Lettres de Laclos. Cf. chapitres xiv, xvi et xvii
[1 arrive souvent que l'auteur trahit l'homme. Dans le conte intitulé le Bon Choix i, notre poète raillait, non sans quelque amertume, la maladresse des gens d'esprit en amour :
Des beaux esprits jo hais la vanité.
Les rabaisser est œuvre méritoire.
Ils ont besoin de pkis d'huuiilité,
Et c'est pour eux que j'écris cette liistoire.
De leurs talents, quelle est l'utilité?
En tirent-ils esprit, profit ou gloire ?
Non, et pourquoi s'en foraient-ils accroire ?
J'en ai tant vus supplantés par des sots.
Soit à la ville, à la cour, à l'armée,
Les gens d'esprit n'ont jamais le bon lot.
Les sots ont tout, même la renommée.
D'en raconter le pourquoi, le comment,
Ce n'est mon fait. Je dirai seulement
Gomme en amour ainsi qu'en toute affaire,
Les beaux esprits perdent souvent leurs soins,
Tandis qu'un sot a le talent de plaire.
Pour illustrer cette morale, l'auteur nous présente deux amis ; l'un est Pamphile,
Par son esprit renommé dans la ville.
Faisant bouquets, contes et madrigaux.
Et tous les mois loué dans les journaux.
L'autre avait nom Cléon.
Il dormait tard, buvait et mangeait bien. Puis digérait pour finir la journée.
Le savant Pamphile jouissait de mépriser Cléon