novembre 1807.

L'Empereur vient d'arriver, mon cher général, et m'a fait appeler de suite. Il a été très fâché qu'on eût dirigé

le 6^ corps sur Pampelune. Il voulait qu'il fût rassemblé en entier à Tolosa. Il m'a ordonné de vous prescrire de cantonner sur la route de Tolosa, en arrière de Pampelune plutôt qu'en avant. Là vous ferez ferrer les chevaux, faire les petites réparations nécessaires et reposer votre troupe. Il serait très possible que l'Empereur fît revenir votre brigade à Tolosa, mais il faudra attendre de nouveaux ordres.

Votre artillerie arrivera demain à Tolosa, où je l'arrêterai, jusqu'à ce que le prince Alexandre m'ait fait connaître les intentions de Sa Majesté.

Si l'ennemi nous attaquait et que vous jugeassiez que vos deux régiments seraient nécessaires pour le repousser, vous devriez les faire donner; mais ce n'est que dans ce seul cas que vous devez vous approcher de l'ennemi.

Je pars de suite en poste pour me rendre à Tolosa, où j'arrêterai tout le restant du corps d'armée. Si vous avez quelques nouvelles de l'ennemi, faites-les moi connaître par le retour de l'officier d'état-major.

Si M. le maréchal Moncey vous avait déjà placé en face de l'ennemi, vous lui feriez part de ma lettre, afin qu'il connaisse les intentions de Sa Majesté.

J'ai l'honneur de vous saluer amicalement.

Le général de division, commandant par intérim le 6® corps,

Marchand.

A Monsieur le général Golbert.

Tiebos, le 4 novembre 1807.

Mon Général,

Les cantonnements qu'occupe mon régiment offrent quelques ressources : la subsistance de la troupe y est assurée ; il n'existe pas de foin, mais les chevaux ont de la paille et du grain, mêlés à la vérité, mais qu'ils mangent

bien; de cette manière, nous pouvons rester au moins six jours comme nous sommes. Je ne couvrais en arrière de Pampelune que les villages qui sont sur la grande route et à une distance très éloignée, c*est-è.-dire les lieux d'étape où nous avons passé; conséquemment, il est impossible de vous dire sHls sont meilleurs que ceux que nous occupons. Lorsque les ressources nous manqueront, f aurai rhonneur de vous en rendre compte.

Yeuillez agréer, mon général, Passurance de mon respectueux dévouement.

MOURIBZ,

Colonel du 15« de chasseurs (1).

4 novembre 1807..

Monsieur le Maréchal,

J^ai rhonneur de vous rendre compte que M. le maréchal Ney étant parti ce matin pour se rendre à Pampelune, j*ai pris le commandement des troupes sous ses ordres. Je

n*ai rien changé à ses dispositions ; par conséquent, les troupes gardent toujours la même position.

L'ennemi est toujours à Nalda, et nos reconnaissances se sont rencontrées avec les siennes à Lardero, village à une lieue de Logrono ; cependant, il paraît, d'après les renseignements qu'on s'est procurés, que l'ennemi est beaucoup plus faible qu'il ne l'était il y a quelques jours ; cela est encore confirmé par les rapports des reconnaissances que j'envoie de Mendavia, sur la rive droite de TÈbre. Tous les rapports disent que l'ennemi fait filer beaucoup de troupes sur Saragosse.

Quant aux dispositions que vous ordonnez relativement aux mouvements de M. le maréchal Moncey sur Logrono,

(1) D'après cette lettre, on voit que c'est à tort que le maréchal Ney, dans son rapport du 5 juin 1807, sur le combat de Guttstadt, avait porté le colonel Mouriez comme tué.

je les ferai exécuter au fur et à mesure que les troupes de ce maréchal arriveront, et j'aurai Thoiiiieur de vous en rendre compte.

Le Général de division,

Dbssollbs.

Berthier au maréchal Ney.

Tolosa, ce 4 novembre, & minuit.

Je vous préviens, M. le Maréchal, que TEmpereur n'a pas approuvé la marche de la division Besson sur Pampelune; que je donne Tordre au 31® d'infanterie et à toute la division Marchand de se diriger sur Vittoria, ainsi qu'à toute l'artillerie du 6® corps. L'Empereur désire que la cavalerie du général Colbert et la division Bisson partent demain pour Logrono, et que vous, M. le Maréchal, soyez dès demain de votre personne à Logrono. L'intention de Sa Majesté est que provisoirement les 14®, 44®, et les deux régiments de la Vistule continuent à rester aux ordres du maréchal Moncey. L'Empereur aura demain son quartier général à Vittoria. Le maréchal Lefebvre marche sur Santander, et le maréchal Bessières sur Burgos, soutenus par le maréchal Victor. Gomme je vous l'ai dit, l'Empereur désire que vous soyez demain de votre personne à Logrono. Vous m'enverrez un officier d'état-major à Vittoria, avec un rapport sur la situation des choses, ce qui servira à déterminer l'Empereur sur les opérations du 7 et du 8.

Berthier.

îu i^.

Lb MA&iGHAL KbT AU OÉNÂBAL GOLBBET.

TafoUa, le 5 novembre 1807.

Vos lettres me sont parvenues, mon cher général; vous ne devez pas douter du plaisir que j^aurai à vous revoir et à me trouver encore à la tête de ce brave coips d'armée.

Je vous invite à ne faire aucun mouvement et à ne remplir aucun service, sans un ordre piositif de FEmpereur ou de moi. Il fisiut tâcher de procurer quelques instants de repos à la troupe, et en profiter pour vaquer aux réparations les plus urgentes.

Adressez-moi Fétat exact liés hommes présentis sôus les armes, avec rétat nominatif des officierai *

J'ai rhonheur de vous sieduer.

Lé Maréchal duc d'Ëlchingen,

A MONSIBUR LB GéNéRAL GOLBB&T.

A Tolosa, le 5 novembre 1807.

L'Empereur, mon cher général, vient de me donner Tordre de faire partir votre brigade pour Viana, en passant par Estella ; votre brigade marchera avec la division du général Bisson et formera son avant-garde. Elle bivouaquera à une demi-lieue de distance de Tinfanterie. Vous vous concerterez avec le général Bisson pour la marche que vous aurez à tenir pour arriver à Viana, où vous devez être le 6 ou le 7 au plus tard ; vous aurez immanquablement reçu votre artillerie, et vous la ferez marcher avec vous.

J'ai l'honneur de vous saluer.

Le Général de division,

Gommatndant en chef par intérim le 6® Corps»

Marchand,

A Monsieur le général Colbert.

Note.

Il n'est point fait mention dans Tordre du mouvement des cinq bataillons arrivés hier soir à Tordesillas. J'ai envoyé l'adjudant prendre des ordres chez M. Jomini.

Je ne sais pas si les adresses de l'ordre pour le 3® et le 15® sont exactes.

L'Adjudant commandant,

Réveil.

Je vais me débarbouiller un peu et me rendre de suite chez le général.

Je pense que les voltigeurs pourraient aller à la distribution avant de partir; il y a du pain pour une ration par homme.

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