CHAPITRE XXXI
Sayary. — M. de Talleyrand à Kœnigsberg. — A quoi bon passer le Niémen? — Napoléon, Alexandre désirent la paix. — Armistice. — Entrevue sur le Niémen. — Le radeau de Tilsitt. — Entente des deux souverains. — Courtoisie de Napoléon. — L*empereur Alexandre à Tilsitt. — Arrivée du roi de Prusse. — La reine Louise.
— Conclusion du traité. — Dures conditions imposées à la Prusse.
— Alliance entre Tempereur de Russie et Tempereur des Français. Leurs projets. — Traité de Tilsitt.
« Si la paix n'est pas faite dans quinze jours, disait Savary à M. de Talleyrand, qui se rendait à Tilsitt, l'Empereur passe le Niémen. — Eh! à quoi bon passer le Niémen? » répondit celui-ci. Cet à quoi bon, dit du ton le plus flegmatique, était bien fait, il faut en convenir, pour couper court à tous les rêves dont se repaissaient alors les imaginations. On avait accompli des prodiges, OQ en rêvait de nouveaux, sans bien se rendre compte de la situation. Le à quoi bon de M. de Talleyrand était la froide réalité des choses, à côté du songe. « Ehl qu'aller chercher derrière ce fleuve? ajoutait-il ; il faut que l'Empereur abandonne ses idées sur la Pologne, cette nation n'est propre à rien, on ne peut organiser que le désordre avec elle ; nous avons un autre compte