‹ Le général de division comte de Martimprey. Avec sept planches hors texte et cinq cartesChapitre 5 sur 48 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

LES ORIGINES

Ancêtres des Martimprey tués à Tennemi. — Pays d*ongine. — Services militaires. — Décret dos ducs de Lorraine en 1618. — Branches aînée et cadette. — Derniers représentants de la branche ca<lelte. — Caractères généraux des chefs de famiMe.

Au mois d'août 1876, le général de division de Martimprey, gouverneur des Invalides, se trouvait en villégiature dans son château de Chaumont-sur- Yonne. Il approchait de soixante-dix ans et sa santé, éprouvée par ses longs services de guerre, était gravement atteinte.

Voulant laisser à ses enfants une idée des origines de sa famille et de ses traditions, il reporta sa pensée sur l'ancien château de Martimprey, près de Gcrbépal, dans les Vosges, et écrivit ce qui suit :

« Je viens interroger l'ombre des vieux parents

C*cst là qu'ils ont vécu, comme je voudrais vivre : Laborieux et fiers, obscur*, mais sans remords, Traçîvnt devant leurs fils le sillon qu'il faut suivre. El marchant, le front calme, à d'héroïques morts

DE Lapradb.

Tels ont été :

Hugues de Martimprey, tué en Egypte, en 1260, bataille de Pharanie, sous saint Louis.

Gérard de Martimprey, tué à la bataille de Montcassel Flandre), iSSg.

Philippe de Martimprey, blessé à mort à Azincourt, i4i5.

Comte de Martimprey de Choisimont, tué en prison du 2 au 5 septembre 1792, massacre des prisons.

Général de division Auguste de Martimprey, blessé à Magenta, 1859. Mort des suites de sa blessure en 1876, i5 février. Son nom' figure au rapport officiel de la bataille. Honneur rare! »

Cette belle page, sur laquelle Tâme d'un héros a fait passer un souffle de gloire, et d'immortalité, donne une première idée des origines de cette noble race. Il suffira d un court résumé pour la compléter.

La maison de Martimprey est originaire du duché de Bourgogne. Le premier de ses membres qui ait commencé son illustration est Hugues de Martimprey. dont le nom et les services ont été transmis par titrer authentiques, vérifiés en la Cour souveraine de Lorraine et Barrois, qui a maintenu à ses héritiers, en 16 18 et 1765, les titres et qualités de chevalier, de comte et de baron.

En 1248, parti deBesançon où il possédait de grand» bi<^ns, il accompagna saint Louis dans sa première croisade et fut tué à la bataille de Pharanie, en Egypte, en i25o. Succombant au champ d'honneur pour Dieu, son roi et sa patrie, il montra aux héritiers de son nom la voie qu'ils devaient suivre.

Les armes de sa maison datent de cette époque et portent pour devise : Pro fide pugnando (Combattant POUR SA foi).

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Son arrière petit-fils, Gérard de Martîmprey de Villefont, accompagna le duc de Bourgogne, Eudes IV, en Flandre, marcha avec lui contre les Anglais et périt à la bataille de Montcassel, le 26 juillet i33g.

Son petit-fils, Philippe, entré au service de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, prit part à la guerre de i4i5 contre les Anglais, combattit à Azincourt, y fut grièvement blessé et mourut Tannée suivante des suites de ses blessures.

Un de ses descendants, Marc de Martimprey, comte de Villefont, prit part, avec Charles le Téméraire, à la conquête de la Lorraine et à l'invasion de la Suisse. n combattit à Granson, à Morat et sous les murs de Nancy, oti son prince perdit la vie.

C'est à propos de Marc que les documents du temps font mention, pour la première fois, de la terre de Martîmprey.

Ce fut à cette époque, en effet, dans les premières années du xvi* siècle, que les chefs de la maison vinrent habiter cette propriété, où ils possédaient un château. Ils y avaient été attirés par les ducs de Lorraine, qui leur témoignaient une estime particulière. Ce changement de résidence constitue, pour la maison de Martimprey, une période lorraine qui dura depuis le XVI* siècle jusqu'à la fin du xviii*.

En 1695, à la mort de Jean III, la maison de Martimprey se divisa en deux branches. La branche aînée donna à l'armée plusieurs officiers, entre autres Jean- Joseph-Félix de Martimprey, qui fit la campagne des Ind^s contre les Anglais, sous le bailli de Suffren. Il devint lieutenant-colonel et quitta volontairement le service en 1793. Son frère aîné, Jean-François-César, parvenu au grade de maréchal de camp, s'était déjà retiré du service en 179 1.

La branche cadette s'adonna également à la .'^.arrière

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des armes, et plusieurs de ses membres devinrent des officiers distingués.

Parmi eux, François de Paule, Augustin, comte de Martimprey de Ghoisimont, comte et baron de Villefont, devînt en 1776 lieutenant au régiment de Languedoc. Une lettre royale le désigna pour remplir auprès du roi Louis XVI les fonctions de gentilhomme ordinaire de la chambre. 11 fut le grand-père des deux généraux de division.

La Révolution le trouva fidèle à son souverain. Ecroué à la prison de la Force, il y fut massacré du 2 au 5 septembre 1792.

Son second fils, Augustin-Pierre, entré dans l'armée comme simple soldat, fit toutes les campagnes de l'Empire, de 1806 à 18 15, fut grièvement blessé à Lutzen, parvint au grade de colonel, fut nommé officier de la Légion d'honneur et de Saint-Louis. Il donna sa démission en i83o.

Son frère aîné, Augustin-Dominique-Romain, épousa, en 1807, M"* Angélique-Françoise Royer de Maulny, fille d'un ancien officier, qui lui donna deux fils, Edmond et Auguste, les futurs généraux de division, et une fille, Lise-Apolline-,Iosèphe de Martimprey.

En résumé, pendant près de sept cents ans, les chefs de cette famille servirent leur patrie les armes à la main et lui donnèrent, sans compter, la vie de leurs enfants. Aujourd'hui encore, leurs descendants figurent comme officiers dans les rangs de l'armée, n'ayant d'autre ambition que de faire honneur à leur nom et à leurs aïeux.

La famille de Martimprey ne s'est pas distinguée seulement par ses services militaires, et les souvenirs qu'elle a laissés dans le pays lorrain parlent encore en sa faveur. A Gerbépal, où se trouvent les ruines de l'ancien château de Martimprey, leur mémoire est restée l'objet d'une grande vénération. Hommes modestes,

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sans représentation extérieure, vivant sans faste dans la simplicité la plus digne, fiers de leur origine, tenant en haute estime leurs titres de descendants d'un chevalier croisé, ils ne se prévalurent pas de leurs avantages et ne voulurent jamais user du droit de haute et basse justice qui leur avait été concédé.

Ils s'employèrent toujours à faire le bien, inspirant confiance, recevant avec un accueil empressé ceux qui recouraient à eux dans les moments difficiles, et leur donnant à Toccasion de sages conseils avec Tappui de leur influence. Hommes de devoir et de foi, fidèles serviteurs de leurs souverains, prêts à verser leur sang en toute occasion, ils ne cherchèrent qu'à transmettre à leurs descendants des traditions de dévouement, de courage et d'honneur.

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