‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 66 sur 150 · CHAPITRE XXXll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXll

:hos qui leur arrivaient de Tilsitt. Tout leur paraissait lerveilleux, ou bien excitait leur surprise ; c'était l'en- «vue des deux Empereurs sur le radeau, puis Tintililé qui s'élait établie entre eux, leurs promenades à [levai ; le triste rôle du roi de Prusse était aussi Tobît des conversations. Un autre jour, ils apprenaient les ^tes que se donnaient tour à tour les deux gardes imériales, fêtes où la confiance, Tabandon, la gaieté talent telles, que les officiers échangèrent un jour leurs niformes. Les avances mutuelles que se faisaient le rand-duc Constantin et Murât contribuaient beaucoup cet entrain. Enfin, on racontait que Tempereur Naoléon passant en revue la garde russe, prenant sa croix e la Légion d*honneur, Tavait donnée au grenadier usse qui était à la droite du premier rang de k garde, n lui disant : « Tu te souviendras que c'est le jour où Lous sommes devenus amis, ton maître et moi. » Puis empereur Alexandre avait également décoré de sa aain un soldat de notre garde.

Enfin arriva la grande nouvelle : « La paix est si- ^ée! » « G*est une affaire bâclée, écrivait mon père à Paris ; cet hiver, ou peut-être cet automne, nous nous reverrons ; ainsi, gaieté et espérance ! » Ce cri de joie était au reste celui qui s'échappait de tous les cœurs. Hy avait vingt mois que la grande armée était partie pour Austerlitz^ dix mois qu'elle avait commencé la guerre de Prusse et celle de Pologne, et en supposant ^e les héros ne se fatiguent pas de la gloire, toujours est-il qu'il y a place dans leurs cœurs pour d'autres sen- ^ents. Enfin, Tabsence n'est-elle pas im sacrifice de tous les instants ? L'homme de guerre jette chaque jour

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sa vie à travers les dangers et la gloire; sans y penser, il brave la mort, il ne saurait braver Tabsence.

Ce qu'ils saluaient donc dans la paix, c'était le retour; et cependant, pour le plus grand nombre, ce retour devait encore se faire attendre plus d'une année, comme nous le verrons, jusqu'à l'entier payement des contributions de guerre imposées à la Prusse.

Les différents corps de la grande armée furent donc répartis dans la Prusse proprement dite, en Silésie, en Poméranie, sur les côtes de la Baltique, depuis l'Oder jusqu'au Weser, en Hanovre, en Westphalie et sur le Rhin. Tous ces corps d'armée conservèrent leur oi^auisation. Dans les premiers jours de juillet, l'armée, abandonnant ses positions de guerre, se mit en marche pour se^ nouveaux cantonnements.

Mon père laissa filer ses régiments, qui avaient deux cent soixante lieues à faire pour gagner les rives de rOder, et prit sa route par Varsovie, qui piquait sa curiosité. Il y a en effet, dans tout ce qui touche à la Pologne, quelque chose qui attire i le souvenir de sa grandeur et celui de ses malheurs. On est séduit par l'éclat chevaleresque de sa vaillante mais ingouvernable noblesse, par l'élégance somptueuse dont elle s'entoure et qui emprunte quelque chose à l'Asie; on est enfin attiré par la réputation d'esprit et le charme dont savent s'entourer les femmes de ce pays. Mon père retrouvait d'ailleurs à Varsovie lé maréchal Daroutj vieille connaissance d'Êgypté. On se rappelle pôut-ôtre qu'ils étaient revenus en France sur le même navire; à travers mille aventures.

Mon père voulut rapporter de Varsovie quelque»

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