‹ Le général BourbakiChapitre 4 sur 69 · UN PATRIOTE GREC LE COLX.ÈGE MILITAIRE DE LA FLECHE · texte numérisé non relu

UN PATRIOTE GREC LE COLX.ÈGE MILITAIRE DE LA FLECHE

Au mois de décembre 1798, des bruits contradictoires circulaient en Europe sur l'attitude inquiétante que prenait le géiiéral Bonaparte en Egypte ; des difficultés inattendues, suscitées par l'or de l'Angleterre, surgissaient de toutes parts. Le Directoire s'en inquiétait. La seconde coalition était partout victorieuse. Les armées russes et autrichiennes avaient battu Jourdan sur le Danube, Schérer sur l'Adige, Moreau sur TAdda. La république cisalpine était détruite, Mantoue assiégée, Masséna se maintenait à peine dans les rochers de la Suisse.

A l'intérieur, les Jacobins du Manège relevaient la tête, pendant que la Vendée prenait les armes.

La famille du général Bonaparte, qui avait des parents et des amis à Gênes, à Livourne, en Corse, organisa un service de correspondances pour communiquer avec le commandant

GÉNÉRAL BOURBAKl. I

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en chef de rarmée d'Egypte, lui faire connaître la situation de la France, et l'engager à rentrer à Paris, pour mettre de Tordre dans les affaires de l'État.

La mission était délicate et dangereuse. II fallait un homme très au courant de la navigation, connaissant bien la Méditerranée, sachant éviter les croiseurs turcs et anglais embusqués aux abords du cap Matapan ou du cap Saint-Ange et qui voulût bien se charger d'être un émissaire aussi audacieux que consciencieux, au risque d'être pendu haut et court.

Cet homme se trouva à Marseille, devenue l'entrepôt d'un commerce considérable avec l'Orient. C'est un marin grec du nom de Sauter-Bourbaki, que de fréquents voyages à Marseille avaient mis en relations avec Joseph Bonaparte, marié le i*' août 1794 à une demoiselle Marie-Julie-Clary ', fille d'un riche négociant de la capitale des Bouches-du-Rhône.

Le courageux marin était né à Céphalonie, capitale de la plus grande des îles Ioniennes. Il partit sans hésiter sur un petit bâtiment nolisé à cet effet ; navigua sous pavillon neutre à destination de Beyrouth, pour de là louvoyer le long des côtes du Levant, prêt à se jeter dans le port le plus voisin pendant l'absence des croiseurs anglais ; prêt aussi à jeter à la mer les dépêches qu'il portait et qui étaient enfermées et scellées dans une enveloppe de plomb. Il traversa la Méditerranée dans toute sa longueur, déjoua les calculs des corsaires ameutés par la piraterie turque, arriva à Alexandrie sans encombre et eut la bonne fortune d'accomplir sa mission avec un courage, un sang-froid et une habileté dignes des plus grands éloges.

Ce Sauter-Bourbaki est le grand-père du futur commandant en chef de la garde impériale du second Empire.

1, Née le 26 décembre 1777, morte le 7 avril i845.

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