‹ Le général Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses, 1741-1803. D'après des documents inédits. Ouvrage orné d'un portChapitre 76 sur 165 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le duc d Orléans prisonnier dé Laclos. — La Révolution d'Angleterre. — Laclientèle de 1 orléanisme. — Laclos, directeur du Journal des Jacobins. — Sa lutte avec le Cercle Social. —~ Le plébiscite par pétitions individuelles. — Révolutionnaire du « juste milieu ». — Sentiment militaire.

— Une allusion aux Liaisons dangereuses. — Laclos au Comité de Correspondance, — Soulèvement de l'opinion contre lui. — Le voyage de Mesdames, — La sortie de Saint-Cloud. — Réponse aux pamphlétaires. — Le duc de Chartres aux Jacobins. — Le soupirant de M"^ de Genlis.

— Discours sur l'Education du Dauphin et sur l Adoption.

Lassé des vaines intrigues où il s'épuisait depuis neuf mois, Laclos jette enfin son masque et se lance ouvertement et à corps perdu dans la politique. 11 n'avait plus rien à attendre que de la révolution. Dans l'ordre actuel, sa carrière militaire était brisée. Depuis plusieurs années, ses chefs le proposaient

1. Pour les séances de la Société des Jacobins, on s'est servi du recueil si précieux de M. Aulard. La Société des Jacobins, 6 vol. Paris 1889. A partir du 1"^"" juin 1791, ont s'est rejiorté pour les dis cours de Laclos au Journal des Débats de la Société des A?nis de la Constitution. Quant aux articles et notes de Laclos contenus dans le Journal de la Société des Amis de la Constitution on n'a fait usage que de ceux qu'il était impossible de ne pas lui attribuer, ou de ceux qu'il a signés.

inutilement pour le grade de chef de brigade. Le 7 décembre 1790, il demande au Ministre de la guerre de lui accorder sa retraite, ou, du moins, de lui prolonger le congé dont il jouit depuis le 1®'" octobre 1788, jusqu'à Fépoque où sa pension de retraite |»ourra être liquidée K

Philippe d'Orléans était moins que jamais le complice, mais bien plutôt le prisonnier de ce terrible homme. Tour à tour dégoûté, séduit, contraint, il était toujours entouré du mépris universel et en butte à l'exécration de la Cour. Dans sa séance du 6 août, le conseiller Boucher d'Argis déposa sur le bureau de l'Assemblée la volumineuse instruction relative au\ événements des 5 et 6 octobre. Il déclara qu'il allait « déchirer le voile » et révéler « des » secrets pleins d'horreur ». Son rapport concluait à l'arrestation de deux députés, Mirabeau et le duc d'Orléans. Chabroud fut nommé rapporteur et, le 2 octobre, l'Assemblée décida à une grande majorité qu'il n'y avait pas lieu à accusation contre ses deux membres 2. Ainsi avorta la grande machination préparée par la Cour contre le prince qu'elle croyait naïvement la cause de tous ses malheurs. Celui-ci, mal lavé par le « blanchissage » de Chabroud, se contenta de faire publier par ses avocats Ilom, Rozier et Bonhomme de Comeyras un Mémoire à consulter, en réponse au Chatelet. Le seul usage qu'il fit des derniers restes de sa popularité fut de tirer du Comité des finances de l'Assemblée la promesse de lui payer quatre millions, représentant

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