LE GÉNÉRAL CIIODEKLOS DE LACLOS
(Ml cHct, apparlciiaiciit à la hante socic'ti' ^rciiohloisf. Ce sont j»rohal)lenient les mêmes indiealions (|iu' Tilh nons a transmises. Yalnionl serait donc un olficier d'artillerie u portant nn nom célèbre dans les sciences » et dont les a\entnres avaient pris nn tel éclat, qn'il aurait eu la réputation de Lovelace, « si c'eut été nn homme de cour ». M'"" de Merteuil ne serait qu'nnc faible copie d'une grenobloise, la marqnise de L. T. D. P. M. Enfin l'aventure de Prévan serait arrivée à nn officier supérieur des mousquetaires, M. de Rochech
Quant an caractère de M'"" de Tourvel, « qui n'est pas commun », Laclos l'aurait imaginé '.
Le succès des Liaisons dangereuses se soutint jusqu'à la fin de l'Ancien régime. Elles continuèrent d'être l'objet de discussions passionnées. On en répandit une sorte de parodie, les Mémoires du vicomte de Barjac, qu'on attribua même faussement à Laclos. Tous les hommes y sont francs et généreux ; toutes les femmes honnêtes et pieuses. M'"° de Montesson tira des Liaisons une pièce qu'elle fit représenter sur son théâtre de Bagnolet, la Co/>?^(^6'6Y' de Chazelles. M™'' de Genlis nous apprend que l'œuvre de sa tante « tomba honteusement au troisième acte, » Le roman de Laclos trouva naturellement près des révolutionnaires une fortune nouvelle. On y vit justement le procès de la cour et encore de l'aristocratie toute entière. A cet égard, il ])aitagea la faveur du Mariage de Figaro qui parut une année après. Les éditions- se multi-
1. //(/. lies Chcrch. et Ciir., III, )). 1(58. — Tilly, Méninires, Cf. chai). '^■"'. P-220.
2. Laclos ccrivait à son fils, le 19 juillet 1802, au sujet des éditions de son livre : « Je te dirai que l'édition d'Estampes, dont tu » me parles, est la plus fautive des mille et une contre fa^;ons, quoii
plièrent; des traductions parurent dans toutes les langues. Il avait sa place dans toutes les bibliothèques de nos pères. Quand La Fayette, au mois de juillet 1792, après avoir franchi la frontière, fut fait prisonnier par les Autrichiens, il ne possédait dans ses bagages qu'un seul livre, et c'était celui-là ; pendant ses dix années de captivité, à Ohnûtz, il n'eut d'autre distraction que de relire l'ouvrage dont il avait fait choix en quittant Paris ^. « Dans le nouvel ordre de choses, écrivait Tilly en 1807, le livre a perdu de son intérêt et néanmoins durera autant que la langue-. »
Après avoir été célèbre, le roman de Laclos fut presque oublié. « Laclos est inconnu des nouvelles générations », écrivait en 1840 Arsène Houssaye, qui lui-même le confond avec les conteurs erotiques du siècle précédent ou les romanciers de boudoir galant. Heureux homme, qui trouve à s'égayer du cœur de Valmont ! '^ Cette opinion était générale. On plaçait les Liaisons dangereuses à coté des
« a faites de ce roman. Il ne reste pas un exemplaire des deux )i seules éditions que j'en ai faites. La moins mauvaise est actuel- » lement celle où l'on a mis une correspondance entre M"'° Riccoboni » et moi et quelques poésies fugitives échappées à ma jeunesse. » Mais comme cette édition n'est jjas faite à Paris, je ne sais si j'en » trouverai. » Cette dernière édition est de 1787, comme en témoigne une lettre de M'"^ Duchastelier, ( B. N. 12.845) qui remercie Laclos, alors à Metz, de l'envoi d'un exemplaire. Elle est à peu près introuvable. — Le Mercure de France a publié cette année une édition d'après le manuscrit original, qui se trouve à la Bibliothèque Nationale. — Les imitations et les parodies des Liaisons dangereuses sont innombrables. On a faussement attribué à Laclos les Folies Philosophiques du marquis de Luchet.