‹ Le général Dupont (volume 2)Chapitre 35 sur 97 · CARTE DES PORTS DE BOULOGNE ET D'ÉTAPLES · texte numérisé non relu

CARTE DES PORTS DE BOULOGNE ET D'ÉTAPLES

Prieur et Dubois et O.

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grande bataille de Pozzolo, et il lui préfère clés généraux plus jeunes d'âge el de grade, dont la bravoure ne dépasse pas celle du général Dupont, qui n'ont exercé aucun commandement de corps d'armée devant l'ennemi, et n'ont remporté aucune victoire (i). Marmont surtout, alors âgé de vingt-neuf ans, bon officier d'artillerie, mais n'ayant même jamais commandé une division, n'avait rien qui pût expliquer un avancement aussi extraordinaire.

Quelle que soit la raison de cette attitude de Napoléon à l'égard du général Dupont, elle est frappante et ne saurait être contestée. Les admirables faits d'armes de Haslach et de Halle, où, avec sa faible division, le général Dupont bat des armées presque aussi nombreuses que celle de Mêlas à Marengo, ne feront qu'accentuer l'hostilité ou tout au moins le mauvais vouloir évident de l'Empereur envers lui; et, en 1807, nous retrouverons le général Dupont toujours divisionnaire, avec dix ans de grade, en dépit de ses exploits, tandis que Bessières, simple colonel à Marengo, était fait maréchal le 19 mai 180/1, sans avoir reparu sur aucun champ de bataille. Ces dénis de justice n'étaient pas d'ailleurs sans frapper l'armée, et comme, un jour, le maréchal Ney, qui appréciait et affectionnait le général Dupont, en faisait la remarque à l'Empereur en lui disant : « Mais c'est un de vos meilleurs généraux ! » Napoléon répondit : « C'est le premier. »

Après un séjour de dix-huit mois dans les Ardennes, le général Dupont fut désigné pour commander une division au camp de Saint-Omer. Le ministre de la guerre l'en prévint par la lettre suivante :

Paris, le 24 brumaire an XII (i5 novembre i8o3).

Le Ministre de la Guerre,

Au Général de Division Dupont, commandant la 1'' Division militaire, à Mézièrcs.

Je vous préviens, citoyen général, que, d'après les intentions du Gouvernement, je vous ai fait expédier des lettres de service pour être employé au camp de Saint-Omer. Vous voudrez bien partir à la réception de cet ordre pour vous rendre à Boulogne. Le général Soult, commandant en chef, est informé de votre destination et vous remettra vos lettres de service.

Vous laisserez le commandement de la 2" division militaire au général de brigade Amey (2).

Je vous salue,

Signé : Alex. Berthier.

(1) Marmont, né le 20 juillet 177^ , aide de camp du général Bonaparte comme capitaine le 3 février 1796, était nommé général de division le 9 septembre 1800, et devenait commandant en chef du camp d'L'trecht le Ier février i8o4- — Victor, né le 7 décembre 1764, était général de division le 10 mars 1797. — Davout, né le 10 mai 1770, était nommé général de divisiou le 3 juillet 1800, pour commander la cavalerie de l'armée d'Italie, où son rôle fut très elfacé par rapport à celui du général Dupont, commandant trois divisions et victorieux à l'ozzolo ; sa notoriété, dans l'armée, était beaucoup moins grande, en i8o3, que celle du général Dupont. — Soult, né le 29 mars 1769, était général de division le 21 avril 1799, puis nommé un des quatre commandants de la garde des consuls, le 5 mars 1802. — Ney, né le 10 janvier 1769, général de division le 28 mars 1799, ministre plénipotentiaire en Helvétie le icr novembre 1802, devenait commandant en chef du camp de Compiègne le 28 décembre i8o3. — Rappelons que le général Dupont, né le 4 juillet 1 765, était nommé général de division le 2 mai 1797, ayant quatre ans de grade de général de brigade.

(2) Archives Dupont.

L'emplacement assigné à la division que devait commander le général Dupont était un plateau situé au Nord-Est de Boulogne et près de cette ville. On y trouvait le hameau d'Ostrohove, dépendant du village de Saint-Martin; les ressources y étaient nulles. — Celte division, la cinquième de celles qui étaient alors réunies autour de Boulogne, avait pris la dénomination de ir0 division du camp deMontreuil; lorsque le général Dupont en reçut le commandement, elle ne comptait encore que 5oo hommes sous les ordres de l'adjudant commandant Duhamel. L'aide de camp Maurice Dupin, envoyé pour reconnaître les emplacements des troupes et du quartier général, arriva à Boulogne le 29 frimaire. Il écrivit au général Dupont la lettre suivante :

Boulogne, le 29 frimaire.

Mon Général,

Je ne suis arrivé qu' avant-hier soir à Montrcuil. J'avais cru accélérer ma marche en prenant le courrier, mais comme il ne va que jusqu'à Amiens, et que celui d'Amiens à Boulogne ne se charge plus depuis quelque temps de voyageurs, j'ai été contraint d'attendre deux jours entiers avant de pouvoir trouver une place dans la diligence de Montreuil.

Vos chevaux sont en bon état, logés à l'auberge, et nourris depuis quelques jours seulement des rations du magasin. Il était trop tard quand je suis arrivé, pour voir le général Dutaillis. J'ai été chez lui le lendemain matin ; il venait de partir pour Boulogne : je l'y ai suivi aussitôt, et ce n'est qu'hier à minuit que j'ai pu parvenir à l'y rencontrer, et que ce matin à neuf heures que j'ai pu être admis chez le général Andréossy, qui m'a dit que votre quartier général devait être établi à Ostrohove. C'est toujours la cinquième division, mais qui a pris la dénomination de 1™ division du camp de Montreuil. Vous n'avez que 5oo hommes de réunis ; ils sont sous les ordres de l'adjudant commandant Duhamel, avec lequel le général Andréossy m'a dit de m'entendre pour votre établissement à Ostrohove ; je cours après lui depuis ce matin et je n'ai pu encore le rencontrer, parce qu'il est parti pour loger des troupes nouvellement débarquées. J'espère le voir ce soir, et demain, général, je pourrai vous donner de plus amples détails.

Quant à vos chevaux, il vous sera impossible de les garder à l'armée. Le général en chef n'a que 3 rations de fourrage, les généraux de brigade deux, et les officiers d'état-major une : la ration de foin est réduite à cinq livres, la cavalerie est mise à pied, les chefs d'escadron et les colonels ne peuvent conserver qu'un cheval ; on embarque les selles et les manteaux. — Je n'ai pas encore eu le temps de faire le compte de la dépense de vos chevaux à Montreuil ; Barbot m'a dit qu'il ne lui restait que douze louis. Si vous voulez me désigner ceux que vous voulez garder, j'irai aussitôt les établir à Ostrohove et je renverrai les autres, car il est impossible que vous puissiez les nourrir au camp sans des frais énormes.

Demain, mon général, je vous manderai ce que m'aura dit le commandant Duhamel. J'irai reconnaître votre quartier général à Ostrohove, et j'attendrai vos ordres à Montreuil pour m'y établir.

Agréez, mon général, l'assurance de mon respect et de mon dévouement (1).

Signé : Maurice Du Pin.

Le lendemain, le jeune lieutenant envoie au général Dupont un croquis de la position d'Ostrohove, avec les lignes qui suivent :

A Ostrohove, le 3o frimaire.

Mon général,

Voici le croquis de votre position fait sans règle ni compas, à vue de pays. Vous avez un camp à la romaine qui serait très agréable si le terrain n'était pas marécageux et impossible à

(1) Archives Dupont.

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Lettre de Maurice Du Pin, aide de camp du général Dupont

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dessécher. Les lignes tracées sont l'alignement des baraques, et les quatre angles vuides sont les marchés du camp. Je m'occupe dans ce moment de vous louer quelques meubles pour rendre le petit château d'Oslrohovc logeable. Nous serons ici fort mal à l'aise ; c'est absolument un quartier général de guerre. Je fais faire des râteliers par les ouvriers du génie, car les écuries n'en ont point ici. J'attends avec bien de l'impatience que vous me donniez vos ordres sur les chevaux que vous voulez garder. Je les établirai aussitôt ici ; j'y ferai conduire votre caisson et je renverrai ensuite les cjuatre clievaux de voiture, car il est de toute impossibilité de les nourrir ici. Toutes les personnes qui vous connaissent me témoignent leur impatience de vous voir arriver.

Recevez, mon général, l'assurance de la mienne, ainsi que l'hommage de mon respectueux attachement (i).

Signé : Maurice Du Pin.

En même temps, il donne à sa mère (2) des détails sur la nouvelle installation :

Du camp d'Ostrohove, 3o frimaire an XII (20 décembre i8o3).

Me voilà encore une fois t'écrivant dans une ferme ou espèce de fief que j'ai érigé en quartier général, et y attendant de pied ferme le général Dnpont. Ostrohovc est un village charmant, situé sur une hauteur qui domine Boulogne et la mer. Notre camp est disposé à la romaine. C'est un carré parfait. J'en ai fait le croquis ce matin ainsi que celui de la position des autres divisions qui bordent la mer et j'ai envoyé le tout dans une lettre au seigneur Dupont. Nous sommes dans la bouc jusqu'aux oreilles... Courir toute la journée pour placer les troupes qui arrivent et dont les baraques ne sont pas encore faites, se crotter, se mouiller, descendre et remonter la cote cent fois par jour, voilà le métier que nous faisons...

Tu ne peux pas te faire une idée de la pénurie qui règne ici...

...Nous allons passer notre hiver sur la paille, cl, en vérité, je ne m'en plains pas, quand je vois au camp nos malheureux soldats dans des baraques détestables, construites sur un terrain tellement marécageux qu'elles s'affaissent parleur propre poids et rentrent dans la terre. Ils sont couchés littéralement dans la boue...

(1) Archives Dupont.

(2) Le général Dupont avait une réelle affection pour son jeune aide de camp, qui, par son esprit, ses manières et son éclatante bravoure, se montrait digne de son illustre aïeul, le maréchal de Saxe. La mère de cet officier, touchée des bontés du général pour son fils, lui écrivit cette lettre remarquable :

n Nôhan, 27 nivôse.

« Vous avez tant de bontés pour mon fils, général, qu'il faut bien que sa bonne mère soit souvent près de vous pour vous remercier, ou pour vous importuner. Je veux commencer par vous rendre grâce de I intérêt et des recommandations que vous avez bien voulu employer pour son avancement; Maurice est tout étonné, avec un tel appui, de n'avoir pas réussi, mais il espère, et moi aussi j'espère que vous ne me refuserez pas ma demande ; c'est de consentir que je fasse remettre tous les mois à votre correspondant à Paris une somme de 000 francs, et que vous vouliez bien les faire recevoir à mon fils, sans attente et sans frais : il m'est inutile, général, de vous parler de mon exactitude ; j'ai même prévenu voire consentement en écrivant à Paris pour que l'on portât chez M. Ferrere cette somme. Si vous nie désapprouvez, je vous prie de m'en informer.

« L'éloignement où je suis de Paris, la difficulté de trouver du papier, l'incertitude de son séjour, l'expérience que j'ai acquise d'argent en\oyé et perdu, me rendront ce service bien précieux.

« Grâce pour mon indiscrétion, général. J'accrois sans pudeur la somme de mes obligations envers vous, mais je suis si reconnaissante que je sens que je m'acquitte en partie de ma flotte.

« Recevez l'assurance de tous les autres sentiments que je vous ai voués, et avec lesquels je finirai ma vie.

« J'ai l'honneur d'être, général, votre très humble et très obéissante servante.

Signé : Du Pin née Dr Saxe. »

(Archives Dupont.}

2o6 LL GÉNÉRAL DUPOST

Le général Dupont, ramené au commandement d'une simple division, pour avoir gagné une grande bataille sur laquelle on voulait faire le silence, avait accepté, sans la moindre plainte, sa situation si injustement diminuée, et jamais il ne montra l'ombre de jalousie envers des collègues plus jeunes, moins renommés et plus favorisés. Ne pouvant plus avoir sous ses ordres le général Gobert, sur le point d'être promu divisionnaire, il avait espéré que son ami aurait un commandement au camp de Boulogne. De Paris, Gobert lui donnait des nouvelles de leur ami Macdonald et des fêtes des Tuileries :

Paris, le 5 nivôse an XII.

Je ne t'ai point écrit, mon cher ami, parce que je n'avais rien de nouveau à t'apprendre, j'ai reçu quelquefois de tes nouvelles par des habitants de Boulogne. Tu habites un village presque impénétrable par les mauvais chemins qui l'entourent, et peut-être aussi barbare que son nom. Bcrlhois, qui voulait te voir pour me donner positivement de tes nouvelles, n'a pas pu parvenir jusqu'à loi et il a rebroussé chemin (il était à pied). Est-ce que tu ne t' ennuyés fias dans cette retraite ?

Je n'ai point encore de destination, dont j'enrage. Je n'ai encore que des promesses. Pour me désennuyer, j'ai acheté une maison, dans laquelle j'ai mis toutes sortes d'ouvriers. Je suis plus occupé qu'un entrepreneur de bâtiments, avec aussi peu d'envie de me laisser tromper. Si tu n'étais pas si grand seigneur, je t'offrirais un logement rue Cassette, où je suis désonnais cloué.

Nous avons ici tous les jours des bals et quelques fêtes. Dimanche, l'assemblée était superbe chez le Premier Consul, deux fois plus nombreuse qu'à l'ordinaire. Nous y avons vu les virtuoses de l'Opéra.

Toute ma petite famille se porte bien. Nous sortons souvent, ce qui ne m'amuse pas le plus, car j'aime un peu la retraite, mais je crois utile de me montrer pour qu'on songe à moi si l'on en a envie (i).

Je t'embrasse et je t'aime.

Signe: Gobebt.

Je parle souvent de toi avec Macdonald qui t'aime beaucoup. Bien des choses à Morin et Dcconchy.

Le 26 pluviôse an XII, le général Gobert, promu divisionnaire, reçut l'ordre de se rendre à Périgueux. 11 en informa le général Dupont par la lettre suivante :

Je croyais me tourner vers Boulogne, mon cher Dupont, et j'en avais une espèce de promesse du ministre de la guerre. Je reçois l'ordre aujourd'hui départir précipitamment pour Périgueux. J'obéis demain, mais j'espère qu'on ne me laissera pas dans une division quand il y a de la gloire à acquérir, et je compte bien faire l'expédition dans le même bateau que toi. Je suis bien aise cependant d'avoir une division, ne dussé-je qu'y toucher barre pour me la conserver. J'aurais mieux aimé un pays qui m'eût approché des Ardennes.

Je m'empresse de te donner cette nouvelle. Il y en a quelqu'autre à Paris que tu sauras par d'autres cjue moi, parce qu'à peine j'y crois. Tous les officiers de la garde des Consuls ont été ce matin le féliciter d'avoir échappé à la conspiration. Je suis si bien au courant des nouvelles que je ne savais même pas cette nouvelle ce matin. On dit Moreau arrêté, Pichcgru et Georges à

(1) Archives Dupont.

Paris où on va les chercher; quelle association ! Qui eùl dit que le vainqueur de Hohenlinden eût eu pour acolyte un misérable comme Georges. L'histoire de France depuis 12 ans est une histoire d'invraisemblance.

Adieu, je t'aime bien et t'embrasse (1).

Signé : Gobert.

Le général Soult, « Général de la Garde du Gouvernement, Commandant en chef le camp de Saint Orner », fit connaître au général Dupont, par lettre du 28 pluviôse (16 février i8o4), le complot ourdi, de Londres, contre le Premier Consul, et l'arrestation du général Moreau. La lettre du général Soult ne devait être l'objet d'aucune publicité, son but étant uniquement de servir à calmer les inquiétudes de la troupe. « La communication confidentielle que je vous donne, disait le général en chef, doit en outre vous porter à voir fréquemment vos troupes, à les occuper sans cesse de leur état, à resserrer les liens de la discipline, assurer l'exécution des différents ordres qui ont été donnés, pour empêcher qu'aucune communication de bourgeois ou personnes suspectes puisse avoir lieu dans les camps ou sur la ligne des postes ; et enfin vous mettre à même de détruire les bruits alarmants que la malveillance pourrait semer. »

Le général Neyprit possession du commandement du camp de Montreuil, le 18 ventôse an XII (9 mars i8o4). Le Premier Consul lui écrivit dès le lendemain de son arrivée, pour lui recommander d'établir, de concert avec le général Soult, la démarcation entre les deux camps de Montreuil et de Boulogne. « Faites exercer à la nage, sur des péniches et même sur des bateaux canonniers, votre division, ordonne le Premier Consul. Votre division de trente-six bateaux canonniers sera bientôt complète. Vous avez dans la baie un bel espace. Faites-moi connaître combien un bateau canonnier et une péniche peuvent parcourir d'espace dans une demi-heure, à la rame, sans voile et au moment du flot.

« Je n'ai pas besoin de vous dire de faire manœuvrer beaucoup vos troupes. La dernière fois que je les ai vues, il m'a paru qu'elles en avaient besoin. J'avais fait des instructions pour former des carrés dans toute espèce de direction.

« J'avais ordonné une route d'Étaples à Boulogne par Neufchàtel ; faites-moi connaître si elle est finie, afin que l'armée puisse, par cette route, se porter rapidement sur Boulogne...

« La police a saisi hier Georges. Ce brigand était dans un cabriolet. 11 a tué un inspecteur de police et a grièvement blessé l'autre. Le peuple s'est porté en foule et l'a arrêté lorsqu'il s'échappait. . . »

D'Ostrohove, le 25 ventôse an XII (16 mars i8o4), Maurice Dupin écrivait à sa mère :

« ... >ious avons eu ici ces jours derniers une brillante fête donnée par tous les généraux du camp de Saint-Omer à M'110 Soult et au général en chef son époux ; c'était le général Bertrand, comme chef du génie, qui était le décorateur. Le général

(1) Archives Dupont.

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Bisson, fjui boit quinze bouteilles de \in sans se griser, et qui a six pieds de haut sur neuf de circonférence, était chargé des buffets et dn souper (ce qui ne L'empêche pas d'être un fier soldai; il était au Mincio... » (i).

Pendant son séjour à Charleville, le général Duponl avait rapidement conquis les sympathies de toute la population, par sa modestie et son affabilité. La lettre suivante lui apporta un témoignage irrécusable des sentiments qu'il avait inspirés :

Le Président de l'Assemblée du Canton de Charleville,

au général Dupont.

A Charleville, le i3 germinal an XII.

Citoyen Général,

Je suis infiniment flatté d'être l'organe de l'assemblée que j'ai l'honneur de présider, pour vous annoncer qu'elle vous a nommé hier électeur du département des Ardennes, afin de vous donner une preuve éclatante de la considération et de la reconnaissance que vous conservent les habitants de Charleville. Comme le domicile était une condition de rigueur, il avait été mis un moment en question si vous en étiez susceptible ; mais on le désirait généralement et je n'ai point eu de peine à faire adopter les motifs qui militaient en votre faveur, et l'affirmative ayant été prononcée à l'unanimité par le bureau, elle a été approuvée à la même unanimité par toute l'assemblée. M. Morin, qui était du bureau et a témoigné un zèle pour vous qui ne vous étonnera sûrement pas, a été mis ainsi que moi du nombre des électeurs ; je lui laisse le soin de vous informer des autres détails.

Je vois avec plaisir, monsieur, que j'aurai des fonctions communes avec vous à remplir, cl je saisis avec empressement cette occasion de vous remercier des bontés que vous avez témoignées à mon fils cadet, capitaine du génie. Je désire que lui et mes deux autres enfants, l'un sous-directeur du génie et l'autre sous-lieutenant au 18e régiment de dragons, ayent l'avantage de servir sous vos ordres (2).

J'ai l'honneur d'être avec respect, Monsieur,

"Votre très humble et très obéissant serviteur. Signe : Bodson Noirefontaine.

Ancien Lieutenant de roy de Mézières.

Au général Dupont,

au camp de Montrcuil.

Armée d'Angleterre.

Lorsque le général Ney vint prendre possession du commandement du camp de Montreuil, le 3 mars i8o4, ses troupes occupaient les emplacements suivants : la irc Division, général Duponl, était à Ostrohove ; la 2% général Loison, était établie à Etaples ; et la 3e, général Partouneaux, stationnait à Fromessen. « Toutes trois obéissaient à des hommes dont la fortune militaire était liée à celle du Premier Consul. Dupont, qui conduisait la

(1) Histoire de ma vie, par George Sand.

première, n'avait pas été sans influence sur la destinée de ce guerrier célèbre. Il avait contribue à lui ouvrir la carrière, cl, devenu bientôt après cbef du cabinet topographique, il i'avait secondé de toute sou influence, comme il avait été appuyé de tout son crédit (i). »

L'ordre du jour suivant montre quels étaient les sentiments du général Dupont poulie général Ney et pour le Premier Consul :

Ordre du jour du 12 ventôse an XII Soldais !

Le général en chef Ncy est arrivé pour prendre le commandement de cette armée. Bientôt il parcourra vos rangs et sera témoin de votre ardeur, de votre tenue et de votre discipline.

Il a appris avec satisfaction, mais sans étonnement, l'indignation que vous venez de témoigner contre les brigands et les traîtres qui voulaient perdre la patrie en assassinant, son chef, votre ami, celui qui veille sur tous vos besoins, celui qui tant de fois vous a menés à la victoire, Bonaparte, entin.

Soldats! c'est sur vos bayonnettes, ces armes plus nobles que les poignards anglais, que vous avez juré de porter sur le rivage ennemi vos justes ressentiments et une terrible vengeance.

Le signal du départ sera bientôt donné et le général Ney, à votre tête, guidera votre valeur avec ce courage qui le distingue au champ d'honneur et ce sang-froid qui lui a assuré tant de fois la victoire; ses blessures honorables vous en donnent l'assurance.

Vive la République! Vive à jamais Bonaparte (2) !

Le général Ney s'adressa à ses troupes en ces termes :

Ordre du jour du i3 ventôse Soldats !

Le Premier Consul a reçu l'expression de votre amour, de votre dévouement. Il sait avec quelle impatience vous attendez le signal des combats. Il sourit à l'ardeur qui vous anime.

Appelé par lui à l'honneur de vous commander, j'arrive au milieu de vous plein de confiance dans cette valeur brillante qui dédaigne tous les périls et distingue si éminemment les armées françaises. Vainqueurs d'Italie, d'Allemagne, d'Orient, vos victoires passées présagent vos nouveaux succès : jeunes conscrits, vous serez dignes delà famille des braves où vous venez d'entrer.

Que vos regards cessent de se porter avec inquiétude sur la personne du Premier Consul ; les dangers qui l'ont menacée n'existent plus. Les misérables qui avaient osé tenter de ravir à l'amour des Français le héros qui les gouverne, attendent dans les cachots le supplice et l'infamie. Bientôt une procédure publique dévoilera dans tous ses détails l'horreur de leurs complots.

L'Angleterre ne recueillera de ce nouveau forfait que la honte du crime et la rage de l'impuissance.

Soldats, vous saurez punir, par quelques instants de travaux, plusieurs siècles d'outrages, de violences, et la France, en remettant à ses enfants le soin delà venger, se livre aux plus brillantes espérances (3).

(1) Mémoires du maréchal Ney.

(2) Archives Dupont.

(3) Archives Dupont.

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Les premières préoccupations du général Ney furent pour les armes. Dans un ordre du jour du 16 ventôse, on lit ce qui suit :

Les généraux de division passeront de suite une inspection exacte de tontes les armes de chacun des corps de leur commandement ; ils feront dresser par bataillon et régiment, un état des fusils et bayonnettes dont ils auront besoin...

Les généraux de division et de brigade, en passant l'inspection des armes, observeront attentivement les batteries des fusils, qui doivent avoir du liant et de la force dans leur jeu ; ils recommanderont aux commandants de compagnie de tenir la main à ce que les pierres à feu soient en bon état et solidement fixées par une garniture de plomb laminé. Chaque soldat devra avoir au moins deux pierres de rechange dans sa giberne et être muni d'une épinglelte pour dégorger la lumière de son arme...

Les généraux divisionnaires exigeront que les généraux de brigade, adjudants commandants, officiers d'état-major et officiers des régiments se conforment exactement à la tenue de l'uniforme de leur grade respectif, déterminé par le ministre de la guerre. Tout officier qui se présentera autrement devant son supérieur sera puni des arrêts et plus sévèrement s'il récidive.

Toutes les fois que la troupe prendra les armes, le soldat aura le sac au dos. Tous ceux qui seront de service aux quartiers généraux, intérieurement ou extérieurement du camp, détachement, de planton ou de service quelconque, auront également le sac au dos. Cette disposition sera rigoureusement observée pendant la guerre (i).

Voulant se rapprocher d'Étaples, dont la baie offrait de grandes ressources, et établir une démarcation bien tranchée entre son camp et celui du général Soult, le général Ney changea la position de la division Dupont. Dans les premiers jours d'avril, la ire Division du camp de Montreuil quitta le plateau d'Ostrohove pour aller s'établir entre Boulogne et Étaples, aux villages de Camiers, Dannes, Widehem et Neufchàtel. Le quartier général fut installé au château du Fayel. « Nous sommes installés dans un castel qu'on décore pompeusement du titre de château, écrit Maurice Dupin ; c'est bien le séjour le plus triste qu'on puisse imaginer, à cinq lieues de Boulogne, quatre de Montreuil et une d'Étaples... Dupont s'ennuie cordialement... »

Lorsque les complots ourdis en Angleterre contre la personne du Premier Consul furent connus dans l'armée, ils produisirent comme une explosion de dévouement envers le héros national, et de nombreuses adresses lui furent envoyées, le suppliant de revêtir la pourpre impériale ; bientôt le pays tout entier s'associa à ces vœux. Dans ces circonstances, le général Dupont fit preuve des sentiments qui l'animaient ; il écrivit au général Ney la lettre suivante :

Je vous transmets, mon cher général, les adresses individuelles des généraux et colonels de la ire division, au Premier Consul; elles renferment toutes le même vœu que nous avons déjà émis à la tête des troupes pour que le héros de la France soit revêtu de la dignité impériale. Je vous prie de mettre ces adresses sous ses yeux, comme le gage le plus sacré du dévouement de la division dont il m'a confié le commandement.

J'ai l'honneur de vous saluer, Signé : Dupont.

Au Quartier Général du Fayel, le i!\ floréal an XII.

(i) Archives Dupont.

A ces sentiments, le général Dupont ne cessa d'être fidèle, jusqu'au jour où, pour récompense de son noble et généreux- dévouement, de ses glorieux services, il fut brutalement et injustement frappé et dépouillé, sans être même autorisé à défendre son honneur.

Le général Ney se fit l'interprète des vœux de ses trois divisions, en faisant parvenir au Premier Consul une adresse ainsi conçue :

Le Général en chef, les généraux, officiers et soldats

du Camp de Montreuil, au Premier Consul.

La monarchie française s'est écroulée sous le poids de quatorze siècles ; le bruit de sa chute a épouvanté le monde et ébranlé tous les trônes de l'Europe. Abandonnée à une subversion totale, la France a éprouvé en dix années de révolution tous les maux qui peuvent désoler les nations. Vous avez paru, général consul, rayonnant de gloire, étincelant de génie, et soudain les orages ont été dissipés.

La victoire vous a placé au timon du gouvernement ; la justice et la paix s'y sont assises avec vous.

Déjà s'affaiblissait le souvenir de nos misères, et les Français ne connaissaient plus d'autre sentiment que la reconnaissance, lorsqu'un événement affreux est venu leur montrer de nouveaux dangers.

Vainement défendus par l'amour de trente millions d'hommes, vos jours ont été menacés ; un seul coup de poignard faisait rétrograder les destinées d'un grand peuple et rallumait dans son sein toutes les fureurs de l'ambition et de l'anarchie.

Cette effrayante perspective a dissipé toutes les illusions et les esprits ont été partagés entre l'horreur du passé et la crainte de l'avenir. La France, avec toute sa gloire et toute sa puissance, pensant tout perdre en un jour, a été frappée de stupeur et d'épouvante. C'est le colosse aux pieds d'argile. Il est temps de mettre un terme à cet état d'anxiété; il est temps que des institutions fortes nous garantissent une prospérité durable. De tous les points de la France, le même cri se fait entendre. Ne soyez point sourd à ce cri de la volonté nationale.

Acceptez, général Consul, la couronne impériale que vous offrent trente millions d'hommes. Charlemagnc, le plus grand de nos anciens rois, l'obtint jadis des mains de la victoire : avec des titres plus glorieux encore, recevez-la de celles de la reconnaissance ; qu'elle soit transmise à vos descendants, et puissent vos vertus se perpétuer sur la terre avec votre nom.

Pour nous, général Consul, pleins d'amour pour la patrie et pour votre personne, nous consacrerons notre existence à la défense de l'une et de l'autre (i).

Du Fayel, le 12 prairial (ier juin), l'aide de camp Maurice Dupin écrivait à sa mère :

Nous sommes bien affairés ici. Nous avons eu la visite du ministre de la guerre qui nous a fait manœuvrer, tout le camp de Montreuil en ligne. Dupont, comme leplus ancien général de division, commandait la ligne... Puis, nous avons fait durant quatre jours des courses énormes, à l'effet de nous entendre sur la rédaction de l'adresse que nous sommes forcés de présenter au Premier Consul, à l'effet de le supplier d'accepter la Couronne impériale et le trône des Césars. Quelle solennelle folie ! Nous avons couru ensuite pour la faire signer aux différents corps. Cela ne fâche personne, mais fait sourire tout le monde; il était trop grand pour s'exposer à ces sourires !

( 1) Mémoires du maréchal Ney.

Dans la séance du Sénat du 28 floréal (18 niai 180/4), présidée par le consul Cambacérès, Napoléon lut solennellement proclamé Empereur. Les sénateurs se rendirent en corps à Saint-Cloud pour présenter le décret au Premier Consul et pour le saluer de son nouveau titre.

Le 19 mai, l'Empereur nomma quatorze maréchaux, pour exercer des commandements de troupes, et quatre maréchaux honoraires pour récompenser d'anciens services. Ces derniers lurent Kellermann (69 ans), Lefebvre (/19 ans), Perignon (5o ans), Serurier (62 ans).

Les quatorze maréchaux nommés (sur seize places créées) furent Berthier (5o ans) ; Mural (87 ans); Moncey (5o ans); Jourdan (42 ans); Masséna (48 ans) ; Augereau (47 ans); Bernadotte (4i ans); Soult (35 ans); Brune ('ii ans): Lannes (35 ans) ; Mortier (36 ans); Ney (35 ans); Davout (34 ans); Bcssières(36 ans). La moyenne d'âge des maréchaux en activité était de quarante ans.

Il y eut quatre colonels généraux : Gouvion Saint-Cyr, pour les cuirassiers ; Baraguayd'Hilliers, pour les dragons ; Marmont (1), pour les chasseurs à cheval; Junot, pour les hussards.

Le général Marescot fut nommé Inspecteur général du génie, et le général Songis, Inspecteur général de l'artillerie.

La désignation de ces grands dignitaires fit voir manifestement que, dans ses choix, Napoléon n'avait pas été guidé uniquement par le désir de récompenser la supériorité du talent et une illustration grandie sur les champs de bataille. Avant tout, il s'était préoccupé d'élever ses compagnons privilégiés, ses amis particuliers, dont certains, aveuglément dévoués à sa personne, n'en étaient pas moins d'une incontestable médiocrité ; et, comme le dit Marmont, la nomination de Bessières, simple colonel à Marengo, autorisait les prétentions de tout le monde.

« Le choix des quatorze maréchaux à prendre dans le cadre d'activité dut être des plus laborieux, dit le général Thoumas. Tant de généraux avaient mérité cette dignité par l'éclat de leurs services cl par la capacité dont ils avaient fait preuve ! Telle qu'elle fut signée par Napoléon, la liste des quatorze élus paraît de nature à soulever quelques critiques, surtout si l'on veut, par la pensée, s'isoler de la connaissance des faits ultérieurs et ne juger les concurrents que par les services rendus avant leur nomination.

« On connaît les motifs personnels et les considérations politiques qui, sans parler de Moreau, en ce moment même accusé de complot contre le gouvernement, tirent écarter Gouvion Saint-

(1) Marmont, qui n'avait pas encore trente ans, et ne se recommandait par aucune action de guerre remarquable, s'étonna de n'avoir pas été fait maréchal. « J'en éprouvai un véritable chagrin, dit-il dans ses

Mémoires je n'avais cependant jkis eu encore de commandement à la guerre qui me donnât des droits à cet

avancement ; et si le choix de Bessières autorisait les prétentions de tout le monde, la faveur dont il était

l'objet pouvait être expliquée par son emploi dans la garde l'Empereur me dit : « Si Bessières n'avait pas

été nommé en cette circonstance, il n'en aurait jamais eu l'occasion ; vous n'en êtes pas là, et vous serez bien plus grand quand votre élévation sera le prix de vos actions. » — Et pendant que se distribuaient toutes ces faveurs, Dupont, alors âgé de 39 ans, qui avait exercé avec le plus grand talent à l'armée de Marengo les fonctions qui suffirent, par la suite, à illustrer Berthier ; Dupont, qui avait glorieusement commandé trois divisions devant l'ennemi et remporté une grande victoire avec i5 mille soldats sur une armée supérieure de 20 mille hommes à celle de Mêlas à Marengo, était remis simple général de division et ne faisait pas entendre un mot de plainte !! Et le ministre de la guerre lui écrivait officiellement, en i8o3, que ses éclatants services de guerre lui avaient acquis des droits à la reconnaissance publique !!

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Cvr, Lecourbe, Macdonald, Hovnicr et plusieurs autres qu'à bon droit on pourrait s'étonner de ne pas trouver sur la liste. D'autres, tels que Suchet, Dupont, Victor, Grenier, avaient, autant et plus que certains d'entre les élus, exercé avec distinction de grands commandements ; enfin, parmi ceux qui devaient leur nomination à la faveur du maître, on pourrait se demander pourquoi celui-ci plutôt que celui-là ?... Mais quels que fussent le nombre et la valeur personnelle (les mécontents, nul ne s'étonna de voir figurer le général Lannes parmi les maréchaux de l'Empire. Tous, au contraire, eussent été bien surpris de n'y pas voir le commandant de l'avantgarde de l'armée de réserve, le vainqueur de Montebello (i) ».

Il est vrai, mais comment ne pas faire observer que le poste de chef d'état-major général et d'organisateur de l'armée de réserve était au moins équivalent à celui de commandant de l'avant-gardc, et que la victoire de Pozzolo était une action de guerre autrement importante que la bataille de Montebello, où l'effectif des Autrichiens ne dépassait pas 18000 hommes.

A la date du q messidor an \IT (28 juin 180^1), la irc division du camp de Montreuil se composait des corps suivants :

9e Rég' d'infanterie légère 1722 h", off''s compris Au camp.

18e de ligne » — A Paris.

32e de ligne 32 1 — A AVidehem.

96e de ligne 612 — A Camiers et Dannes.

10'' Rég1 de chasseurs à cheval, 2e Comp1''. 5o — A Neufchâtel.

2e Rég' d'art'1' légère, iri' Comp'e 43 — ■ A la batterie de Dannes.

ô" Bat"" du train, !\'' Comp''" .... 21 — id.

Total. . . 2 -69 hommes et 1 33 chevaux.

Nommé membre de la Légion d'honneur le 11 décembre i8o3, le général Dupont fut fait grand officier le i/j juin 180/4 (26 prairial an XII).

L'Empereur distribua les grandes décorations de la Légion d'honneur dans l'église des Invalides, le 1 !\ juillet 180/4. Il décida de remettre lui-même à son armée, dans une fête solennelle, les croix qui devaient remplacer les armes d'honneur supprimées, et fixa cette cérémonie au jour anniversaire de sa naissance. L'emplacement choisi fut une sorte d'amphithéàtre naturel demi-circulaire, existant au Nord de Boulogne, en avant du camp de droite, à quelques centaines de mètres seulement de la baraque du Premier Consul, et face à l'océan, où croisaient les escadres anglaises. Au centre de l'amphithéâtre, on drossa pour l'Empereur un trône faisant face à la terre, c'est-à-dire aux troupes, rangées en demicercle, à cent cinquante mètres du trône. A la gauche devaient se trouver les quatre divisions du camp de Saint-Omer, rangées par brigades sur autant de rayons, et ayant derrière elles, en face des intervalles, la cavalerie. Viendraient ensuite, dans le même ordre, les trois divisions du camp de Montreuil, prolongées jusqu'à l'extrême droite par l'artillerie, le génie et la marine. Les légionnaires, officiers et soldats, sortis des rangs, se

(1) Le maréchal Lannes, par le gônéral Thoumas.

■\f\ LE GÉNÉRAL DOTOHT

placeraient sur une seule ligne également demi-circulaire, à mi-distance des troupes et du trône impérial. La garde de l'Empereur devait se former en trois groupes, à droite, à gauche et en arrière du trône ; elle aurait, à sa gauche, les musiques des régiments, et, à sa droite, les tambours.

Tous les détails de la cérémonie furent réglés dans le programme suivant, arrêté par le maréchal Soult ( i ) :

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