CONCLUSION
Les Judas. — Le Golgotha. — Eli, Eli j Sabactani. — La rnort.
Le 6 octobre, tout espoir de réuss même de revanche était perdu.
Avant cotte date, les disciples, les c dats à la députation, les faméliques di rang, portaient aux nues le Messie ai val noir, parsemant sa route de pro lions de dévouement, d'engagements d neur, de reconnaissance' éternelle ! 1 rameaux, destinés à joncher le chemir
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loureux qu'allait parcourir celui qu'ils devaient trahir.
Et, quand après la défaite de septembre et d'octobre vint le renouvellement du conseil municipal de Paris, ceux qui n'avaient pas encore tout à fait renié le Maître, ceux qui, pareils aux chacals et aux hyènes, flairent une proie facile, ceux-là sentant que quelques billets de mille restaient au proscrit, se réunirent afin de se mieux partager ses dépouilles.
Ce fut une épopée mémorable : le général, de Jersey, signa les chèques touchés chez Rotschild, et consacra ses derniers deux cent mille francs à jeter la pâture à tous ces affamés:
En lui-même, malgré ces affirmations publiques, malgré le clairon sonné en victoire, il se disait : mon royaume n'est pas de ce monde et lentement il gravissait son calvaire s' égarant parfois en de fugitifs rêves dans le jardin des oliviers.
Après le dernier désastre, les baisers de Judas abondèrent sur sa face pâle, sur cette tête de soldat qui avait vu la mort de si près, qui l'avait toujours cherchée, qui la souhaitait encore au milieu des rangs français.
Dillon avait commencé ; ce politique, condamné par l'opinion publique, avait disparu depuis longtemps, n'ayant d'autre soin que.... de rendre ses comptes aux gens du roi, comptes que nous ne verrons jamais, les Orléanistes ne voulant pas qu'il soit dit qu'ils ont été roulés !
Le grand cri de guerre contre Boulanger fut : d'où vient l'argent?
Nous demanderons nous : où a passé l'argent ?
De tous les millions versés, la moitié à peine fut dépensée, en besognes inutiles.
Où se trouve l'autre moitié ? ? ?
Le général est mort sans laisser un centime, ses serviteurs les plus dévoués sont
pauvres, mais ceux qui, dans le boulangisme,, avaient vu V affaire à faire j vivent somptueusement, les chevaux piaffent dans leurs écuries, Texistence leur est douce.
Les Judas de Paris, et tous les autres, après avoir pendant quelque temps jeté la poudre aux yeux, commencent à porter le poids de leur infamie.
De Jersey le proscrit voyait tout cela, sentait son cœur se serrer, ses illusions disparaître ; il se reposait en la seule chose qui lui restât : Tamour.
Le calice était bu jusqu'à la lie, rien n'avait été épargné, on l'avait sali, traîné dans la boue, frappé dans ses affections, dans son amour paternel, dans son patriotisme. Il espérait vivre désormais à l'abri des injustices et des orages populaires, loin des traîtres et des lâches ; il se complaisait en une future existence de joies intimes, avec une secrète espérance de gloires militaires en cette vieille France qu'il adorait ! Il se trompait !
IHCTÇWP?
Le calvaire n'était Golgotha dressait son sur les ligues du fata
M" de Bonnemaii tomba gravenient m ment du général, anr des dépêches en dm énergie de femme, son dévouement à Te pour le rejoindre à I
Après un court vo; amants revinrent s'i dernier» étape avant
De la politique il :
Mouton-Dufraisse sei des rares fidèles de F tout entier à sa mala< nir, rêvant chaque j( rivait jamais, semai ■ses pour la guérison
Enfin l'adorée s'ét grand enfant éperdi
, lui criant : ne t' en vas pas, ne t'en vas
1 jour- là fut la dernière station doulouî de ce chemin de croix parcouru si rament.
lis la morte rendue à la paix du tombeau oscrit ne vécut plus qu'avec l'idée fixe i rejoindre : sa résolution était inexora- A maintes reprises il en avertit son enige et deux jours avant sa mort il di- ; ce sera pour après-demain, ières, larmes, supplications, rien n'y fit.
)s affairas en ordre, son testament ré- , il partit un matin pour Ixelles, trom- ; la vigilance de ses amis ; et, là, tout re la tombe de Marguerite, il prononça , EU, lama Sabactani du Christ et dispade cette vie sans amertume, sans ranï, sans regrets, pardonnant à tous ceux l'avaient offensé, ne voyant plus que > la Mort, le durable, le seul, l'éternel
'■'.tt^
Et maintenant, paix à ses cendres !
Que ceux qui n'ont jamais failli lui jettent la première pierre.
L'histoire dira que Tarmure qu'il portait n'allait pas à sa taille, soit : au point de vue politique; mais, nos descendants seront persuadés que le général Boulanger était un patriote ardent, un républicain sincère, un soldat éprouvé.
Les événements l'ont porté au pinacle, la popularité en a fait son idole passagère, les sucGos Tout grisé, lui ont fait croire au bien alors qu'il aurait dû voir le mal partout et se défier des humains ; le torrent politique l'a emporté, l'r. roulé., l'a brisé : les Judas et les hommes d'argent ont fait le reste.
Pour nous, Boulanger restera une des nombreuses victimes de l'Orléanisme, qui n'a reculé devant aucun moyen pour l'accaparer, pour s'en servir, avec l'intention bien arrêtée de le rejeter ensuite comme une vieille loque usée et défraîchie.
'ir
Alors que les Ponce Pilate opportunistes se lavaient les mains, Orléans criait : <« délivrez Barabas, crucifiez Boulanger » ! Ce crime sïnscrira à l'actif des partisans de Philippe VII et de leurs agents auprès du Général.
L'avenir et le peuple se chargeront de venger la mémoire du malheureux soldat :
la revanche du mort a déjà commencé.
Paris, février 4893.
remplacés par d^autres, parfois rétablis à nouveau, en dernier lieu. Pour bien indiquer les radiations successives et les candidatures définitives nous faisons précéder d'une astérisque les noms qui sont rayés sur le cahier.
L'original contient encore une colonne portant les noms des candidats du Gouvernement, nous ne jugeons pas utile de la reproduire.
Il est bon d'ajouter aussi que certains noms que nous portons comme définitivement maintenus ont été remplacés au dernier moment pour raisons particulières, car le cahier électoral a été, tel qu'il est, rédigé en juillet et août 1889 ; c'est à titre de curiosité rétrospective que nous le reproduisons ici.
Les notes prises dans la colonne « observations » sont écrites de la main même de M. Dillon.
LE GÉNÉRIL BOULINGKR
La Palisse. .
■ Forjfts.
' DesmaroQi de Ganlmin.
Anc.B.-préreldel'AU
HoDtlaçonl'-
Hartenot.
■Farjas.
• Theurault.
Theurault.
•DrMony-FaroUa.
' Monange.
HoDliBI. 1"
De Las Caies.
Db Chevriers
■Come.
Conseiller général
■Méplftin.
' De Tracy.
Barcelonnette
Liévard.
• Urbain Goérin.
• Liotard.
Gastellane . .
De CollevUle.
Forcalquier .
Doumere.
• De Sel»e.
' De Selva.
iisteron . . .
Suquet.
Digne ....
Pro»l.
CIRCONSCRIPTIONS
6 I St-Girons.
Arcis-s.-Aube Bar-s. -Seine.
Nogent-s.-S. .
CANDIDATS DU PARTI
NATIONAL-CONSERVATEUR
< I Troyes . . 1
re
Garcass. 1 2«
Narbonne 1
re
Castelnaud. .
Limoux . . .
Espalion .
ô l St-Affrique. .
2 \ Millau .
^ 'Rodez. . .1"
De Bellissen.
yte Begouen.
*Véron.
Piot.
De Fontenay.
Gharonat.
*De Fontenay.
*De Bange.
Menuelle.
* Gonil.
* Thézenas.
Baron J. Legoùx.
Jourdanne.
Castel.
Théron.
* Gharlus.
Thil.
* Rivière.
* Peyrusse.
Boulet.
*Lenglé.
* Heynac.
*Kérouast.
* Peyrusse.
Mis de Lordat.
Fondi de Niort
De Benoit.
Barascud.
Vernhette.
* Colonel Massol.
De Montéty.
Roques.
* Pradier.
OBSERVATIONS
Soutenu par Véron.
Conseiller Général.
Avocat, ancien député.
Gharonat à soutenir pour faire le jeu par Maurice Toutin.
(Ferroul à ne pas combattre).
Mission Vergoin-Lenglé.
CIRCONSCRIPTIONS
Angoulém.l'
CANDIDATS DU PARTI
NATIONAL-CONSBRVATEUR
Barbezieux.
I / Cognac . .
^ ^ Confolens .
Ruffec . . .
Jonzac ....
Marçnnes. . .
Rochefort . .
La Rochelle. .
St-Jean-d'An.
Saintes. . 1"
La Roche-Joubert.
* Deroulède.
* Gélibert des Séguins.
Amous.
Cunéo d'Ornano.
* Gélibert des Séguins.
Gélibert des Séguins.
* Boreau-Laj anadie .
De Champyallier.
Echassériaux.
Duport.
Georges Roche.
De Beaussant-Gratcap.
Roy de Lonlay.
G. Dufaure.
Jolibois.
OBSERVATIONS
Bourges.
St-Amand. 1
Sancerre
6 [ Brives.
irt
Prince d'Arénberg.
Tourangin.
•MeUot.
* Pépin de Halleur.
*Aubertot
Legaud.
*MeUot.
"Mis de Mortemart.
De Montsaulnin.
*De Montsaulnin.
De Vogué.
•MeUot.
Jouvenel.
*Millevoye.
*Lapayre.
Boutin.
(fils de rex-ministre).
"TTJT
CIRCONSCRIPTIONS
CANDIDATS DU PARTI
NATIONAL-CONSBRVATBnR
OBSERVATIONS
^ l Lannion. . 2'
De Kergariou.
-è \ St-Brieuc» 1"
* Garnier-Bodelére.
Voir s'il y a confusion
si 2'
Vte de Lanoire.
de circonscription.
g 1 Loudéac . . .
Le Cerf.
/ Aubusson. !'•
Dr Gazé.
* Sallandrouze.
Jora,nd.
Manufacturier.
g5 1 Bourganeuf.
Champeaux.
De Royer.
^ Boussac . . .
* Paquet. *Fem. Martin.
Avoué à Bourges.
De Verdal.
*Lezaud.
Guéret. . . .
Lacôte.
à sonder?
Bergerac. 1"
De Lapanouze.
Thirion-MontAuban.
*Mi8 de Valette.
1 Nontron . . .
Ribeyrol.
*Sarlande.
"Rejou.
"Theuliep.
'S \ Périgueux 1"
Maréchal.
De Loqueyssie-Meilhodon * *E. Gay (?).
63 ans (t).
Ribérac. . . .
Fourtou.
"Lanauve.
Sarlat. . . 1"
De Bosredon.
Taillofer.
Baume-les-D.
Estignard.
Lutte.
Moustier.
Montbéliard .
Chabrier.
Nicolas Kœchlin.
Seconder K. par un ré-
â ] Pontarlier . .
Maggiolo.
public, révisionniste.
1 1 Besançon. 1'*
Aurio.
A soutenir.
* Bretillot.
CANDIDATS DU PARTI
HATIONAL-OONSBEVÀTBOIl
S\ Beaançon. t'
Louis Milcent.
Très
•De Vezel
al
Die
Delamarre.
'De Courcelles.
logé]
Nyons. . . .
D-Aulan.
•VerdetfilB.
Guinet.
■ Beranges.
■Verdet Bis.
«^ Valence. . i"
•Imbert.
Terri
" Des Granges.
Lacour.
' Monnier de la Sizeranne.
Les Andelfs.
Louis Pas87.
Bernay. , . .
Fouquet.
Evraui. . 1"
Arthur Mayer.
'ComtâdeCbévrier.
•Arthur Meyer.
* Dubosq.
Olry.
•De Barrel.
Louviere. . ■
Sevaistre.
Pont-Audem.
Gauthier de Lafarrière.
, ChartreB . 1"
WiUenich.
(de 1'
Chabrillat. .
'De Saint-Laumer.
° Chftfeaudun.
Penelle.
'Renault.
Main
i Dreui. , . .
Louis Liévin.
■Montgomery.
W Kogent-le.R.
Fëliï DunaJ.
•Ferdinand Dugué.
•FardouËt,
(der
^- \mm ■ " •
LE GÉNÉBAL BOULANGER
CIRCONSCRIPTIONS
CANDIDATS DU PARTI
NATIONAL-CONSERVATEUR
OBSERVATIONS
Brest . . . 1"
Chevillotte.
A soutenir.
Boucher.
*Freppel.
* Lautier.
ChA,teauUn !'•
Morlaix. . 1"
De Legge.
De Saisy.
De Kersauzon.
.2\Quimper. !'•
De Kermenguy.
Beaume.
De Grilleau.
Très populaire.
*Derrieu.
"Chamorillard.
*Roussin.
Derrieu.
*De Saint-Luc.
Quimperlé. .
Léon Lorois.
/ Alais . . . 1"
Rolland.
* Gardiez.
De Ramel.
Avocat. Protestant.
l Mimes. . . 1"
Comte de Bemis.
Montégut.
"Allemand.
* Guizot.
Bon candidat(Numa Gilly; à ne pas combattre).
2e adjoint.
Uzès
1 Le Vigan . .
* Emile Perrier.
Pieyre.
*Veuland.
Clausel (de Saint-Martin Valognes).
(Vacher).
A soutenir.
ù Muret ....
Niel.
o St-Gaudensl"
Piou.
De Lassus.
g 1 Toulouse. 1"
De Suzini.
* Lenglé.
ClROONSCWPnONS
CANDIDATS DU PARTI
NATI0NALK!0NS1BV*TH.R
■ Toulouse. 1"
Oldekop.
Ae
Duborel.
a Ville franche.
Jaffary.
Aach
Peyrusse.
, Gondom . . .
Daynaud.
2 Lectoure. . .
Dalpech.
Faurâ,
Mirande. . .
P. de Cassagnac.
BszM ....
Mii de Lur-Saluces.
BUye
Dr Froin.
Lespsrre, . .
Peyrecane.
Ancien avoc
U Réole. . .
Robert MitoheU.
Libourno. 1"
Brisson.
'Saint-Martin.
Troplong.
^(Bordeaux. 1"
ChichÔ.
•Ferret.
Aiiuel.
■Uporte (Michel).
Jourde.
Db Sonneville-Prinoeteau 'Le Général.
•Laguerre.
De Garayon-Latour.
De la Chauagne,
Béïicra. . . 1"
-DeSuzini.
•Vittini.
•U Général.
■BelleviUe.
• Laiaant.
De Puyaégur.
Condamné è
= Monlpell. 1"
Blanchet.
prison po
•Marte.
lions gén<
De Saint-Auban.
Avocat de H
CANDIDATS DD PARTI
Puthaad.
'Saerz.
André Reille.
Boullay.
Des Haya.
*Le Hérissé.
rt. . .
Porteu.
•Jugnet.
•Dr Roui.
'Emile Abeille.
Legonidec de Traiasao.
Le Hérissé.
"Le Bastwd.
Pierre Garron.
■Binard.
Giberl, — LeJolif. — La Chambre.
De Lorgeril.
•Surcouf.
Ne saurait exister com-
BenazBt.
me candidat.
Lejeune.
Chariemagne, "Demy.
'Les deui frères Dufour.
De Saint-MarUn.
De BoDoeval.
■ Locomte.
Delahaye.
Apaiser d'Aussigny.
Haller.
ancbonap.lAccordné
av. c. Wilsout ceEsaire.
'De Marsay.
Du Sausaay.
Marne.
Laurenceau.
De la Rue du Camp.
CIRCONSCRIPTIONS
Montbrisonl'* Roanne. . 1'*
St-Etienne 1"
CANDIDATS DU PARTI
NATIONAL-CONSERVATEUR
Brioude
« ) Yssingeaux. . § / Le Puy. . l'as f 2*
Ancenis . .
Chàteaubr.
Paimbœuf.
Nantes. . i"
S iSt-Nazaire 1"
.IGien. . . .
« j Montargis .
Bouchetal-Laroche.
Du Ghevalard.
Charbonnier.
"Cheissin de la Place.
'Gabriel Vadon.
Bouiller.
France-Bertrand.
*Laur.