L HÔTEL DU GÉNÉRAL
née en carreaux de faïence était monumentale. Deux lances fixées aux angles avaient l'air de la garder. Le foyer était pourtant rétréci, grâce à une plaque de fer qui rabattait la fumée.
C'est le député chimiste Francis Laur qui a contraint le général à la faire mettre.
Il paraît que, sans cette plaque, tout le bureau eût été plein d'oxyde de carbone.
Au-dessus de la longue table de travail, en chêne massif, le grand portrait équestre qu'on a vu au Salon, à l'époque où tous les peintres, tous les sculpteurs, faisaient le portrait du général.
Sur les autres murs, des trophées d'armes, racontant l'histoire de Tépée, puis du fusil, depuis François P'" jusqu'à nos jours; des casques français, russes, prussiens.
Au-dessus d'un divan, un drapeau voilé de crêpe, offert au général par les femmes d'Alsace-Lorraine. Un autre offert par les dames de Paris.
Entre la table de travail et la porte, la bibliothèque garnie de livres dont chacun porte une dédicace.
C'est dans ce bureau que le général recevait les délégations.
Il a fallu, en moins d'un an, renouveler trois fois le tapis !
Les secrétaires travaillaient à l'étage supérieur. On en a exagéré le nombre. Ils sont trois, pas un de plus,. MM. Hippolyte Breuillé, Mouton-Dufraisse et Falguière (ne pas confondre avec le sculpteur).
Ils ont un mal atroce.
A huit heures arrive, à Londres comme à Paris, M. Breuillé qui, jusqu'à neuf heures, ouvre le courrier
devant le général, prend des notes pour les réponses qu'il devra faire lui-même ou faire faire par les autres, exécute enfin tout le travail d'un secrétaire particulier. A neuf heures arrivent MM. Mouton-Dufraisse et Falguière.
Jusqu'à sept heures et demie, tous les jours, dimanches compris, ils expédieront la correspondance, répondront aux visiteurs, dicteront des instructions parle téléphone, feront les courses importantes.
Un seul chiffre donnera une idée exacte de la formidable besogne qu'ils accomplissent.
Le général dépense en moyenne pour trois cents francs de timbres par jour.