CHAPITRE XXXII
écrivain de son temps, n'est-ce pas Napoléon luimême (1) ?
Si l'époque était grande par la gloire, elle Tétait aussi par le génie. L'ensemble de la situation était grandiose et prospère ; on croyait à la stabilité, et désormais on marchait d'un pas plus ferme vers un avenir qui. semblait assuré, lorsque bientôt on apprit qu'une armée partait pour envahir le Portugal, qu'une autre la suivait en Espagne ; puis éclatait dans ce pays la révolte du prince des Asturies contre le roi son père. L'Empereur partait pour Bayonne, où il était ic^int par l'Impératrice.
n y avait dans ces événements quelque chose d'imprévu, de sombre, de tortueux même, et fort différent de ce <iu'on avait vu jusque-là. L'opinion publique était inquiète. Après en avoir fini avec le Nord, qu'alhitr-on flaire dans cet extrême midi de l'Europe qui n'inspirait aucune crainte d'agression, et qui d'ailleurs avait été plutôt un allié fidèle ? Auguste Colbert partageait ces craintes. Il lui semblait voir dans cette Espagne quelque chose de fatal qui menaçait le grand homme qu'il aimait et admirait. Ce fut avec ces tristes pressentiments qu'il dut repartir pour la Silésie.
f (I) M. Thiers. Histoire du Consulat et de VSmpire, t. VIII, p. 152 et 153.