‹ Le Général BoulangerChapitre 19 sur 52 · AUTOUR DU PALAIS-BOURBON · texte numérisé non relu

AUTOUR DU PALAIS-BOURBON

Le 4 juin, tout ]e monde savait que le général Boulanger devait prononcer un grand discours à la Chambre.

A l'arrivée, un soleil torride a fait du tort au chef du parti national. Il y avait à peine, vers une heure et demie, cinquante personnes devant le Palais-Bourbon. Il est vrai que le pavé même était brûlant. Dans ces conditions, la badauderie constitue un atroce supplice,

La Préfecture de police, redoutant d'ailleurs, et avec raison, plus la sortie que l'entrée, avait pris les mesure? qui sont en usage dans les journées tapageuses.

MM. Siadoux, inspecteur divisionnaire, Grillièrei Montpellier étaient en permanence. Tout à l'heure, î'î' M. le préfet Lozé qui, circulant en voiture, dirigera le service.

A une heure trois quarts, d*un fiacre descend un quatuor de boulangistes.

L'un d'eux me dit :

— Le général nous suit. Des chefs de groupes sont venus ce matin lui demander s'ils devaient être là. Il leur a répondu : < Rien à l'entrée. J'ai besoin de tous mes moyens. »

Deux heures moins dix. Le landau connu arrive par le quai d'Orsa}-. M. Boulanger a à sa gauche M. Laguerre, et devant lui, M. Le Hérissé. La voiture entre dans la cour du Palais, dont les gardiens de la paix barrent immédiatement la porte.

M. le député Ghevillon, qui attendait sur l'escalier, vient au-devant de son chef, et les quatre représentants entrent ensemble dans le Palais.

Pas drôle du tout, d'attendre la sortie. On n'a, pour se distraire, que les réflexions diverses des allants et des venants. Peu à peu, le nombre des badauds augmente.

Il devient, vers quatre heures, assez gros, pour que la police, croyant que le général regagnera son domicile par le chemin qu'il a pris en venant, refoule le public jusqu'à l'esplanade des Invalides.

Dans un instant, le pont de la Concorde sera lui-même barré.

A quatre heures, on arrête M. A. F..., qui refuse d'ohtempérer aux ordres de la police ; cinq minutes après, une femme qui ne veut pas se retirer. Un anarchiste crie : Vive la Prusse ! mais se sauve et échappe aux agents. A cinq heures et demie, un mouvement se produit. On fait avancer devant la grille la voiture du général qui sort du Palais, accompagné de MM. Laisant, Laguerre, Le Hérissé. Il les salue et monte seul dans son landau.

Tout le quai d'Orsay, grâce à la police, est libre, mais le pont de la Concorde est bondé de monde.

La voiture, toutefois, au lieu de tourner à gauche, s'engage au pas sur le pont.

Vite un agent s'élance, muni d'un ordre de prudence.

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