‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 41 sur 150 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

combat entre des Cosaques, des hussards russes et deux escadrons du 10<^ de chasseurs, le chef de bataillon Delorme se jette au milieu des Cosaques; après en avoir tué un, il est blessé d'un coup de lance qui lui traverse le bras et pénètre dans le flanc ; frappant à son tour son adversaire, tous les deux roulent à terre. Delorme arrache alors la lance de son côté et en tue son ennemi. Le même jour, 200 Cosaques et des hussards avaient fait replier nos vedettes sur les postes retranchés de l'infanterie. « Je disais ma tournée, dit le maréchal, et je suis accouru aux coups de fusil. J'ai aussitôt ordonné à trois postes d'infanterie de vingtcinq hommes chacun d'attaquer l'ennemi sur les deux flancs, tandis qu'un escadron du 10® de chasseurs les contiendrait dans la plaine. Les Cosaques se repliaient et tout paraissait fini, lorsque tout à coup un gros d'ennemis, jusqu'alors caché, est venu fondre sur le peloton de vingt-cinq honmies commandé par le sergent Villefranche. Ce brave homme^ sans se laisser intimider par les hourras des Cosaques, a encouragé ses hommes, et, après avoir formé im petit carré, a exécuté ses feux Bi à propos que l'ennemi, qui s'était acharné sur lui avec fureur et l'a chargé huit fois, n'a pu l'entamer » (1). J'ai cru devoir citer ce que Ney avait jugé digne d'être raconté. On est heureux de pouvoir quelquefois rapporter les noms de héros inconnus.

Le général Colbert, qui avait eu d'abord ses cantonnements placés à Queetz, occupa pendant une partie du mois d'avril et tout le mois de mai Komalmen, très

(i) Voir les Pièces justificatives.

petit village entre Guttstadt et Liebstadt. Le 3® de hussards et le 10® de chasseurs avaient été fort réduits par la longue campagne qu'ils venaient de faire : en trois mois, ils avaient perdu 289 chevaux. « Les Français, dit Canitz dans son Histoire de la cavalerie, négligent en général les soins que réclament leurs montures, mais, si jamais on a pu être tenté d'oublier, en faveur de la rapidité des opérations, cette partie si essentielle de l'entretien des corps de troupes, ce fut certainement dans cette campagne : en efifet, chaque marche forcée depuis Tllm jusque sur la Vistule, produisit une récolte de nouveaux trophées » (1). Il faut aussi ajouter qu'une des causes principales des pertes en chevaux qu'éprouva non seulement la cavalerie, mais l'artillerie, fut le manque de nourriture. La plupart du temps on n'avait à leur donner à manger que le chaume des maisons, rarement de l'avoine. Les rapports du maréchal Ney sont remplis de plaintes incessantes à cet égard ; cette pénurie dura même pendant les cantonnements. On avait bien envoyé la grosse cavalerie, les dragons et la division de cavalerie légère de Lasalle se refaire à Elbing et dans Tile de Nogat, mais je ne vois nulle part que la cavalerie du 6® corps ait été appelée à jouir de cet avantage ; on la renforça par l'arrivée du 1 5® de chasseurs, beau régiment qui venait d'Italie.

Ce séjour prolongé dans de mauvais villages, au milieu des boues de la Pologne, pesait à tous. « Vousdevez être fatigués de bals et de galas, écrivait Auguste

(1) Canitz, Histoire de la cavalerie, p. 199.

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