G LE GENERAL CHODERLOS DE LACLOS
une « noblesse réelle ». Pourquoi craindre les nations étrangères ? Méprisantes du droit qui seul nous préoccupe, elles nous auraient déjà attaqués si elles l'avaient cru utile. Grâce à la confiscation des Jiiens du clergé, la France peut faire la guerre pendant trois ou quatre ans sur ses capitaux; l'étranger n'a que ses reyenus « et tout le monde sait que » maintenant à la guerre, l'ayantage est toujours à » celui à qui il reste le dernier écu. » 11 n'y a donc aucun ménagement à garder envers Louis XVI, qui est déchu. « Qui est-ce qui doit être Roi? La » Constitution nous le dit: c'est le Dauphin. »
Régnier, Anthoine, Carra et beaucoup d'autres Jacoltins appuyaient avec force l'opinion de Laclos. Danton parlait de nommer « un séquestre à la royauté )) vacante ». 11 fit voter l'impression d'un discours de Real, qui proposait « un garde à la royauté », que les départements nommeraient, si le prince de Gonti suivait le duc d'Of'léans dans son refus. Or, comme le remarque M. Aulard *, le duc d'Orléans avait déclaré renoncer à ses droits éventuels à la légence et non pas à une fonction comme celle de « garde à la royauté ». La motion de Real, approuvée par Danton, pouvait tourner au })rofit du duc. En somme, l'idée d'une déchéance de Louis XVl et d'une régence avec Louis XYll plaisait aux Jacobins ; elle donnait à la Gonstitution une assiette définitive ; certains y voyaient un acheminement à la république. Les Cordeliers, par un revirement (fu'on ne peut attribuer qu'à Danton, renonçaient maintenant à la république ; Brissot dii'a plus tard qu'ils se confédéraient alors contre elle ; ils adoptaient les idées d'un grand nombre des Jacobins.