‹ Le général Boulanger et la conspiration monarchiqueChapitre 16 sur 24 · Ml . nmmm · texte numérisé non relu

Ml . nmmm

propre, car, soit dit entre nous, la police secrète (??) de l'endroit marque rudement mal et nos agents parisiens sont des hom:

monde à côté de leurs collègues des \

Par exemple, liberté absolue et il pour tout ce qui montre patle ferryste

Tout ce qui est fonctionnaire, agei mis dans une mesure quelconque au ci ou à l'arbitraire de l'administration, ï comme un seul homme pour le Ton] qui a organisé la terreur dans ce paisible d'ordinaire.

Les camelots débarquent à chaqu< avec des ballots, des stocks considéra Bataille, d'Estafette, de Paris et de blique française. Ferry fait bien les c il a consacré cent mille francs ; élection qui, en d'autres temps, ne lu:

nait pas à 15.000. Il sait que c'est pi une question grave, d'être ou de ne pa et ne néglige rien de ce qui peut l fiter en nuisant à ses adversaires.

livrant sans vergogne à la Bourse amours, sous l'œil paternel de la police cale. En effet, le mot d'ordre est donné oi doit rien voir d'attentatoire à la morale [ dant toute la période éleclorale.

Néanmoins, malgré tous les efforts, a gré l'appui de M. Constans et malgré t l'effroyable pression administrative, J Ferry sera battu !

C'est le pronostic que j'adressai, du n.

au Gaulois deux jours après mon arriv Saint-Dié, et le 22 septembre a ratifié prévisions.

La nuit était tout à fait venue, je mt rigeai vers la demeurede M. Picot. Le c mandant n'était pas rentré. Je décidai l'attendre. II était près de dix heures. J les cent pas devant sa porte et... à heure du matin, après une faction insi de trois heures, je vis M. Picot qui s'ap tait à réintégrer son domicile.

Je me présentai et comprisà une grin

178 LB GÉNÉRAL boi;lanoër

significative, que ma visite forcée lui était peu agréable.

En toute autre circonstance je lui eusse aussitôt tourné le dos, mais j'avais une mission à remplir et fis taire mon amour-propre. Je dois dire cependant que M. Picot, se ravisant, m'invita courtoisement à monter chez lui et, malgré l'heure avancée, nous entamâmes le chapitre de l'élection.

M.Picot,qui procédait absolument des doctrines de M"* Picot, me déclara qu'il espéraitréussir sans notre appui, qu'il avait pour lui toute la bonne bourgeoisie de l'arrondissement, ces messieurs du Clergé et les grandes familles (!) du crû ; enfin sa position personnelle et sa fortune.

— Mais, monsieur, repris-je, il y a encore d'autres éléments que les hobereaux et les curés à faire entrer en ligne de compte.

Il y a toute une masse délecteurs qui, à tort ou à raison, n'aiment pas les cléricaux, et cette seule considération constitue pour un

l je Tespère, à faire triompher la cause du

parti national dimistnclie.

« Veuillez agréer, monsieur, Thommage de ma grande reconnaissance.

« Signé : Paul Adam. ^)

u 20 septembre 1889.

€ Nancy, place Vaudémont. »

A peine arrivé à Sainl-Dié, notre agent électoral M. Gavignani m'adressa la lettre suivante ;

<K Saint-Dié, le 17 septembre 1889.

« Monsieur Verly^

« Dès mon arrivée à Nancy, je me suis empressé d'aller voir M. Barrés, de votre part. Il a été charmant et m'a donné tous les renseignements pour me faciliter ma tâche à Saint-Dié. Inutile de vous dire que son élection est certaine à Nancy.

< UONAHCHIQUI

« Les journaux n'étant arrivés qu'à 1 h. 45,je n'ai pu partir pour que par le train de 5 heures. An cette ville j'ai aussitôt été demande que j'ai trouvé à sa pension. Je suis de vous dire qu'après avoirpriscon de votre lettre, il s'est mis fout à I dîsposilion, et comme il vous aime je ne doule pas qu'il soit sincère.

a C'est lui qui m'a procuré les hoir la distribution des journaux et le marché j'en ai fait distribuer 3000 sans. C'est moi-môme qui surveil distribution.

« Il me restedonc2000 journaux»

distribués demain mercredi à Rao où les électeurs sont les plus décid pour Ferry.

h Comme de juste, j'ai été voir le dant Picot et lui ai remis votre p il a été très aimable et dit être si élection.

« Après avoir causé longuement ensemble il m*a dit textuellement : a Prenez garde de ne rien compromettre; ici tous les boulangis- . tes votent pour moi, non pas parce qu'ils aiment Boulanger, mais en haine de Ferry. Je suis certain de mou élection, ^r^n^j garde de ne rien compromettre.

« Un seul endroit est mauvais pour moi :

Raon-rEtape; là les radicaux voteront pour Ferry. C'est le seul endroit où vous pouvez faire quelque chose, ailleurs tout va bien. »

« Que pensez- vous des affirmations de cet homme? S'il pouvait dire vrai, quel succès pour nous ! Mais, malgré ses affirmations, la victoire est incertaine.

a Enfin je pars pour Raon-FEtape demain avec 2000 journaux. Je tâcherai de voir ce que je puis faire, mais d'après les renseignements c'est très difficile d'aborder les électeurs, je verrai et je vous promets d'être prudent.

LE flBNERAL BOULANGER

S écoater grand nombre de pertiondeM. Picot serait certaine; ! dit partout.

j'ai déjeuné dans le môme hôtel ; qui faisait sa tournée ; U m'a :availler*a«5 rien compromett ne pas parler de Boulanger, le) tout le monde ici est boulanoispar moi-même, matin j'irai voir un nommé 1, ancien communard, qui peut reste à Sachemont ; je crois en 'est M. Barrés qui lui a écrit à

matin je partirai encore pour i.avecles journaux qui me rest dans celte localité que Ferry rt et à mon retour à Saint-Dié une réunion que le Comité révi- 3aint-Dié donne en convoquant iers. Comme vous le voyez on ertain du succès. Dans tous les

toire de Saint-Dié a été remportée non par les chefs, mais par les soldats et les sous-officiers, en dehors du grand organisateur Dillon (!), qui n'avait rien organisé, et avec le concours d'un seul agent électoral zélé et intelligent quine nous a pas dépensé 700 francs!

Depuis, M. Picot a été invalidé. Que sont donc devenues les voix des hobereaux, de la bourgeoisie et des curés de Tarrondissement ?

Mais dans ce coup de collier qu'il fallait donner dans l'Est le choix des agents électoraux était singulièrement fantaisiste.

L'homme sérieux que j'avais envoyé à Saint- Dié avait « produit, »> rapporté et largement compensé la mesquine dépense qu'on avait faite pour lui, c'est qu'il avait mis lui-même la main à la pâte et qu'il ne travaillait pas en « amateur » .

Mais il y avait des agents expédiés et fournis par le comte Dillon lui-môme, d'autant mieux rétribués qu'ils ne faisaient rien,

ïI^T,'

n'avaient rien à faire, n'étaient bons à rien^ sinon à touclier de fort jolies indemnités de route. C'étaient les favoris de Dillon, qui allaient « jeter un coup d'œil » sur Télection de telle ou telle circonscription, faisaient un

rapport et empochaient.

Comme exemple, en voici un :

« Nancy, 24 juillet, 1889

« Monsieur le Baron,

c( J'ai rhonneur de vous accuser réception de votre lettre du 23. C'est la première fois depuis mon arrivée à Nancy que j'ai l'honneur de recevoir des nouvelles du comte Dillon. J'ai écrit sept lettres, vous ne me parlez que de celle du 17 juillet.

« Dites bien au comte Dillon que ma mission a eu le plus complet succès, l'entente est faite. Dites aussi au comte Dillon qu'en ce moment je travaille sans relâche au succès deTélection du 28.

' ~ ^^T^^TT.'ï^'' ^" ^f — .- -^^,^,,, ^ ^ T^' ^t ^^

194 LE oéNÉRAL BOULANGER

Hier j'ai visité avec M. Boutin, chef de la . Ligues des Patriotes ^ sept communes. A Pont-Saint- Vincent on nous a menacé de coups de fusil. Aujourd'hui je pars immédiatement pour visiter les quatre autres communes. Dans les campagnes, le succès est douteux, les voix doivent à peu près se balancer. A Nancy, je compte sur la majorité. La pression exercée contre nous par l'Administration est simplement furieuse.

« Je quitterai cette ville lundi soir ou mardi. Si le comte Dillon désire que je reste, faitesle-moi savoir de suite, monsieur le baron, et je resterai. S'il avait une nouvelle mission à me confier je me mets entièrement à sa disposition.

« Je vous prie, monsieur le Baron, de vouloir bien agréer Tassurance de ma considération.

« Signé: Comte de Boulogne. »

Je serais en vérité fort embarrassé de dire

Page 1