‹ Le général Boulanger et la conspiration monarchiqueChapitre 8 sur 24 · DEUXIÈME GROUPE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME GROUPE

Les mêmes plus le comte Dillon et moi.

Je ne sais si les intéressés ont conservé ces minuscules papiers, quant à moi je les ai précieusement fait encadrer et garde ces photographies qui seront peut-être un jour recherchées par des amateurs de documents historiques! Qui sait?

Le retour à Londres se fit gaiement sur le mail-coalch habilement mené par la duchesse qui nous conduisit jusqu'à Craven- Hill, où je n'eus que le temps de passer

mon habit pour aller commander au Critérium, chez Spiers and Pond, le dîner que le comte Dillon offrait à nouveau à ses convives augmentés cette fois de M. Arthur Meyer.

Charmante journée, n'est-ce pas?

Quelle bonne préparation électorale pour le 22 septembre !

La maison du Général à Londres. — Pour l'histoire il n'y a guère de petils détails. Les moindres choses ont leur importance et comme tout ce que nous avançons est Texacte vérité, nous laisserons le lecteur juge d^en tirer les conclusions.

Notre ami, dans la vie civile qu'il s'était créée, avait un grand tort : c'était de toujours se considérer comme le Général et de ne regarder ses secrétaires, employés, serviteurs, que comme des soldats. Aussi trouvait-il très bien qu'un secrélaire ne touchât que 100 ou 150 francs par mois, se di-

LE a^NÉBAL B<

part lui, que c'était une rémunéraléiieure à la solde d'un adjudant!

Lsonnait bien mal^ car au moment îs qu'il traversait, il ne fallait autour [ue des gens sûrs, probes, désiutéou des secrétaires assez largement is pour qu'il n'y eût pas à craindre

part les tenlations malsaines et...

uses, et ce qui est arrivé fort souélas ! la certitude d'une même nourdeux râteliers !

il n'y avait pas moyen de lui faire 3 raison sur ce sujet.

: vrai que de Paris à Bruxelles, Imn

des secrétaires parasites de la rue -d'Urville et de la rue Perronnet ; fonctions consistaient à écrire sur es du Général « avec tous mes relents » ou bien n avec l'assurance ive sympathie » étaient restés en

'uxelles à Londres nous en semâmes

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encore quelques-uns. A Londres on élimina le reste et finalement la maison du Général se trouva ainsi composée :

Le capitaine Guiràud chargé de venir le matin demander à quelle heure on montait à cheval ou sortait en voiture. Il avait aussi la surveillance de l'écurie, des cochers et palefreniers.

Entre parenthèse, la livrée du Général fut toujours très mal tenue. Le capitaine, excellent écuyer, grand connaisseur en chevaux et dresseur consommé, n'avait pas le chic nécessaire, de nos jours, pour tenir un équipage avec l'élégance obligée. Les chevaux étaient bien, et encore n'aurais-je pas payé cher le fameux « cheval noir », mais les voitures étaient vieux jeu ; coupé avec mécanique ; les livrées et les harnais laissaient fort à désirer pour un homme qui, comme le Général, était le point de mire de tout le monde et surtout dans une ville aussi aristocratique et aussi affinée en la matière que Londres.

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Le capitaine touchait auprès du Général l'équivalent de sa solde entière de présence ; Boulanger se sépara braillement de lui quatre mois après.

M. MoutQït-Dufraissey secrétaire particulier du Général. Celui-ci n'avait pas d'appointements fixes, le Général subvenait à ses besoins et lui donnait suivant ses demandes.

M. Colmache^ deuxième secrétaire, traducteur d'anglais ; 300 francs par mois.

Puis, en camp volant, du Général au comte Dillon, Fauteur de cet ouvrage, volontairey sans appointements.

Le service de la presse était fait par notre confrère Bois-Glavy qui, chaque matin, avait Tennuyeuse mission de lire tous les journaux de France et de Navarre, de découper les articles pouvant intéresser, de les coller sur des feuilles spéciales, et de les soumettre ensuite au Général qui indiquait les réponses à faire, les dépêches à envoyer.

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Chez le comte Dillon, M. Dufour, secrétaire, 300 fr. par mois ;

M. Lamouroux, secrétaire, 360 fr. par mois;

Puis vers la fin M. Bernard d'Attanoux, dont j'ignorais la situation pécuniaire.

On peut voir d'après cela que les dépenses des maisons du Général et du comte Dillon étaient loin des chiffres fantastiques que les journaux hostiles et souvent amis se plaisaient à publier.

Les grosses dépenses avaient lieu à Paris, où Dillon entretenait une armée inutile d'individus appointés de 60 à 200 francs par mois, réglés par M. Jollivet, sous prétexte qu'ils avaient été employés au Comité de la rue de Sèze, rue Perronnet et dans les élections passées.

Puis aussi les mensualités acquises et maintenues bien à tort à divers hommes politiques, à certains journaux de Paris et de province.

geaient également à Londres Monsieur

Morphy, Tanarchiste bien connu (??) qui touchait .400 francs par mois. Parfois le compagnon Soudey venait le rejoindre ; on lui payait ses déplacements.

Cette orgie de Tanarchie paraît bien étrange, n'est-il pas vrai? et ferait naître des doutes sur la vraisemblance, si nous n'avions nous-môme sous les yeux et en notre possession, mais en lieu sûr y les reçus datés, signés et dûment photographiés en double.

Au point de vue « mouchard » le parti n'en entretenait pas. Il y avait dans le nombre assez de faméliques qui faisaient cette besogne d'eux-mêmes, et souvent pour Vun et Vautre camp. Seulement à l'arrivée à Londres, quelques-uns allèrent offrir leurs services à Dillon.

On s'en rendra compte par la lecture des lettres suivantes émanées du même individu , un sieur Cintrât, demeurant à Londres, 42,

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