‹ Le Général comte de Coutard, étude historique sur la République, l'Empire et la RestaurationChapitre 33 sur 57 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

BT DERNIER.

Portrait de Coutard. — Son extérieur. — Son habitude du commandement. — Sa constance en amitié. — Sa bienveillance. — Son goût pour les lettres. — Ses réparties. — Sa fidélité et son dévoûmcnt à la fnmille royale. •— Témoignage de faveur des Rois et des princes. — Dessin de Monseigneur le duc de Bordeaux. — Foi et piété de Coutard.

Essayons, en terminant, d’esquisser par quelques traits rapides la physionomie de l’homme éminent dont nous avons voulu raconter l’histoire.

Le général Coutard était de haute taille et d’un maintien austère. Les traverses qui avaient amaigri son corps ne l’avaient ni courbé, ni assoupli : il portait fièrement sa tête et avait l’attitude du commandement. Des traits énergiquement dessinés, un teint qu’on eût dit bronzé par la mitraille, une chevelure abondante, les lignes du visage arrêtées et un peu rudes, lui donnaient, sous l’uniforme et dans l’exercice de son autorité, une sévérité qui allait jusqu’aux apparences de la rigueur. Hors des camps et dans

les salons, sa figure s'illuminait par le sourire le plus fiu, empreint d’une certaine causticité.

Dans l’abandon de la vie intérieure, ce léger penchant à la raillerie s’effaçait devant une loyale simplicité et devant une bonhomie pleine de grâce et d’entrain. Sur la fin de sa longue carrière, la sévérité s’était graduellement éteinte, et il ne restait que la finesse de l’esprit, l’aménité du caractère et la grâce de la vieillesse devenue conteuse sans perdre sa vivacité.

L’usage de gouverner les hommes et de les mener à la mort ou à la gloire en payant de sa personne, lui avait laissé la franche allure d’un chef qui condescendait aux inférieurs, sans jamais leur permettre de franchir la distance du rang. Ayant vécu à la cour, près des rois et dans les charges de leur maison, il avait su allier le ton de la meilleure compagnie à la franchise de ses habitudes militaires, et il en résultait un mélange de politesse et de fierté plein de charmes.

Son cœur était haut et son esprit prompt.

Il était fidèle en ses amitiés, fidèle en sa reconnaissance. La disgrâce ne l’éloignait pas de ceux à qui il avait voué ou son affection ou sa gratitude. Nous l’avons vu pour le duc de Feltre, pour le prince d’EckmUhl. Il souffrait des douleurs de ceux qu’il aimait et s’employait avec une rare activité à les soulager ou à leur être utile. Jamais on ne recdurait en

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