Dagobert à Groucy, 17 juillet 1787. (A. D
2. Dagobert reconnaît à sa femme, en meubles et vêtements, linges et joyaux : 1» quinze robes en étoffes de soie, satin, damas, gros de Tours et autres, dont plusieurs encore en pièce =r 2,600 livres ; 2» dix autres robes en soie et coton, mousseline, bourre =z 520 livres ; 3° cinq désb jbillés en satin, taflfetas, bourre, et huit autres déshabillés, fil de coton ou toile d'orange, quatre* jupons piqués = 464 livres; 4« cinq douzaines de chemises, six douzaines de mouchoirs, douze paires de draps, douze napi^es, huit douzaines de serviettes ir 900 livres; 5* deux pelisses en satin, fourrure de martre et petit gris, quatre manteaux ou mantelets t iflfetas ou mousseline, dix-huit paires de bas de soie, vingt paires de bas de coton, dix paires de poches z=z 520 livres, 6» six coiffures, bonnets et chapeaux, plumes, chaussures, boucles, bracelets, bagues et joyaux, montre en or, chambre garnie rr i,920 livres, et le tout faisant un total de 6,924 livres.
3. Elle avait des frères, dont un se prénommait Martial, et une sœur, Adélaïde, que Dagobert aimait beaucoup; cette Adé-
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Un an plus tard, après nombre de requêtes et de démarches, Dagobert obtint la croix de saint Louis. Déjà, en Corse, M. de Chauvelin la lui promettait, et son colonel, le chevalier de Carignan, les inspecteurs de son régiment, le comte de Grave, La Luzerne, Narbonne Fritzlar la sollicitaient pour lui. Le comte de Grave assurait que Dagobert la méritait pour l'intrépidité qu'il avait montrée devant la porte de Wetzlar et pour la fermeté qu'il avait déployée en une foule d'occasions, notamment à l'affaire de Wesel. Celte croix tant enviée, qui devait se porter sur Testomac au bout d'un petit ruban couleur de feu, Dagobert la reçut enfin, le 29 juillet 1781, à quarante-cinq ans, avec cette mention qu'il était bon sujet et qu'il avait été blessé à la guerre. Le même jour étaient décorés deux autres capitaines qui furent, comme lui, généraux de la Révolution : Serurier et Saint-Hillier. .
V. Mais, ce qu'il désirait par-dessus tout, c'était un brevet de lieutenant-colonerà la suite de l'infanterie, ce brevet qu'un capitaine du régiment de Royal-Italien, le comte de Yintimille-Lascaris, avait enlevé naguère, bien qu'il n'eût ni les services ni les blessures de Dagobert.
Cette fois, la « charmante Dagobert » intervint. A deux reprises, aux mois d'octobre et de novembre 1780, elle écrivit au prince de Montbarey.
Elle lui rappelait les amitiés qu'il avait faites à sa famille durant un séjour à Perpignan, ainsi que
laide épousa, le 19 avril ITOI, un co..seiller au bailliage. Le Tellier de Montchoix; mais, disait Dagobert dans son testament en 1786, « en cas qu'elle no s'établisse pas et que ma femme vînt à lui manquer, je lui donne on récompense de ses soins généreux une pension de trois cents livres sur le plus clair de mes biens ».
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LE GÉNÉRAL DAGOBEUT
les marques de faveur qu'il avait témoignées à M. d'Ortaffa, et « mon cousin d'Ortaffa, disait-elle, n'a pas l'honneur de vous appartenir de plus près que moi-même ». Elle affirmait qu'elle était pauvre et que son père, chargé d'enfants, ne lui avait rien donné. Elle demandait la permission d'ajler, avec sa cousine Ganclaux, « faire sa cour » au ministre et de lui présenter son mari. Elle plaidait avec vivacité la cause de Dagobert : « Il n'a rien, pas même la croix de saint Louis, pendant que je la vois à cent officiers de gardes-cotes ou autres qui à peine ont servi; il présenta l'année dernière un mémoire pour obtenir partie de la pension d'un de ses parents qui venait de mourir, il n'a rien obtenu, pendant qu'il a été accordé 400 livres de pension à un des suus-lioutenants de son régiment. Vous êtes trop juste et trop bon parent pour n'y avoir pas égard. Ses services et ses blessures le rendent susceptible de tout ce que vous pouvez faire pour lui. Consultez là-dessus les inspecteurs. Consultez le mémoire sur la guerre qu'il a eu l'honneur de vous envoyer et décidez s'il mérite d'être oublié dans un régiment étranger. Je vous supplie donc, mon prince, de lui accorder le brevet de lieutenant-colonel à la suite de Tinfanterie avec ses appointements, comme vous l'avez accordé à M. de Lascaris, bien moins ancien que lui, et qui n'a pas ses blessures ».
La Luzerne joignit ses démarches aux lettres de madame Dagobert. 11 aimait beaucoup notre capitaine de Royal-Italien et pensait de lui tout le bien possible. En cette même année 1780, il l'avait désigné comme l'officier le plus digne par son intelligence, par ses blessures, par ses serxices de passer
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la
h un grade supérieur dans un régiment français, et il ajoutait que le ministre ferait bien de tirer d'un régiment devenu étranger des sujets nationaux, pleins, comme Dagobert, de zèle et de talent*.
Les démarches de La Luzerne et les lettres de madame Dagobert n'eurent pas d'elict. et, cinq ans après, un blâme infligé au capitaine de Royal-Italien relardait son avancement. L'inspecteur du régiment, le comte de Murinais, avait constaté que le colonel, chevalier de Carignan, devait à la caisse une somme de 37. OH fr. 10. Vainement, Carignan versa par deux fois un acompte de 18,000 livres et promit de rembourser dans un prompt délai le reste de sa dette. Le minisire, maréchal de Ségur, le destitua et le remplaça par Vintimille-Lascaris. Dagobert, (jui présidait le conseil d'administration, fut réprimandé, el, lorsqu'il demanda la lieutenance-colonelle vacante par la nomination de Lascaris, le ministre lui répondit qu'il n'était pas « suscepliblj d'une pareille grâce dans un moment où le rni le jugeait répréhcnsible et ordonnait qu'il fût puni ». il pensait aller en semestre pour terminer des procès qu'il avait; il dut rester au régiment jusqu'à ce (jue Lascaris fût parfaitement au courant des affaires. « Je m'en rapporte, lui écrivait Murinais, à vos sages réflexions pour apprécier l'esprit de clémence qui a dicté votre punition. Je suis facile que vos affaires puissent éprouver quelque dérangement par la perte d'une partie de votre semestre. Mais il est absf)lument nécessaire que vous restiez au corps jusqu'à ce que M. le comte de
1. M idanio Diîoljort au ministre, 27 ort. et 7 nov.; La Luzerne à Dagolj it. o jui i et 13 nov. 1780. (A. D.)
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Vintimille-Lascaris croie pouvoir se passer de vos soins; je l'ai d'ailleurs fort assuré qu'il trouverait en vous la franchise et la loyauté qui caractérisent un officier qu'il doit distinguer et je suis sûr que vous ne démentirez pas cette bonne opinion et qu'elle nous fournira dans la suite des moyens de vous étro utile ».
Toutefois, le 4 avri'l 178G, Da-obert obtint une lettre dite d'état et de sursis : le roi, jugeant qu'il est^ actuellement employé pour son service en qualité de capitaine-commandant au régiment Royal- Italien et qu'il ne peut vaquer à ses affaires particulières, ordonne que tous les procès civils qu'il aura seront en état et surséance durant six mois *.
En 1787, la « majorité » ou la place de major vaquait dans Royal-Italien par la retraite du sieur Ansidei. Deux officiers du régiment, deux capitaines-commandants, Dagobert et Aubry, là sollicitaient. Aubry, capitaine-commandant des grenadiers, noté comme très bon serviteur et très intelligent, était recommandé par le colonel comte de Vintimille-Lascaris K Le colonel tenait Dago-
1 Lettre d'état et de sursis, 4 avril 1780; Murinais à Dagobert, 31 décembre 1785 et i>2 janvier i786. (A. D.) En sa qualité d inspecteur du régiment, Murinais surveillait de loin Royal- Italien et prononçait sur une foulo de cas; il décidait s'il fallait dehvr.r un congé à tel ou toi soldat que le colonel désirait congédier fet pour combien de jours tel ou tel soldat qui s'était très mal conduit serait mis au cachot; il jugeait ^ue le quartier-maitre disposait de sommes beaucoup trop fortes; il ordon-
qu il devait a la caisse de son régiment.
:?. Je;.n-Joseph Aubry, né à Sornéville '(Meurthe) en 173G volontaire au régiment de Tournaisis en 1754. lieutenant en second en l/5o, lieutenant en 1758, capitaine commandant on 1774 capitaine commandant des grenadiers en 1784, lieulenant-colonel rn seco.id le 25 m:u 1792, malade et rempl. ce le 8 mars 1793
bert pour homme de mérite et reconnaissait (ju'il avait bien servi; mais le corps, disait-il, avait été renouvelé dans toutes ses parties et devait être soigné plus que tout autre; il fallait donc que son major eût « du liant dans le caractère », et c'est pourquoi il préférait Aubry h Dagobert. Le ministre n'hésita pas un instant. Dagobert avait la note suivante : « A eu des actions brillantes à la guerre, bon officier, sert bien, ferme, d'un bon exemple », et l'inspecteur, comte de Murinais, écrivait que Dagobert avait déjà commandé le régiment dans des circonstances assez difficiles et fait exécuter ses ordres avec énergie, qu'il avait servi dix-neuf ans comme capitaine et qu'il était le premier des capitaines du régiment, qu'on ne pouvait le mettre sous les ordres d'Aubry, son cadet, qui n'avait, comme capitair^e, cjue treize ans de services. Le 17 mai 1787, Dagobert fut nommé ^
Il commanda Royal-Italien pendant l'hiver de 1787 à 1788, et l'inspecteur, le maréchal de camp comte de Frimoiit, assura qu' (( il n'y avait pas à s'en louer ». Le jugement était sévère. Mais quel régiment malaisé à mener que ce Rjyal- Italien ! Il se composait de Piémontais, de Napolitains, de Romains qui ne cherchaient qu'à déserter. Pas de discipline, pas de subordination, les subalternes manquant de politesse envers leurs chefs, un tel abus des permissions qu'il ne restait presque pas d'ofd-
1. 0:1 ?fut remarquer qu'un an i>lus trd (ordonnance du 47 mars ilSS', le mode do nomin ition des majors fat cbangé : ils ne pouv lient être m ijors dans li régimeat où ils étaient capitaines; ils étaie.it choisis parmi les c.ijjitaincs de leur arme qui comptaient vingt ans de services, et, ainsi que les lieutenantscolonels, ils étai nt proposés au roi | ar le ministre d'après une liste dressée par le Conseil de la guerre.
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ciers au régiment, peu ou pas criiislruction, et Murinais avait demandé que les compagnies fussent (( remises au détail tant pour rectifier le port de Parme et la position de l'homme que pour acquérir plus de vivacité dans les temps de la charge ».
Les bureaux de la guerre, informés de la situation, pensaient que le séjour de Toulon était très nuisible au régiment. Royal-Italien, disait-on à Paris, « serait mieux placé ailleurs qu'à Toulon où il se détruit », et le colonel Vintimille-Lascaris demandait qu'il fût transféré à l'île de Ré. Le ministre prit une mesure plus radicale. Il supprima Royal-Italien; au lieu et place do ce régiment étranger, par ordonnance du 1*'' mars 1788, le roi créa le bataillon des chasseurs royaux du Dauphiné.
Le l®"" mai suivant, Dagobert était nommé et établi dans la charge de major de ce bataillon sous l'autorité du lieutenant-colonel Thevet de Lesser. H y eut encore des Italiens dans le bataillon, mais ils n'en formaient plus que le tiers. On s'efforça de racoler des Français, surtout des gens de la région dauphinoise, — puisque le corps tenait garnison à Briançon, — et, comme disait l'inspecteur Frimont, d'amalgamer le fond du bataillon avec des natioli iijx iui lui donneraient un peu de solidité. Au moi:5 u auui 1766, nos chasseurs du Dauphiné compfn" nt t}f^'h dans leurs rangs quatorze Dauphinois,
T\ \ robustes, quoique petits, et ils avaient fait quL j ; |i ,^rès ^ Le lieutenant-colonel Thevet do T o^. I in^ a f^ ivaillait avec succès ». L'instruction et la discipline « gagnaient beaucoup »; la subor-
1. Au 30 so; tembre 1789, le batailloQ des chasseurs royaux du Dauphiné comptera :Î18 Français, 104 Italiens, 8 Avignonnais, 9 Suisses, {'ù Allemands, 1 Espagnol et 1 Liégeois.
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dination s'affermissait de jour on jour ; la tenue était bonne; les officiers avaient meilleur ton, ils étaient moins souvent en permission et ils suivaient, surveillaient avec plus d'attention les bas officiers.
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