‹ Le général Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses, 1741-1803. D'après des documents inédits. Ouvrage orné d'un portChapitre 60 sur 165 · Mémoires du Cardinal de Retz · texte numérisé non relu

Mémoires du Cardinal de Retz

2. Cf. les Mémoires de Ferrières et de Bertrand de Mollcville.

do milice qu'il croyait « très utile à M. le duc d'Or- Ic'miis ^ ». Comme toujours les orléanistes agissent en se cachant et suivent le mouvement })opulaire poui' en bénéficier au moment propice. La crainte d'une répression militaire dominait les esprits et la conspiration, qui ramena le Roi et l'Assemblée à Paris, fut celle de tout le monde. Les agents d'exécution ne manquaient pas. Le club breton, oi^i Siéyès disait qu'on faisait une politique de caverne, avait déjà une inlluence et des moyens d'action aussi puissants que les orléanistes. Coroller, j>arlant de la conduite des Parisiens en juillet, disait à Malouet : « C/est nous qui les faisons agir ». Les orléanistes combinaient avec lui leurs plans, mais « ensemble plutôt que de concert » . Tous étaient entraînés par le mouvement général qui emportait la masse. Le duc d'Orléans, qui avait des émissaires parmi les émeutiers, avait aussi des espions à la Cour. Il savait qu'on y envisageait déjà des pi'ojets de fuite, et que plusieurs ministres conseillaient au Roi de se retirer en province. Si le comte de Provence suivait le Roi, il restait à Paris le seul prince de la famille royale et pouvait saisir le gouvernement. La situation eut été la même qu'au mois de janvier 1649, quand la Cour s'enfuit à Saint-Germain et qu'un |)rince du sang, Conti, fut nommé généralissime de l'armée municipale. La marche des Parisiens sur Versailles pouvait déterminer cette fuite désirée. Au mois d'août, Saint-Huruge essaya une première fois d'entraîner le Palais-Royal. Pour s'en tenir aux faits dix fois prouvés par la minutieuse enquête du Châtelet, il est certain que le parti du duc d'Orléans usa de tous les moyens de propa-

Page 1