FORCE TOTAUX
9°° ) 1 800 \ 4 5oo 1 800
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Le 12 juin, le général Murât attacha au général Victor le 3e de cavalerie. La division Gardanne reçut une partie du 11e hussards; le général Lannes eut un escadron du 5e de dragons.
A ces différents corps, il faut ajouter la Garde des Consuls, comprenant 800 grenadiers à pied, 36o grenadiers à cheval et chasseurs, et 72 hommes d'artillerie légère, soit un total de 1 232 hommes.
Plusieurs détachements d'infanterie étaient annoncés par le ministre; cinq demi-brigades de cavalerie étaient en marche de Milan pour rejoindre l'armée.
Le 12e hussards et le 21e ckasseurs ne prirent aucune pari à la bataille dv Marengo ; ils restèrent à Sale en attendant des ordres.
En réponse à ses communications au ministre de la guerre sur les mouvements et les succès de l'armée, le général Dupont reçut la lettre suivante :
DE I 7 S 1 V MARESGO 87
Paris, le jj prairial an VIII.
Le Ministre de la Guerre, Au Général Dupont, Chef de l'État-Major-Général de l'Armée de réserve.
Je vous bénis mille fois, mon cher général, des excellentes nouvelles que vous nous apprenez coup sur coup. L'imagination a peine à vous suivre, mais les mouvements du cœur sont plus rapides, il ne vous quitte pas, il accompagne nos phalanges républicaines dans leurs périls et leurs triomphes. Où ira l'armée ennemie ; où la nôtre n'ira-t-cllc pas? Bonaparte peut dire, à plus juste titre que César, veni, vidi, vici. Qu'il revienne promptement, sa moisson de lauriers est faite, mais qu'il n'oublie pas la petite branche d'olivier.
Dites pour moi mille choses aux Cite"9 Petiet, Daru, et à mon brave petit Cardon.
Je vous embrasse,
Signé : Carnot.
Le 12 juin, l'armée se porte sur la Scrivia ; à droite, Lannes s'établit à Castelnuovo ; au centre, Desaix prend position en avant de Pontecurone ; à gauche, Victor dispose ses troupes au Nord de Tortone, prêt à passer la Scrivia. — Le général Gobert écrit au général Dupont qu'il a été laissé à Plaisance pour faire le siège du fort, et il le prie de lui envoyer huit pièces de 12 ou de 16, et deux obusiers, moyennant quoi il répond de prendre la place avant quarante-huit heures. « Fais cela pour ton ami, écrit le général Gobert ; c'est bien peu de chose et tu rendras un grand service à moi et à l'armée... Adieu, je t'embrasse et t'aime bien ; je t'aimerai encore plus si tu peux me fournir cette occasion d'être utile. — Signé: Gobert. »
Du camp sous Tortone, le général Dupont rend compte, le i3 juin, au ministre de la Guerre, que la ville de Tortone a été occupée la veille dans la soirée, et que l'ennemi se rassemble sous Alexandrie. Dans la matinée de ce jour, les corps de Lannes et de Victor traversent la Scrivia et débouchent dans la grande plaine de San Giuliano sans rencontrer l'ennemi ; après un temps d'arrêt, ils continuent leur marche, et, vers six heures du soir, la division Gardanne, formant avant-garde, enlève, après un léger combat, le village de Marengo, où elle s'établit, la gauche vers la Bormida ; la division Chambarlhac se place derrière elle, en seconde ligne. — Vers midi, le corps de Desaix, qui faisait la réserve de l'armée, est disloqué ; la division Monnier passe la Scrivia et se porte à Garofoli, en deçà de San Giuliano, et le général Desaix reçoit l'ordre de se diriger au Sud, avec la division Boudet, par Bivalla, sur Novi, pour couper à Mêlas la route de Gènes. Celte division éprouva de grandes difficultés pour franchir la rivière extrêmement grossie par des pluies torrentielles, et elle dut passer la nuit sur la rive droite, en face de Bivalta. — La division Lapoype resta à Pontecurone.
Après avoir assisté à l'établissement de ses divisions dans la plaine de Marengo, Bonaparte était revenu sur la route de Tortone pour rejoindre le quartier général à Voghera. Ayant appris que le passage de la Scrivia était devenu difficile par suite du gonflement des eaux, il se décida à passer la nuit à Torre-di-Garofoli. L'absence de nouvelles de l'armée autrichienne le rendait fort inquiet. Mêlas ne l'ayant pas attendu dans la plaine de San Giuliano, si propice à l'action de sa nombreuse cavalerie, il devait le croire occupé à lui échapper soit par Valenza, vers le Nord, pour gagner Milan par la rive gauche du Pô, soit au Sud, vers Gênes, par Novi ou Acqui.
Bataille de Marengo. — Une élude détaillée de la bataille de Marengo, quelque intérêt qu'elle puisse offrir, sortirait du cadre de ce travail. Nous nous bornerons à en retracer les phases principales, telles qu'elles résultent des nombreux rapports faits par les généraux le lendemain ou le surlendemain de l'action, des journaux de marches, et des relations autrichiennes. En comparant les faits avec le récit qu'en a donné l'Empereur, on verra quel peu de cas Napoléon faisait de la vérité historique lorsqu'il était personnellement en cause, et ce procédé se répétant à Pozzolo, à Ulm, à Diernstein, on sera amené à se rendre compte du degré de créance qu'il convient d'attacher à ses déclarations véhémentes et passionnées au sujet de la catastrophe de Baylen.
Dans la nuit du 12 au i3 juin, le feld-maréchal Mêlas avait réuni en Conseil de guerre les principaux généraux de son armée, et après de longues et orageuses discussions, il avait été décidé qu'on chercherait à se frayer un passage vers Plaisance, en passant sur le ventre de l'armée française, afin d'aller porter secours aux places de Mantoue, Vérone et Legnano, et de rentrer en communication avec Vienne, en couvrant le Tyrol occidental. Les forces autrichiennes se montaient, au total, à environ 3oooo hommes dont 7 5oo de cavalerie ; l'artillerie, très bien servie, comptait plus de 100 bouches à l'eu.
Le \l\ juin, au point du jour, celte armée commença à s'écouler par les deux ponts de bateaux jetés sur la Bormida ; la tète de pont à laquelle ils aboutissaient, n'ayant qu'une issue, par la route de Tortone, la formation des colonnes en avant de cet ouvrage, prit du temps. Ce fut le corps d'O'Reilly, resté pendant la nuit du i3 au i/j, en dehors de la tête de pont, sous la protection de son canon, qui commença l'attaque, vers huit heures du matin.
A ce moment, Bonaparte, resté à Torre-di-Garofoli, n'avait aucun renseignement sur l'armée autrichienne, et il la croyait en marche, ou sur Gênes, au Sud, ou sur \alenza, au Nord. Dans celte persuasion, il avait envoyé, avant huit heures du matin, à la division Lapoype, toujours à Pontecurone, l'ordre de se porter sur la rive gauche du Pô, par Valenza ; cet ordre parvint à destination à dix heures, la distance de Torre-di-Garofoli à Pontecurone étant d'environ quatorze kilomètres. En même temps, le Premier Consul expédiait à Desaix l'ordre de marcher au Sud sur Pozzolo -Formigaro, dans la direction de Novi ; ce général avait franchi la Scrivia, le ili, de bon matin, et s'était établi à Bivalta avec la division Boudet; son artillerie passa la rivière à'gué, à dix heures du matin.
Ainsi l'attaque des Autrichiens surprenait Bonaparte en pleine dispersion de ses forces : Victor, à Marengo ; Lannes, en arrière, entre Spinetta et San Giuliano-Vecchio, sur la grande route de Tortone ; Monnier et la Garde Consulaire, vers Torre-di-Garofoli; Desaix, à Rivalta, ayant l'ordre de se porter au Sud, sur la route de Gênes ; Lapoype, à Pontecurone, devant se mettre en marche sur Valenza et passer sur la rive gauche du Pô.
Le général Mêlas partagea son armée en trois colonnes. Celle du centre, ou colonne principale, où se trouvait le généralissisine, comprenait: une avant-garde, forte de 812