‹ Le général Boulanger et la conspiration monarchiqueChapitre 7 sur 24 · AT · texte numérisé non relu

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représentant attitré du comte Dillon, à Paris. Sa besogne consistait à se rendre Avenue d'Antin, chez M. Dufeuille, chez M. arthur Meyer et ailleurs, toucher de l'argent sur Tordre de Dillon, et ensuite, sur les instructions de ce dernier, il réglait les dépenses et les notes que les Orléanistes voulaient qu'on payât.

A chacun de mes retours, je m'ouvrais de cette situation au général ; je lui disais que tout allait mal, très mal... Il me traitait de peureux, de timoré, m'affîrmant que ses rapports étaient des plus optimistes ; que de partout lui venaient les meilleures assurances de succès et de triomphe.

Hélas ! j'étais bien sûr de ce que je voyais par moi-même, et je plaignais de tout mon cœur le pauvre exilé, dupe et victime des flatteurs et des aigrefins intéressés à le leurrer.

Dillon me disait aussi : Ne vous inquiétez donc pas !

A LONDRES (Suite)

Un déjeuner à Richmond, — Le photographe ambulant. — La maison du Général, — La maison de Dillon, — Les anarchistes Morphy et Soudey. — D'Allavène, — Surveillance à notre égard. — Echantillons conspirateurs. — Le grisou à Saint-Etienne, — Mon voyage dans la Loire,

Dans le courant du mois de juin, je fus appelé un dimanche matin chez le comte Dillon qui me pria de me rendre immédiatement à Richmond et de commander pour le jour môme un déjeuner de neuf couverts ; il m'en

confia Tordonnance et me chargea de rete-

LE g£séral boulanger

S chambres pour ôtre mises à la disin des dames.

convives devaient être : le Général, besse d'Uzès et ses deux filles, M. Ar- Meyer, la comtesse Jacquemont, le , la comtesse Dillon et votre servi-

t fut prêt à l'heure dite.

s les midi et demi déboucha du parc ihmond au grand trot de quatre chebais le mail-coatch conduit brillampar la duchesse. La lourde voiture a devant le perron du Star-and Gav' tel pour y déposer les invités au coml'exception toutefois du Général que le Bonnemain, déjà en froid avec liUon, avait empêché de venir, et de thur Meyer, retenu à Londres, déjeuner des plus soignés, arrosé depagne Clicquot (ûatterie de Dillon, à 1 de la duchesse), était servi dans une iah choisie spécialement par moi au

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deuxième étage de Thôtel et ayant vue sur un des plus charmants coins de la Tamise qui se divise à Richmond en plusieurs parties.

Chacun de ses bras, semé d'îles vertes que le hasard a habilement placées dans les plus jolis endroits, serpente au milieu d'une luxuriante végétation égayée par les coquettes villas construites au bord de Feau.

L'aspect en devient plus riant encore, car, dans la belle saison, la Tamise se parsème de petits cottages anglais bâtis sur chalands et que certains propriétaires font remorquer par les vapeurs remontant le fleuve. Ils s'installent momentanément dans les sites les plus coquets jusqu'au jour où leur fantaisie les entraîne à la recherche d'un pittoresque nouveau.

Nombre de ces riverains nomades possèdent leur yacht et excursionnent journellement sur les rives de la Tamise.

En face de cette belle nature, par une déli -

cieuse journée d*été, comment notre repas n'eût-îl pas été présidé par la gaîté?

La conversation roula principalement entre la Duchesse, ses filles et moi, sur la chasse et les goûts sportifs de ces dames.

De politique, il ne fut pas question, heu-^ reux qu'on était de s'en éloigner momentanément.

On n'y fit allusion que par quelques pointes sous-entendues lancées par la duchesse et M^^ Dillon contre TEgérie du général dont Tastre avait pâli auprès de son ancienne amie.

Cependant le temps n'était [pas éloigné où ces deux femmes qui allaient devenir ennemies acharnées (j'entends par là la comtesse et M°^® de Bonnemain) se visitaient fréquemment, s'accablant réciproquement de mutuelles protestations d'amitié.

Mais rien est-il plus futile que les affections féminines?

Le repas terminé, M"^^ d'Uzès, dont Tune

est aujourd'hui duchesse de Luynes, me demandèrent de leur servir de cavalier pour les aider à prendre quelques souvenirs photographiques de ce site réellement enchanteur et journellement visité par les touristes. Je crois môme que la plupart des plaques furent ratées, selon la coutume des amateurs de photographie.

La duchesse, boule-en-train de toutes les fêtes et très secondée par ses charmantes filles, proposa alors de se rendre à la foire minuscule composée d*une dizaine de boutiques ambulantes et qui se tenait sur un petit tertre voisin du Star and Garter hôtel. Llnspection des merveilles foraines fut vite passée et après quelques tours de roues aux loteries et quelques pipes cassées au tir, la duchesse avisant un photographe ambulant nous poussa devant Tobjectif de l'artiste !

Elle eut l'étrange idée de nous faire photographier en groupe, ce qui me vaut le

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souvenir de cette agréable journée ; le photographe tira plusieurs épreuves de deux groupes ainsi composés :

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