‹ Le général Dupont (volume 2)Chapitre 39 sur 97 · OO · texte numérisé non relu

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Depuis Danncs, jusqu'à la Somme. *

L'adjudant commandant bous -chef, Signé : Maxlerot.

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Le maréchal Ney ayant dû se rendre à Paris pour les fêtes du Couronnement, le général Dupont fut chargé du commandement du camp de Monlreuil, à partir du a5 brumaire; mais le maréchal obtint pour lui une lettre de convocation au Couronnement, et ce fut le général Malher qui commanda le camp pendant l'absence du général en chef (1).

Le 26 décembre i8o4, le général Dupont épousa Jcanne-J'iMphine-Gràce Bergon, (ille unique de M. Bergon, un des cinq administrateurs des forêts créés par arrêté du 3 pluviôse an IX, qui fut fait comte et devint Conseiller d'Etat, Directeur général des forêts, en 1806. Grâce Bergon était une créature d'élite que la nature avait comblée de ses dons, en lui donnant les charmes extérieurs et les qualités du cœur et de l'esprit: poète de talent, elle était aussi un des meilleurs élèves de David, et elle a laissé des portraits qui figureraient avantageusement dans nos musées. Elle fut pour le général Dupont une compagne admirable, dont la chaude affection et le louchant dévouement furent de tous les instants et s'exaltèrent encore dans le malheur. Ses enfants conservent religieusement les lettres que le général lui écrivit, presque journellement, au cours de ses glorieuses campagnes, et nous y avons puisé les plus intéressants détails sur ces grands événements qui s'appellent Haslach, Diernslein, Halle et Friedland.

A cette époque du 25 brumaire an XIII (16 novembre i8o4), le camp de Montreuil avait la composition suivante : (Voir page 220).

La réunion des camps échelonnés sur les côtes faisant face à l'Angleterre, formait l'armée des Côtes de l'Océan. L'Empereur en arrêta la composition, qui fut communiquée par le maréchal Ney au général Dupont, ainsi qu'il suit :

Au Quartier Général à Recqucs, le 2^ prairial an XIII.

Ney, Maréchal de l'Empire, Commandant en chef le camp de Montreuil-sur-Mer, Au Général de Division Dupont, Comm1 la irc Division.

Je vous préviens, mon cher général, que d'après les nouvelles dispositions arrêtées par Sa Majesté l'Empereur et Roi, l'armée des Côtes de l'Océan sera définitivement composée ainsi qu'il suit :

i° D'une avant-garde sous les ordres de M. le maréchal Lannes et qui se formera

De la division des Grenadiers de la Réserve,

D'une division qui sera ultérieurement désignée.

Et des troupes qui sont en marche pour se réunir à Lille.

20 Du corps de droite formant maintenant le camp de Bruges, aux ordres de M. le maréchal Davout.

(1) Le maréchal Ney a\ait demandé au ministre de la guerre, par lettre du a3 brumaire, cjue le général Dupont fût invité à assister au couronnement : « Ses talents, dit le maréchal, ses services et surtout son dévouement à la personne de l'Empereur, lui donnent les plus grands droits à être témoin de cette auguste cérémonie. » Le ministre répondit, le 28 brumaire, par un relus : « je vous observe, dit-il, que c'est d'après l'ordre de Sa Majesté que le général Dupont doit rester à Montreuil... Je ne puis rien changer à un ordre émané de l'Empereur. » Le 6 frimaire, le maréchal Ney écrit que, grâce aux instantes démarches de S. E. le secrétaire d'Etat, il a enfin obtenu la lettre de convocation : « vous la recevrez avec moins de plaisir, dit-il au général Dupont, que je n'en ai à vous l'adresser, n Le brave des braves était un noble cœur.

3° Du corps du centre tonnant actuellement le camp de S'-Oincr, aux ordres de M. le maréchal Soult.

4° Du corps de gauche formant maintenant le camp de Montreuil, aux ordres de M. le maréchal Ney.

5° Du corps détaché formant maintenant le camp d'Lfrcclit.

6° Du corps détaché formant actuellement le camp de Brest et qui prendra la dénomination de Corps d'Irlande.

7" D'une Réserve générale sous les ordres de S. A. I. le prince Louis, Connétable de l'Empire. Cette réserve se formera de la division de cavalerie légère aux ordres du général Bonrcier ; d'une Division de grosse cavalerie composée de 6 Régimcns sous les ordres du général Nansouty ; de la Division Italienne aux ordres du général Theuillé ; de la i" Division de Dragons aux ordres du général Klein ; et de la 2e Division de Dragons aux ordres du général Baraguay-d'IIilliers, Colonel Général.

8" Enfui du corps d'élite de la Garde sous les ordres immédiats de Sa Majesté (r).

J'ai l'honneur de vous saluer.

Signé : I\ev.

Les troupes étaient soumises à de fréquents exercices. Au mois d'août i8o5, la division Dupont manœuvrait avec 6 bataillons, les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, depuis six heures du matin jusqu'à dix heures. Les pelotons de grenadiers et de voltigeurs étaient de douze files.

Toutes les prescriptions relatives à la tenue et à l'instruction de la troupe sont résumées dans la lettre suivante :

Au Quartier Général de Montreuil, le 29 messidor an XIII (18 juillet i8o5).

Le Général Chef de l'État-Major Général, A Monsieur le Général Dupont, Comra1 la 1" Division.

Le Maréchal Commandant en chef, Monsieur le Général, ayant remarqué pendant la revue de S. E. le Ministre de la guerre, les 26 et 27 du mois, le peu d'uniformité qui règne dans les divisions de l'armée relativement à la tenue de la troupe et les objets de détail y relatifs : Ordonne les dispositions suivantes :

Art. Ier. Lorsque les Compagnies borderont la haie pour passer la revue de l'effectif, les hommes seront placés par rang d'ancienneté et Messieurs les ofliciers à la droite : aussitôt que le Général de Division ou le Maréchal commandant en chef s'y présenteront, les officiers salueront ensemble de l'épée et la reporteront vivement à l'épaule. Le capitaine présentera le Contrôle de la main gauche ; si l'appel doit se faire, les officiers, sous-officiers et soldats nommés, s'ils sont présents sous les armes, répondront à haute voix : Présent. Le capitaine répondra pour les absents et fera connaître les motifs de leur absence. Après l'appel des officiers, le sous-lieutenant se portera à la gauche de sa compagnie en passant derrière le front et aura l'œil à ce que personne ne quilte son rang. Le capitaine et le sergent-major derrière le front de la compagnie et à la hauteur de la personne cpii passe la revue, afin de répondre à toutes les cpiestions qui pourraient leur être faites.

Le Colonel accompagné du Chirurgien-Major suivra sur le front de la compagnie. Le chef de bataillon, l'adjudant-major et l'adjudant sous-officier suivront également le Général sur le front des compagnies de leur Bataillon respectif.

(1) Archives Dupont.

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Art. 2. La Récapitulation du Contrôle devra faire la distinction et porter le nombre d'ofliciers, sous-olliciers, tambours, fifres, et enfin de grenadiers, carabiniers, voltigeurs, fusiliers ou chasseurs.

Art. 3. Lorsque les musiciens, tambours, cors des voltigeurs, fifres et sapeurs seront sons les armes, ils passeront le mousqueton au dos et mettront la baïonnette au canon : i » le Musicien tiendra son instrument à la main; a" le tambour aura sa caisse prête à battre; 3° les Voltigeurs porteront leurs cors sous le bras gauche; 4" les fifres se porteront à la main droite; 5° les Sapeurs porteront la bâche à l'épaule droite, le tranchant en axant.

Art. 4- Tous les sous-officiers et soldats présents à la revue ne pourront, sous quelque prétexte que ce soit ni considération de légère indisposition, se dispenser d'avoir avec eux, outre le fusil avec sa bretelle, le reste de leur armement complet et toutes les parties de l'habillement, équipement et eflcts de linge et, chaussure dont ils doivent être munis pour entrer en campagne. Art. 5. Il ne devra jamais y avoir plus d'un musicien par compagnie, non plus qu'un sapeur; ces derniers devront être pourvus de haches bien trempées et en bon état de service.

Art. 6. Les aides-chirurgiens qui comptent clans les compagnies doivent être armés et avoir le sac au dos ainsi que les autres soldats.

Art. 7. Si la revue comprenait en même temps l'inspection et la visite de l'armement, équipement, habillement et effets de linge et chaussure, et que le Général ait manifesté le clé-sir de voir les sacs, le capitaine de la compagnie se porterait sur le centre et en avant du front, et ferait exécuter la disposition ordonnée, par les commandements suivants : Garde à vous ; peloton face en arrière ; demi-tour à droite ; reposez-vous sur les armes ; vos armes à terre : demi-tour à droite ; vos sacs à terre; — et il ajoutera ensuite à haute voix : « Placez vos eflcts d'après le règlement et vos livrets à la main. »

Ai\t. 8. Les effets de linge et chaussure pendant l'inspection seront placés devant les hommes de la manière suivante : i° le sac de toile : 20 la deuxième paire de souliers tournés la semelle en haut ; 3° les guêtres grises, noires ou blanches ; 4" les bas de fil et de laine : 5° les chemises et sur les deux côtés les mouchoirs de poche et les cols noirs et blancs ; 6" le sac à peau aux pieds de l'homme, et ^essus [seront rangés les boucles, le tournevis, le tire-balles, deux pierres de rechange enveloppées de leur plomb laminé et dentelé, le sac à poudre, les brosses, le miroir, etc., etc.

Art. 9. Les livrets des soldats devront contenir le signalement de l'homme, son entrée au service, le décompte enregistré et arrêté trimestre par trimestre, chaque arrête de compte étant signé du capitaine comme répondant, et du soldat comme ayant quittance. Toutes les parties de l'habillement, équipement, effets de linge et chaussure et armement devront être inscrites sur ce même livret mois par mois ; il ne devra jamais être rien porté sur ce livret à moins que l'homme ne l'ait réellement reçu.

Art. 10. Les épinglettes seront attachées à la 3'' boutonnière du revers de l'habit et passant au-dessus de la buffletcrie durant l'inspection.

Art. 1 1 . Les bidons seront suspendus par une courroye en basane de 8 lignes de largeur, passant de l'épaule gauche au côté droit et placée en dessous de la bufficterie.

Art. 12. Chaque homme devra avoir une petite fiole soit de verre, soit de fer-blanc, placée dans sa giberne et renfermant de l'huile pour donner du jeu à la batterie de son fusil, plus un tire-balle et deux pierres de rechange placés dans la pochette sur le coffret de sa giberne.

Art. i3. L'armement, l'habillement, l'équipement et les effets de linge et chaussure de tous les hommes devront porter la lettre initiale de la compagnie et le n° de l'homme.

Art. i4- Tout officier, sous-officier et soldat qui aurait une réclamation à faire au général qui passerait la revue, si c'est un officier saluera de l'épée et en tiendra la pointe à terre lorsqu'il présentera la réclamation par écrit ou s'expliquera verbalement sur l'objet de sa demande ; si c'est un sous-officier ou soldat, il doit présenter les armes et donner sa pétition de la main droite en s'expliquant verbalement sur l'objet de sa demande ; si c'est un tambour il doit donner un coup de baguette.

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Art. l5. Toutes les fois qu'une revue extraordinaire esl ordonnée, l'inspection devra commencer : i° par le sergent-major; ■>." par le capitaine : 3° par le chef de bataillon pour son bataillon : 4° par le colonel pour chaque réginient : 5° par le général de brigade cl enfin par le général de division.

Art. iti. Les généraux de division pour s'assurer si le tiers des paires de souliers prescrit par l'Empereur existe réellement, dans les magasins du régiment, en feront faire la vérification et constater la \érité par qui de droit, tandis qu'ils tiendront le régiment sous les armes.

Veuillez, Monsieur le Général, donner connaissance des dispositions ci-dessus à chacun des Généraux et Colonels employés sous vos ordres, cl leur recommander de les exécuter ou l'aire exécuter chacun en ce qui le concerne.

J'ai l'honneur. Monsieur le Général, de vous saluer.

Pour le Général Chef de l'Élal-Major Général,

L'Adjudant commandant Sous-chef, Signé : Mallerot.

Le maréchal Ney assistait fréquemment aux manœuvres de ses divisions. De Recques, le 'i\ thermidor an XII (12 août 180/1), il écrivait au général Dupont ce qui suit :

Je vous préviens, mon cher général, que je me rendrai demain mardi à 3 heures précises du matin, au camp de Camicrs, pour faire manœuvrer votre division. La troupe devra être en petite tenue, l'infanterie de ligne en veste et culotte blanches et guêtres noires ; l'infanterie légère en sa tenue ordinaire. Les trois régiments seront formés sur deux lignes, à distance de bataillon plus une division : les bataillons impairs seront à la première ligne et les bataillons pairs à la 2e. La 90 légère tiendra la droite, le 32e de ligne ensuite, et le 96e la gauche. Le général Rouyer commandera la ir'' ligne, et le général Marchand la 2''.

La ligne de bataille sera prise soit à la gauche du campement du 96" de ligne, ou au revers de la côte dans la plaine à la droite de Camiers ; mais elle ne sera établie dans cette dernière que si cela se peut sans nuire aux grains.

Le soldat devra avoir mangé la soupe.

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(1) Archives Dupont.

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