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lions OÙ Ton reconnaît sa connaissance du métier des armes, toute la pénétration de son esprit, toute la rectitude de son jugement.
a Les intérêts d'une armée, dit le baron Lahure dans ses « Notes sur le service des états-majors », exigent une gestion douhle; celle de son côté moral et celle de son côté administratif. Un ministre de la guerre, fût-il un homme de génie, ne pouvant pas plus se maintenir au pouvoir qu'un ministre médiocre, il en résulte que l'influence de son commandement éclairé ne peut pas aboutir, que les travaux dirigeants de Tarmée, n'ayant aucune suite sérieuse, finissent par disparaître pour faire place à la routine administrative et au chaos. Il faut donc, en dehors du ministre, \xnQ puissance directrice de l'armée qui soit en quelque sorte son cerveau militaire ; cette puissance est le chef suprême du service des états-majors. » Chanzy demandait, à peu près dans les mômes termes, la création d'un chef supérieur et inamovible du service des états-majors. C'était, à ses yeux, le grand principe sur lequel devait se baser la réorganisation de l'armée. Le ministre, disait Chanzy, est toujours un personnage politique exposé à la fortune du cabinet dont il fait partie, et absorbé par ses relations avec les pouvoirs publics et par les soins de la haute administration ; partout on a
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compris Timpossibilité d'assurer au ministre seul la direction des choses de la guerre au point de vue purement technique ; partout, on a été amené à créer une personnalité, plus ou moins indépendante du ministre, qui se trouve tout particulièrement chargée de la préparation de la guerre.
n y a longtemps que Mirabeau a dit que Ton avait la prétention de gouverner le militaire comme tout le reste, absolument et sans appel, avec la plume et le papier, et la plupart de nos généraux ont, après nos désastres, demandé que tout fût simplifié dans Tadministration de Tarmée. Chanzy pensait également qu'il y avait trop de formalités, trop de correspondances et d'opérations de comptabilité, en un mot trop de paperasses et trop de commis. Il proposait, de même qu'autrefois le général Morand, d'assurer les bases de l'administration sur des lois et des institutions, et non pas sur des ordonnances révocables à volonté, selon le bon plaisir d'un ministre passager. Il demandait que les responsabilités supérieures, celles des chefis de corps, fussent très sérieusement, très gravement établies. Durant la guerre, lorsqu'il ordonnait aux commandants de ses corps de lui adresser l'état exact de leurs approvisionnements, il ajoutait que la stricte exécution de cet ordre engageait au plus Tiaut point la responsabilité des intendants. A
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Josnes, ii disait que les chefs de corps et généraux devaient se convaincre que pour toutes les mesures qui intéressaient l'organisation solide de l'armée, ils ne pécheraient jamais par excès d'initiative. A Vendôme, il déclarait que toutes les questions de vivres et de munitions, de service et de commandement devaient se régler dans chaque corps d'armée *.
De môme, il aurait voulu que le ministre de la guerre « exerçât une direction supérieure et un contrôle complet sur tout ce qui se rattache à l'organisation, au commandement, à Tadministration et à la répartition de nos forces militaires », mais que les détaiUi fussent « laissés aux commandants de corps d'armée, et selon leur importance, aux généraux et aux chefs de services sous leurs ordres », à condition que les attributions et la responsabilité de chacun fussent bien exactement définies. C'était mettre en jeu, à chaque degré de la hiérarchie militaire, l'émulation et rendre plus simple et plus facile l'application des règlements; c'était diminuer l'inutile paperasserie.
C'est surtout dans les manœuvres et les exercices de l'armée qu'il aurait voulu « rompre avec
^ Gharst, Loin, p. 1S8, 106, 180.
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nos habitudes de lenteur et de théories compliquées ». Avant tout, il fallait, selon lui, donner aux troupes l'habitude de la guerre, leur oflfrir aussi souvent que possible Timage des combats auxquels on les destine, appliquer leur attention et leurs forces aux choses qui se font en face de l'adversaire et sur le champ de bataille, les exercer exclusivement au rôle qu'elles sont appelées à jouer en campagne : soldats et officiers devaient avoir sans cesse présente à l'esprit, dans tous leurs mouvements, la pensée de l'ennemi.
Quelles étaient, demandait-il, les qualités principales d'une bonne infanterie ? Peut-être se souvenait-il du mot du maréchal de Saxe, qu'il faut donner aux jambes autant de soin qu'aux bras, et il exigeait d'abord du fantassin la « résistance dans la marche ». Mais il voulait aussi « l'habitude du terrain dans le combat » et « l'habileté, le sangfroid dans le tir ». Ces résultats, disait-il, ne pouvaient être obtenus que par une pratique incessanté pendant la paix. Il pensait qu'on perdait beaucoup de temps en parades et qu'on agissait trop pour la montre et l'ostentation. Il demandait qu'on mît à la place des trop fréquentes manœuvres d'ordonnance des exercices divers, exécutés avec intelligence, non pas seulement sur une même place, (}ans une plaine ou au Champ-de-Mars, sur