‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 44 sur 150 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

difficile de Tarmée française pendant Thiver, ni même tenter rien de sérieux pour délivrer Dantzig.

On a donné pour raison à cette inaction que Tarmée russe comptait sur des renforts considérables. Le calcul était mauvais, car il était à présumer que Napoléon en recevrait de son côté ; dès lors les rapports ne changeraient pas, et les Russes avaient perdu les avantages de la situation.

Là se place un des exemples qui montrent que, sans une bonne administration, il n'y a ni armée ni guerre possibles.

Le 6 novembre 1806, on avait ordonné dans l'empire russe la levée d'une milice qui devait fournir 660,000 hommes. Tout se ût, mais sur le papier seulement ; des 200,000 bonmies qui devaient rejoindre Parmée active, il n'en arriva que 6,500(1). L'armée avait reçu en tout, y compris: la garde impériale, environ 30,000 hommes ; toute Tarmée russe n'en comptait pas plus de 125 à 130,000 en y comprenant le corps prussien du général Lestocq de 12,000 hommes et le corps placé sur la Narew ; tandis que Napoléon, grâce à sa prévoyance, à son énergique administration, pouvait mettre en ligne de 160 à 170,000 hommes.

Pour compenser cette infériorité du nombre, le général Benningsen avait fortifié Heilsberg, en établissant sur les deux rives de l'Aile de grands ouvrages ouverts à la gorge, protégés par de nombreuses batteries. Le gros de l'armée russe était entre Heilsberg et Bartenstein, où était arrivé l'empereur de Russie.

W Caniu, Bistoire de la mvalériè, p. 208 et suivantes.

L'avant-garde occupait Launau, ce poste qui pendant rhiver n'avait cessé de préoccuper le maréchal Ney.

Malgré ces préparatifs entièrement défensife, le chef de Parmée russe avait résolu de porter les premiers coups et formé le projet d'entourer et d'enlever le corps du maréchal Ney. Il faut convenir que la position avancée qu'occupait le 6® corps devait nécessairement en faire naître l'idée. Qui sait d'ailleurs si Napoléon ne l'avait pas placé ainsi pour engager l'ennemi à sortir de ses retranchements ?

Le 4 juin, l'armée russe établit sa droite à Wormditten, le centre à Arensdorf, et la gauche à Launau. Le S, le corps prussien, à l'extrême droite, devait attaquer Spanden, et le général russe Doctorof, avec deux divisions, se porter surLomitten. Il devait, après avoir rejeté les Français sur la rive gauche de la Passarge, se rabattre à gauche, et remontant la rivière jusqu'à Elditten, rendre toute communication impossible entre le corps de Soult et celui de Ney.

L'avant-garde, sous les ordres de Bagration, partant de Launau, se dirigeait par Gronau sur Altkirck, afin de couper les avant-postes français qui étaient à Peterswalde. Gortchakow, après avoir passé l'Aile, devait attaquer le flanc droit du maréchal Ney par Amt- Guttsdadt ; une troisième colonne enfin allait passer la rivière à Bergfried pour tourner la droite du sixième corps, tandis que le gros de l'armée russe poussait par Wolfsdorf afin de lui couper la retraite.

Dès cinq heures du matin, Ney fut prévenu par ses avant-postes qu'un corps considérable d'infanterie, cavalerie et artillerie se dirigeait sur Altkirck : c'était

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