LK GÉNÉRAL BOULANGER
tielle, être du pays ; avoir uae situation sociale indépendante, et jouir d'une influence qui, si elle était inférieure à celle du châtelain de Foucharupt, pût cependant, à ufi moment donné, entrer en ligne de compte.
Le diflicile était de trouver un homme qui réunit ces conditions.
Pendant près de vingt ans, Jules Ferry, qui avait occupé les plus hautes fonctions de rEtat,avaitinondérarrondissementdeSaint- Dié de ses créatures. Le Tonkinois était le Grand Manitou des Vosges. Ses fautes, on voulait les ignorer; son impopularité on la niait. Ferry vivait encore sur son calembourg de 1869 et les o Comptes fantastiques d'Haussmann » , qui ont établi sa réputation, avaient le don de dérider nos bons Vosgiens.
Il est vrai que si l'homme de «l'article 7»
était prophète en son pays, le reste de la France le repoussait avec horreur et son impopularité avait été un des plus puissants agents du succès boulangiste.
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Tous les yeux étaient portés sui coin de terre de l'Est, et on faisait élection de Saint-Dié une quesli( pour le triomphe futur. A tout prix vaincre.
Il semble que le soin de mener ci pagne <i des Vosges » incombât a national, et qu'on ne devait rien pour assurer la défaite du Tonkïnoi
Hélas ! Le comité national (?) n' donné signe de vie. Il ignorait, je c qu'aux titres de l'homme qui sera didat antiferrysie à Saint-Dié, i aucune notion du pays, de la situa tique des partis en présence. Il rien, comme à son habitude.
Quant à Dillon, il faisait moins car ses tergiversations, sesbésitalio plus nuisibles encore, que n'eûi inertie.
Le général Boulanger, de son ci on le comprend, à cœur de voii
IX oéNÉBAL B
ne m'avait-il dit que ces queldans uni serrement de main :
absolument sur vous ; il faut choue. »
d'aller voir par moi-même ce arrondissement, quelles forces liaient se trouver en présence, a situation exacte des deux adavaitbienàParîsentenduparlep commandant Picot, qui, seul, • des chances sérieuses de l'emn redoutable conçurent.
; que tout était organisé là-baa mrail qu'à stimuler le zèle des ammer l'ardeur des militants et en un mot, une élection qui ule.
is au 13 septembre, soit huit le scrutin. Je n'hésitai pas et Quel homme était-ce que le Picot ? Quelles étaient ses opines ? Autant de problèmes à
résoudre. A Paris on ne sa ne pouvait me renseigner el sordre de cette fameuse o^ raie du comte DiUon que If n'avait même pas proposé ui lutter contre Ferry, et que un républicain notoire, on a cepter le .... commandant P
Installé au service de la province, rue Galilée, je con£ à M. Goiran, et partis pour soir, muni d'une somme da prise sur le fameux crédit d qui devait me servir pour toi criplions de France !!!
Je m'arrêtai à Nancy oi ami Barrés, un vrai trava:
qui ne comptait que sur lui fut jamais soutenu par Dillon encore, et qui enleva son éle du poignet. Barrés avait larf sa personne, et il ne doit an
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nal que l'argent de ses affiches et de ses bulletins de vote envoyé à la dernière heure. D'autres subventions ou subsides il n'en eut pas. Je le quittai sur l'assurance qu'il me donna qu'il serait vainqueur et j'arrivai à Saint-Dié le 14 dans l'après-midi.
Au débotté je me fis indiquer le domicile de quelques-uns de nos amis et au bout de 10 minutes j'étais fise sur le Commandant Picot.
Très brave homme, officier supérieur du génie, démissionnaire, M. Picot à la tète d'une grande fortune avait dans le pays de gros établissements industriels. Il était bien l'adversaire de Ferry, certes ! En politique, il était imbu des doctrines de l'Orléanisme de province, le plus étroit et le plus mesquin de tous les orléanismes. Bourgeois dans la moelle, il rêvait bien plutôt la monarchie censitaire de Guizot et de Moté que la dé mocratie égalitaîre et républicaine.
En religion, le Commandant Picot, inspiré
ET Ul conspiration MONARCHIQUE
par sa vénérable cooipagne. incarm cléricalisme de petite ville, et soii ment entretenu dans ces principeE famille dans laquelle 11 était entré, naissait guère que le service divin, ces, les processions, le dais, la fabi les congrégations.' On voit, parla, q cien polytechnicien était des plus <] pour se poser en adversair* de Jules l'initiateur des décrets, et qu'il ten.
du marguillier et du diacre Paris conventionnel Saint-Just.
Muni de ces renseignements, je i sentai au logis du Commandant e rencontrai que M"' Picot dont l'accu et compassé me fit regretter la long mon voyage. Ses premiers mots « M. Picot est sorti ; je ne sais quan trera. Il s'occupe de son élection e l)esoin d'aucun appui pour réussir !
— Mais, madame, j'arrive de Loi de Paris : le Général Boulanger tie: