A. GOLBERT
A Son Altessb sérénissime Monseigneur le Princb
DE Neufchatel.
Mondragon, le 8 novembre 1808, h 1 heure 3/4 du matio.
Je viens de recevoir Tordre que Votre Altesse sérénissime ïn'£^ adressé pour faire partir de gviUe pour Vittoriales deux
régiments de la l'« brigade de ma division, la moitié de mon artillerie et celle de la division du général Bisson. Cette dernière artillerie est déjà en route, et les deux régiments vont partir de suite. Mais l'artillerie de ma division est encore en arrière, et elle ne pourra arriver que ce soir fort tard ; ses chevaux sont en bien mauvais état, et elle ne voyage qu'avec beaucoup de difficultés.
Le 39® régiment est arrivé ici ce matin, venant de Bergara. Le 76®, qui ne part qu'aujourd'hui de Tolosa, doit venir couchera Bergara,* et arrivera demain matin de bonne heure à Mondragon.
Si je ne reçois pas d'ordre pour faire partir demain la seconde brigade de ma division, j'enveriài six pièces de canon pour rejoindre la première.
Je suis avec respect.
Monseigneur,
De Votre Altesse sérénissime,
Le très humble et très obéissant serviteur, Le Général de division, Marchand.
Je n'ai toujours point de nouvelles de la compagnie de mineurs hollandais ; il paraît que cette compagnie est décidément passée il y a deux ou trois jours.
Net a Berthier.
Burgos, le 11 novembre, à H heures du soir.
Monseigneur,
Conformément aux ordres de Votre Altesse, j'ai expédié un courrier au général Dessolles pour partir deLogrono,le 10 du courant, à la tête de sa division, se diriger sur Genillo, et arriver à Briviesca par Poncorbo le 11. Ce général m'écrit de IJaro, le IQ, pour m'informer <jue ce n^oi^vement
eBtponclttellement exécutÉ, mais qu'il a préféré p Ift toute pai' San-DomÎDgo de la Cozalda, afln d'anÎTvlt 11 k Belloredo. Je viens, en conséquence, de lui euwja l'ordre de rester dans celle dernière position et d'y st de nouveaux ordres.
Les 0' léger, 69" de ligne de la division Marchaiia,,Bt Bl» léger de la division Mermet, sont arrivés ce soir en sn rièiede Burgos. Un rapport indirect m'annonce que la brigade du général Marcognet a é té arrêtée à Miranda, par ordre de S. M. le roi d'Espagne, afin d'établir l'ordre dans cette ville et d'y tenir garnison.
Je suis avec ua profond respect.
Monseigneur, De Votre A"
Le très humble et obéissant serviteur, iio Maréchal, commandant en chef le 6* Corps d'&rméG,
Burgos, le li novembre 1808. 1
Monseigneur, J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Âltcsse sérénis- | sime que le 6" régiment d'infanterie légère est parti immédiatement après la revue que Sa Majesté en a passée ce matin, pour aller prendre position à Villarieso, route i Lerma.
Le 31" d'infanterie légère est également parti après larevue, pour se diriger sur Quienlana Dueuas, et Arrogat, route de Santander.
Je prie Votre Altesse sérénissimo d'agréer l'asaurance de ma haute conai dé ration.
Le Maréchal duc d'EIchingen,
Nbt.
A Monsieur le Prtnce de Neufchatel.
Burgos, ce 13 novembre 1808.
Mon cousin, écrivez au maréchal- Ney que demain, à neuf heures du matin, je passerai la revue des cinq régiments qui sont ici, dans une plaine, sur le chemin de Madrid, que le désire que les corps y soient rendus.
Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne
garde.
Signé: Napoléon.
Ney a Bbrthier.
Burgos, le 14 novembre 1808.
Monseigneur,
Le général Mermet m'écrit ce matin de Hermeses, qu'il a poussé une reconnaissance de 300 hommes sur la route de Villarcayo, pour soutenir cinquante dragons de la garde qui se dirigent sur ce point, pour chercher M. le maréchal Lefebvre.
Ce général a écrit à M. le maréchal Soult, pour le prévenir de son arrivée. Les habitants lui ont rapporté, qu'avanthier matin, quatre officiers espagnols sans troupes passèrent à Hermeses précipitamment.
Le général Dessolles, qui est toujours établi à Heas et environs, a fait reconnaître la route de Palazuelos, qui conduit par les montagnes versLerma et Aranda; cette route est très mauvaise, mais il n'est pas impossible d'y faire passer de l'artillerie.
Je prie Votre Altesse sérénissime de recevoir l'assurance de ma haute considération.
Le Maréchal duc d'Elchingen,
Ney.
Mbt a Bbbthibh.
ICoiueigneur,
J'ai rhoniiear de tous Tendre compte que la divM Harqjiaiid est partie ce Boaiin de Tarazoaa, pour venir oo- • CUper Galluret Malle»; elle était précédée de la cavalerie légère du général Beaumoo t, quia pris poaiLioa à Âlrala de Ëbro.
Ia diviaioii DessoUes, partie ce matin d'Agreda, s'éiablil ce eoir & Boija.
Demain, à la pointe du jour, je continuerai mon mouvemenl sur Saragoa&e par Akgon. Quelques troupes de M. le maréchal Moncey occupent cette dernière ville ; U reste paraît avoir pris la direction de Caiatayud etdeDaroca, pour empêcher que l'ennemi ne se jette dans Sara- .* gosse.
D'après tes renseignemenlx que j'ai recueillis, rennemi n'avait que quarante mille hommes h la bataille du 23, près de Tudela. La division du L;éuéral Redin^, forte do quinze mille hommes des meilleures troupes, dont trois mille de cavalerie, a été détachée en Catalog'ne.
n serait bien essentiel, dans les circonstances actuelles, de cooniûtre les intentions de l'Empereur, aûn de prendre d'avancé des mesures pour assurer la su bsistance des troupes, le pays sur la droite de l'Ébre étant absolument dévasté.
On assure que Saragosse se rendra, si la ville est défendue par des troupes de ligne; mais on craint une défense vigoureuse si les milices de l'Aragon et de la Catalogne ont le temps de s'y rassembler. Cette opinion qui est générale parmi les principaux habitants, et la nécessité de relever les troupes que le maréchal JJoncey, a laissées pour observer cette place, m'ont déterminé à accélérer ma marche.
Je prie Votre Altesse d'agréer Tassurance de ma respectueuse considération.
Le Maréchal duc d'Elchingen,
Net.
P, S, — Je reçois à l'instant la lettre que Votre Altesse m'a fait Thonneur de m'écrire le 25, à deux heures du matin. Elle s'étonne avec raison de la lenteur que les officiers mettent à porter leurs dépêches ; j'ai cependaat toujours eu le soin d'établir partout des postes de correspondance ; mais les colonels, quels que soient les ordres qu'on puisse leur donner, y placent leurs chevaux hors de service. J'ajouterai à cela que ma cavalerie est accablée de service, et que j'ai écrit vingt fois et inutilement pour que mes postes les plus éloignés fussent relevés par les dragons du général Latour-Maubourg. Vous jugerez sans doute, Monseigneur, qu'il est nécessaire de prendre les mesures les plus sévères pour que le service des correspondances se fasse avec toute la régularité possible : cela est plus essentiel dans ce pays que dans tout autre.
Ney a Berthter.
Âlagon, le 30 novembre 1808, 10 heures du soir.
Monseigneur,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 28, à huit heures du soir.
Conformément aux dispositions de S. M., je pars demain matin pour Galatayud et Arize, pour me mettre à la tête de la division du général Maurice Mathieu ; la division de cavalerie du général Lefebvre, composée des brigades Colbertet Dijeon, suivra cette division et ouvrira la marche après l'avoir rejointe.
4Sa NOTES
La division da ^^néral Marchand avec le 2^ hossaids, tonnant la 2® colonne, forcera de mardies pour atteindre la précédente à nne'demi-jbnmée.
Enfin la troisième colonne, forte de la division Desselles et de la brigade de cayalerie du général Beaomont, prendia également la direction de Galatajud et de Sigaenza ; là, je saurai positivement si Gastanos a continué sa retiaitie sv Madrid, ou sll a inarclié à gauche pour se jeter dans Valence.
M. le maréchal Moncèj se bornera à observer Safagossè, car il n'a pas le tiers des troupes quUl faudrait pou^ investir cette ville et donner suite aux opérations du si^.
Je vous renouvelle, Monseigneur, rassoraince de ma respectueuse considération.
Le Maréchal duc d*£lchinigen,
Nhy»
Noie sur Parinâ de la lance.
Bien que Montecuculli, vers le milieu du dix-septième siècle, ait dit que la lance était la reine des armes, déjà cette arme était abandonnée dans une grande partie de l'Europe. En France, sous Louis XIII, il y eut encore quelques compagnies de lances ; sous Louis XIV, il n'y en avait plus. Sous Louis XV, le maréchal de Saxe obtint du roi de recruter un régiment auquel il donna des lances. Le grand Frédéric fit former quelques régiments de lanciers. Lors des guerres de la Révolution française, cette arme avait complètement disparu de notre armée. On est tout étonné de voir en Tan IX un colonel du 3<^ de hussards défiler au Carrousel, devant le premier consul, avec un de ses escadrons armé de lances. Cet essai était-il autorisé ? je l'ignore; ce qu'il y a de certain, c'est que cette arme n'entrait pas dans la composition de notre cavalerie. Ce fut en 1807, dans la campagne de Pologne, que les lanciers reparurent dans les rangs de l'armée française. Napoléon, ayant Mi
former xinpulk. polonais, de quatre escadrons armés de lances, le plaça dans sa garde où il prit le nom de chevaulégers-lancierS ; il était commandé par le comte Krazienski. D'autres régiments polonais furent également formés et envoyés en Catalogne et en Aragon, où bientôt ils devinrent la terreur du pays. Nous les avons vus à Tudela. Bientôt arriva Paudacieux combat et Tétonnant succès de Somo- Sierra, En 1810, après la campagne de Wagram, TEmpereur ayant fait entrer dans sa garde la garde du roi de Hollande, ordonna la formation d'un deuxième régiment de lanciers, dits lanciers hollandais ou lanciers rouges, d'après leur costume écarlate, dont il donna le commandement au général Edouard Golbert. D'autres régiments de lanciers furent également formés, et leur nombre s'élevait à douze en 1814. Le seul régiment des lanciers rouges formait une des brigades de la garde avec un effectif considérable. A Dresde, en 1813, le général Edouard Golbert passait la revue de l'Empereur ayant vingt-six escadrons portant le même uniforme. Cette grande extension donnée à l'arme de la lance prouve l'importance qu'y attachait Napoléon.
Le duc de Raguse, les généraux Foy, Marbeau, etc., considèrent la lance comme une des armes les plus terribles et les plus efficaces dont puisse se servir la cavalerie. Je ne citerai que quelques exemples :
En 1813, des carrés d'infanterie qui avaient résisté à tous les efforts des cuirassiers, furent enfin enfoncés par un peloton des lanciers qu'on fit charger en tête des cuirassiers. En 1814, le 10® régiment de hussards, commandé par le brave et habile Curély, chargeant sur une ligne de cuirassiers russes, les cuirassiers l'attendirent de pied ferme, les hussards, arrivés à quelques pas, firent demitour ; derrière eux était un régiment de lanciers polonais : ces audacieux cavaliers, entraînés par leur ardeur contre leur vieil ennemi, s'élancent à travers les intervalles des escadrons français, tombent à coups de lances, à coups . de hampes sur les Russes qu'ils culbutent et bouleversent en un instant. Je tiens ce fait du brave, et très
454 i^OTES
digne de foi, commandant Roboly , dont j'ai déjà parlé dans ces notes (1).
En 1815, deux régiments de lanciers, Pun commandé par le colonel Bro, Tautre par le colonel Sourd, formant une brigade placée sous les ordres du général Alphonse Colbert, rencontrent près de Jemmapes une brigade de hussards anglais, la chargent et la détruisent presque en entier, d'après le témoignage des Anglais eux-mêmes (2). Le lendemain, à Waterloo, les lanciers rouges de la garde furent, avec les cuirassiers, les héros de ces charges audacieuses, répétées, qui furent au moment d'arracher la vic-
(1) Voir le 2» volume, page 305..
(2) Je crois devoir, à ce propos, raconter ce qui m*arriya en 18%. J'étais au camp de Saint-Omer, lieutenant dans un régiment de hussards (le 6«). Le roi Charles X, arrivé pour visiter le camp, se rendait de la ville sur le champ de manœuvres^ suivi d'une escorte nombreuse. Je commandais le peloton qui fermait la marche du cortège. J'aperçus dans la foule un groupe d'officiers anglais dont personne ne s'occupait, ce qui me parut assez singulier ; aussi pris-je sur moi de leur dire que le général les verrait avec grand plaisir se joindre au cortège, ce qu'ils firent. On n'était pas encore arrivé au camp, ()ue le roi les avait non seulement aperçus, mais reconnus, car la plupart étaient pour lui d'anciennes connaissances. C'étaient : sir Hussey- Vivian, inspecteur général de la cavalerie anglaise, le comte de Munster, l'un des fils du duc de Clarcnce, lord Bingham, depuis lord Lucan, alors colonel d'un régiment de lanciers, le colonel Fox, fils de lord Uolland, d'autres encore.
Accueillis par le roi avec la bienveillance la plus gracieuse, la plus amicale, ils devinrent en un instant l'objet de l'attention et des prévenances de tous. J'étais encore dans l'ignorance la plus complète du succès de mes proiégés^ et j'attendais dans un coin du champ de manœuvres que le roi revint à Saint-Omer, pour continuer mon escort?, lorsque je vis arriver près de moi les brillants ofiiciers anglais qui s'étaient informés de mon nom et venaient me remercier de la très naturelle politesse que j'avais eue pour eux. Ce fut alors que j'appris qui ilsétaient.On causa, sir Hussey-Vivian me demanda si je n'étais pas parent d'un général Colbert qui commandait une brigade de lanciers en 1815. Je lui répondis qu'il était mon oncle. Alors, sir Hussey- Vivisfii-, avec la franchise la plus courtoise et la plus chevaleresque, me raconta comment une brigade qu'il commandait avait été fort maltraitée dans la charge du 17 juin. Puis on entra dans les détails. Les Anglais dirent que la plupart dos officiers avaient été tués et la brigade presque entièrement
toire aux Anglais, et vinrent jeter le reflet d'une gloire impérissable sur les désastres de ce jour néfaste (1). En 1816» lors de la réorganisation de Parmée, on ne forma pas de régiment de lanciers. L'opinion publique, toute remplie du souvenir des éclatants services rendus par cette arme, se persuada que si on ne formait pas de lanciers, c'était parce qu'ils s'étaient rendus trop redoutables à l'ennemi dans la dernière campagne, et qu'un article secret des traités de 1815 nous empêchait d'en avoir; c'était une erreur. Quelques années après, on arma de lances deux escadrons dans chacun des régiments de chasseurs. Ce
détruite. Comme on cherche toujours à expliquer sa défoite, ils attribuaient la leur, d'abord à l'arme terrible à laquelle ils avaient eu affaire, puis à la petitesse de leurs chevaux^ lord Uxbridge, commandant en chef de la cavalerie anglaise (depuis marquis d'Anglesay) ayant voulu faire un essai, en montant cette brigade sur des chevaux de petite taille venus de l'Ile d'Anglesay.
Lord Bingham et le colonel Fox me firent toutes les politesses possibles, m'engageant fort à venir en Angleterre, et sir Hussey-Vivian me dit qu'il me prendrait dans sa voiture et me mènerait voir les régiments quUl devait inspecter.
Il résulta pour moi de tout ce que j'avais entendu dire que la destruction de cette brigade, commandée par un de leurs officiers les plus distingués, avait fait une vive impression en Angleterre et avait grandement influé sur le parti que prirent les Anglais, après la guerre, de créer des régiments de lanciers dans leur armée.
Je me rappelle que le général Alphonse Colbert avait conservé de nombreux souvenirs qui témoignaient de la vivacité et de-l'achamement du combat ; c'étaient des sabres d'officiers anglais, des gibernes traversées par des coups de lances. Dans la lutte» beaucoup d'Anglais avaient été démontés ; poursuivis par les lanciers, ils s'étaient pressés autour du général Colbert, et c'était au moment oii le lieutenant-colonel de l'un de ces régiments, arrivant jusqu'à lui, lui tendait son sabre pour se rendre, qu'il reçut un coup de lance qui, traversant la giberne, pénétra dans les reins et le tua. Un assez singulier résultat do cette charge avait été de laisser aux mains du vainqueur un grand nombre de parapluies, les officiers anglais, tout braves qu'ils sont, ne croyant pas nécessaire à la dignité de l'uniforme de se laisser mouiller. •
(1) On avait joint aux lanciers rouges l'escadron polonais qui avait ^ suivi l'empereur à l'Ile d'Elbe : ce qui formait la division du général ^ Colbert. Bien que blessé trois jours auparavant d'un coup de feu, il la
commandait, et ne se retira qu'un des derniers du champ de bataille.
n'était point encore la réorganisation de Tarme ; elle n'eut lieu qu'après 1830, époque à laquelle furent formés huit régiments de lanciers.
En 1870, on retrouve les lanciers à ReischofTen comme à Waterloo, à côté des cuirassiers, et courant avec le même dévouement à la mort. Dans cette même campagne, les uhlans de l'armée allemande précédaient partout leurs colonnes^ fouillant le pays, et portaient partout l'effroi.
En 1871, un décret de M. Thiers, chef du Gouvernement, contre-signe par le général de Cissey, ministre de la Guerre, a supprimé en France l'arme des lanciers.
Les Prussiens les ont-ils supprimés ? — Non. On dit qu'ils en ont augmenté le nombre. Tous les pays de l'Europe en ont. Si les Prussiens les avaient supprimés, il y aurait matière à réfléchir ; ils ont pour eux l'autorité du succès ; mais nous, quelle autorité avons-nous ? — celle de la défaite. Je n'ai point à discuter la question technique, tactique, elle est jugée par toute l'Europe contre nous.
Mais il est une autre question plus grave et qui touche plus au fond des choses. Gomment I vous étiez assez heureux en France pour avoir une arme qui, en quelques années, à travers les grandes guerres du commencement du siècle, avait su acquérir un singulier renom, avait inscrit dans nos annales quelques-unes des plus belles pages de notre histoire militaire, et tout cela vous l'abandonnez, vous TefTacez 1 Mais ces souvenir^ sont une force, une puissance ; c'est par eux qu'on entretient dans les âmes l'ardeur pour les nobles choses, le dévouement au devoir, qu'on développe cette énergie morale qui seule fait les nations grandes et fortes. Napoléon P»" savait bien ce qu'il faisait, lorsqu'il inscrivait sur le drapeau de la 32*^ : « J'étais tranquille, la 32® était là ; » sur celui de la 75*': « Un contre dix. » Il savait que par là il faisait des héros de tous ceux qui s'abritaient sous ces glorieux drapeaux. Il était guidé par la même pensée, par la même connaissance du cœur humain, lorsqu'il faisait revêtir à des conscrits le glorieux habit des soldats de la vieille garde. Qui donc a servi et
ignore quelle est l'influence de Tuniforme, quel prestige, quelle magie s'attache à un numéro, à un bouton ? Qui ne se rappelle Phonneur qui s'attachait au nom de grenadier et à Fépaulette rouge que les grenadiers seuls pouvaient porter ?
Eh bien donc 1 en détruisant une arme qui avait un passé glorieux, vous vous privez d'une force, d'un puissant moyen d'action ; il y a déperdition de cette force morale qui élève les âmes, décuple les forces physiques et enfante des héros.
A Monsieur lb qbnbral Golbbrt, coMidANDANT la
BBIGADB DB CAVALBRIB LÉGBRB.
Guadalaxara, le 8 décembre 1808.
Par suite des ordres de Son Altesse le vice-connétable, major-général, vous ferez partir demzdn matin le 20® régiment de dfeigons et les lanciers polonais, pour se rendre à Alcala, où. ils recevront de nouveaux ordres du général Dijeon, qui doit se porter de là à deux lieues de Madrid. Vous concentrerez votre brigade de cavalerie légère aux environs de Santorcaz et de Gorpa; vous y resterez jusqu'à nouvel ordre. Votre quartier général devra être établi à Santorcaz.
J'ai l'honneur de vous saluer avec la plus haute considération.
Le Chef de l'État-Major général du 6® Corps,
JOMINI
Nby a Bbrthibr.
Guadalaxara, le 8 décembre 1808.
L'officier d'état-major que j'ai fait partir d'Alagon le 30 novembre pour annoncer à Votre Altesse mon mouvement
BUT Sigaema, Tient de rentre^. Il &*& pQ parreoir k passer & Agrada, les pajrsans s'étant rassemlildB dans toutes 1m montagnes pour intercepter les communications et eailevei tes hommes isolés.
La cavalerie du général Lefebvre occupera aujourd'àui la roule d'Oeana jusqu'à Villa del Campo. . La première division d'infanterie se rendra demain à Âlcala, la 2° outre celte ville el Guadalasara, et la troisièmu à Goadalaiara, de manière que je pourrai me porter sur Ocana, Tolède ou Madrid, suivautla volonté derEmporeur. Je prie Votre AltessQ, etc...
Le Maréchal duc d'Ëlchingen, Hkt.
P. S. —Je renvoie ci-joint à Votre Altesse la lettre que j'avais en l'honneur de lui écrire d'Âlagon,
Le parc d'artillerie du corps d'armée est resté à Bu^os ; je TOUS prie, Moaseigneur, de donner des ordres poor qu'il me r^oigne sor la direction que je dois suivre.
Nsr A Bbrthibr.
GuadalaiarK, le 0 décembre.
Uonseigneur,
Le général Beaum ont vient d'arriver avec le 26" de chasseurs, et part sur-le-champpour se réunir au 2^ de hussards à Alcada. Ce général se rendra demain à deux lieues de Madrid, où il pourra prendre les ordres de Votre Altesse.
La division du général DessoUes arrivera également ici ce soir ou demain matin ; elle est très fatiguée des longues marches qu'elle vient de Ëiire.
La chaussure manque essentiellement dans les divisions Marchand et DessoUes; celle du général Maurice Mathieu en est encore pourvue passablement.
Tous les régiments ont des approvisionnements considérables à Bayonne, mais ils sont sans moyens de les faire arriver. Je prie Votre Altesse de donner des ordres pour que tout ce qui appartient aux corps, tant en habillement qu'en chaussure, soit transporté à Madrid, où. des détachements seraient envoyés pour recevoir ces effets, et les escorter sur la direction du corps d'armée.
Votre Altesse verra, par Tétat de situation, que la brigade de cavalerie légère qui me reste est bien faible pour subvenir au service de Tétat-major et des postes de correspondance qui ruinent les chevaux, et qu'il ne resterait que bien peu de cavalerie à présenter dans un jour d'affaire. J'aurais désiré conserver le 26® de chasseurs ; mais le 4® de hussards étant resté avec le maréchal Moncey, je n'ai pas cru devoir retenir ce premier régiment, afin de laisser au général Beaumont sa brigade complète.
Je renouvelle à Votre Altesse l'assurance de ma respectueuse considération.
Le Maréchal duc d'Elchingen,
Net.
P, S, — Je renouvelle à Votre Altesse la prière que je lui ai faite de faire rejoindre mon parc d'artillerie qui est resté à Burgos.
Nby a Bbrthibr.
Guadalaxara, le 10 décembre 1808.
J'ai l'honneur d'adresser à Votre Altesse le rapport du général Maurice Mathieu sur l'affaire du 29 novembre à Bubireca, auquel sont joints :
10 L'état des officiers, sous-officiers et soldats tués et blessés à cette affaire ;
2° Celui des officiers, sous-officiers et soldats pour lesquels le général Maurice Mathieu demande de l'avancement.
m NOTES
Nbya
Guadateiara, 10 déceml»re 4808.
Pai rhoimeur de tous rendre compte que la ditision Desselles est arriyée ici M&t soir. Les troup^ sont trop serrées pour pouvoir rester l<Hiftemps dans leur position actuelle, la yiile de Gn^laxara et 1^ villages à deux lieues, sur la roule étant abandonnés des habitants et. totalement pillés par les troupes qui y ont passé, Tenant d'Alcala pour se rendre à Ocana.
Je prie Votre Altesse de me faire connaître si je pois éten<jb:e mes cantonnements sur Alcak ou sur la division d'Ocana. Je serais exposé sans cette mesure à voirie soldat se répandre au loin dans la campagne, sous prétexte de pourvoir à sa subsistance, et courir ainsi le risque d*étre assassiné par les paysans.
Le 26* régiment de chasseurs, parti hier pour Alcala, est sous mes ordres depuis mcm arrivée en Espagne^ Je désire vivement que Sa Majesté veuille bien permettre que je conserve ce corps qui sert très bien, et est surtout remarquable par sa bonne discipline.
L'adjudant-commandant Lefol, nommé général de brigade, continue à exercer les fonctions de chef de Tétatmajor du général Marchand; il me serait fort agréable qu'il restât au corps d'armée, où il prendrait le commandement de la première brigade vacante. Je prie Votre
Altesse de vouloir bien l'y autoriser.
Ney.
Ne Y A Berthier.
Guadalaxara, 10 décembre 1808.
Monseigneur,
A mon passage à Calatayud, j'avais envoyé à Soria M. Marion, capitaine-adjoint à mon état- major, avec la
mission de ramener les postes de correspondance et autres détachements du corps d'armée restés dans cette ville et Almazan.
Cet officier vient de rentrer à Guadalaxara, après avoir exécuté ses ordres. Il m'a rendu compte que le 7, à son arrivée à Siguenza, il avait trouvé la population entière armée de fusils et en pleine insurrection, et que le lendemain il avait été assailli, à la sortie de cette ville, par un grand nombre de coups de fusil qui, heureusement, ne lui blessèrent qu'un brigadier.
Je crois devoir vous faire part de cet événement, Monseigneur, et surtout je dois vous faire observer que M. Marion avait cinquante et quelques hommes, et que cependant il n'a dû son salut qu'à la bonne contenance qu'il fit à la tête de sa troupe.
Peut-être Votre Altesse pensera-t-elle, comme moi, qu'il serait nécessaire de punir sévèrement la ville de Siguenza ; autrement il est à craindre que tous les paysans des environs, se joignant à elle, ne forment une insurrection, sinon dangereuse, au moins très nuisible à nos communications.
P, S, — Le général Bron, qui commande à Soria, a refusé de laisser partir 22 hommes du 53^ régiment, sous prétexte que ce détachement était nécessaire à sa propre sûreté.
Ney.
Note.
Dans une lettre de Berthier à Mathieu Dumas, je vois qu'il s'agit de diriger sur Madrid un détachement du 3« de hussards, alors à Burgos, et qui momentanément avait été mis sous les ordres du maréchal Lannes.
A MONSIBU& LB GÂKâRAL GOLBBRT.
Guadalazara, le 12 décembre 1806.
Vous ycmdiez bien, mon char général, £ure partir an reçu du présent ordre 80 chevaux, tirés des 3* de hussaids et 1&« de chasseurs, pour se rendre à Guadalaxaia, où ils seront à la disposition du colonel Baussein, que je cbaige d'une opération ordonnée par le prince de Neufcbâtel.
J'ai rhonneur de vous saluer.
Le Maréchal duc d'Eldûngen,
Nbt.
NbT ▲ BBaTHIB&.
Guadalaxara, 13 décembre 1808.
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'é, crire le 11, relativement à rapprovisionnement de Madrid; j'ai sur-le-champ donné des ordres à rordonnance et aux généraux de mon corps d'armée, pour que les intentions de Votre Altesse soient remplies.
J'ai fait partir aujourd'hui quatre bataillons de la division Dessolles, cent chevaux et quatre pièces d'artillerie, sous les ordres du colonel Baussire du 43^ régiment, pour se diriger sur Siguenza, où il arrivera demain de très bonne heure. La ville sera désarmée, et on tâchera de saisir les individus qui ont le plus contribué au rassemblement qui a attaqué un de mes détachements.
Cette expédition a aussi pour but de faire arriver des subsistances.
Net a Bbrthibr.
13 décembre, à midi.
Monseigneur,
Je reçois à l'instant la lettre que Votre Altesse m'a fait rhonneur de m'écriré hier.
J'ai en conséquence expédié des ordres pour que les divisions Marchand et Maurice Mathieu se réunissent demain à Alcala, et jusqu'à la hauteur de Torejon, de manière à pouvoir passer par Madrid le 15, vers trois heures de l'après-midi.
La brigade de cavalerie du général Colbert ouvrira la marche.
La division Desselles occupera avec sa première brigade Alcala, et les villages entre cette ville et Guadalaxara; la deuxième brigade de cette divison restera à Guadalaxara; mais cette dernière disposition ne pourra être exécutée qu'après le retour des quatre bataillons chargés du désarmement de Siguenza.
Le général Desselles exécutera les ordres de Votre Altesse, relativement à l'approvisionnement de Madrid.
Il sera établi des postes de correspondance à Guadalaxara, Alcala et Canillejas.
Nby.
Ordre du jowr,
L'Empereur est informé que plusieurs officiers titulaires dans les corps d'armée se trouvent détaché§ près des généraux sous la dénomination d'officiers d'ordonnance. MM. les maréchaux et généraux ne peuvent avoir auprès d'eux que leurs aides de camp et des officiers de l'état-major, munis de lettres de service.
Il est ordonné aux colonels et aux inspecteurs aux re-
bU NOTES
vues, de &ire rayer des contrdlea tout ofGcier absent de son corps qui se t«)UTerait employé comme officier d'ordomiance, et qui n'aurait pas rejoint, dix jours après b réception du présent ordre, au corps d'armée.
Les officiera absents de leurs corps comme officiers d'o^ donnariiie, soruiil ppivi^s de leurs appointements pendant le temps de leur absence. ,
Sa Majesté entend que tous les officiers titulaires des corps fassent le service à leur compagnie, à moins de mtladie et d'autre cause légitime.
Au quartier général Impérial, à Chamartin, le 18 décembre 1808.
Le Tice-Connétable, Prince de Neufch&tel, Hfojor-Général,
SiffHé : ÂXBXANDBB.
Pour copie cooTorme, Le Sous-Chef de l'ËUit-Major général du 6° Corps,
tffi LA CHABSB-TâHiaHI.
Général Colbbrt.
Arevalos, le 23 dacembre 1808.
Il y a un dépQt établi à Ségovie. MM. les génëraui de division sont invités à y diriger les hommes hors d'état de suivre.
M, le général Tilly, gouverneur de la province, est chargé de l'établissement des hApilaux.
Pour le Chef de l'État-Major général.
Le Sous-Chef,
DE LA ChaSSB-VÉRIONV.
A Monsieur lb gbnbral Golbbrt.
Âreyalos^ le 23 décembre 1808.
Vous voudrez bien, mon cher général, vous établir aujourd'hui à Rueda et à Laseca, en passant par Médina del Campo.
Envoyez le plus tôt possible uùe forte reconnaissance sur Tordesillas, rive droite du Duero, et une autre sur la direction de Salamanque, afin de se procurer des renseignements sur Tennemi.
J'ai rhonneur de vous saluer.
Le Maréchal duc d'Elchingen,
Nby.
Ordre de mouvement j^our le J85 décembre,
Arevalos, le 23 décembre 1808.
La brigade de cavalerie légère du général Golbert s'établira à Rueda et à Laseca, où elle se rendra, en passant par Médina del Campo. Ce général enverra des reconnaissances sur Tordesillas et sur la direction de Salamanque.
La 2® brigade et le quartier général de cette division resteront à Arevalos et Martin-Munor.
Le parc d'artillerie sera à Arevalos, de même que le quartier général en chef.
Le Maréchal duc d'Elchingen,
Nby.
A MONSIBUB. LB OâNâRAL COLSBRT.
Laseca, le 24 décembre 1808» à 4 heures du matiii. Mon Général,
Je m^empresse de vous envoyer ci-inclus le rapport de M. le capitaine Barthélémy, qui rentre à Tinstant de reconnaissance à Tordesillas. Je regrette qu^il soit^sans indication positive.
On vous aura 8aii3 doute dit quHI y a huit jours, les Anglais enlevèrent Fintendant de Yalladolid.
J'ai rhonneur de vous saluer avec respect.