‹ Le général DagobertChapitre 7 sur 121 · II · texte numérisé non relu

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seule ressource était d'aspirer après l'arrivée des courriers ». A Montlouis, dans ce Montlouis qu'il devait sauver de Tinvasion espagnole, il se crut en exil. A Montdaupbin, en 1787, il se plaignait de la vie décourageante qu'il menait : aller tous les jours et sur le terrain d'exercices, et au rapport, et à la théorie où des militaires, qui servaient depuis plus de trente ans, répétaient quotidiennement leur catéchisme et avaient souvent l'humiliation de voir que les jeunes, grâce à leur mémoire, s'en tiraient mieux que les anciens ! Il mettait Montdaupbin au-dessous de Montlouis : à Montdaupbin, il u\ avait pas « ce qui s'appelle un seul visage féiUiiiin »; à Montlouis, il y avait au moins quelques personnes à fréquenter, et les officiers n'étaient pas logés, comme à Montdaupbin, à leurs dépens et dans de mauvais quartiers K

Mécontent de n'avoir pas l'avancement qu'il croyait mériter, convaincu que les grades étaient « la proie de l'intrigue », il eut des heures d'abattement et de tristesse. « Melpomène, Polymnie, Terpsichore, écrit-il dans le style du temps, ont des temples superbes et des prêtres entretenus à grands frais : les défenseurs de la patrie languissent dans le besoin, dans la poussière des corps de garde, et combien finissent comme le brave Cassard, dont Duguay-Trouin disait : « Je donnerais toutes les actions de ma vie pour une seule des siennes » M

Aussi voulait-il par instants démissionner pour être maître de ses moments — ce sont ses propres termes — et pouvoir faire ce qui lui viendrait à

1. Lettres à Boisfontaine, Villefranche, d7 février 1778, et à Groucy, Montdauphin, 17 juillet 1787. (A. D.)

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